Eau et électricité à Kinshasa : Muzito exige des services de qualité

Le Premier ministre, Adolphe Muzito, a exprimé hier mercredi 25 mai 2011 aux mandataires de la Snel et de la Régideso la vive préoccupation du gouvernement face aux coupures intempestives et répétées d’électricité et d’eau dans la ville de Kinshasa. C’était en présence de Simon Bulupiy, Vice-premier ministre et ministre en charge des Postes, Téléphones et Télécommunications, Jean-Baptiste Ntawha, ministre du Budget et Gilbert Tshiongo, ministre de l’Energie. La réunion spéciale qu’il a convoquée à cet effet à la Primature avait pour menu principal l’évaluation de la desserte de la capitale en ces deux produits stratégiques.

On apprend que lors de cette concertation à cinq, les échanges ont essentiellement gravité autour des difficultés de production, de transport et de distribution de l’eau et de l’électricité à travers la ville de Kinshasa, une mégapole de plus de 10 millions d’habitants et aux activités multisectorielles, dont les besoins crèvent littéralement le plafond de toutes les prévisions de la Snel et de la Régideso.

Snel : 400 mégawatts fournis contre 900 demandés

Daniel Yengo Massampu, Administrateur Directeur Général de la Snel, a fait savoir au Premier ministre et aux deux ministres qui l’entouraient que sa société était en mesure de produire jusqu’à 900 mégawatts et de couvrir ainsi les besoins de la ville de Kinshasa, à l’exception des communes périphériques telles que Masina, Kimbanseke, Nsele et de N’Djili. Mais, au stade actuel, elle ne peut disponibiliser que 400 mégawatts, en raison des facteurs liés à la maintenance de l’outil de travail, notamment des turbines et machines.
Il a évoqué aussi l’existence d’un circuit de transport inadapté à la configuration géographique actuelle de la ville de Kinshasa et aux attentes des consommateurs du courant électrique. Le numéro un de la Société Nationale d’Electricité a rappelé aussi la sempiternelle question des surcharges.

A ce propos, Daniel Yengo a transmis au chef du gouvernement un document intitulé « Plan d’Urgence », dans lequel il est préconisé des solutions à court, moyen et long terme dans le cadre de la politique de réhabilitation et de l’amélioration de la desserte en énergie électrique non seulement à Kinshasa mais aussi sur l’ensemble du territoire national.
S’agissant de la distribution, ce mandataire public a fait état de fortes perturbations provoquées généralement par les avaries des transformateurs ou des câbles du réseau urbain.

Régideso : mêmes doléances

Intervenant à la suite de son collègue de la Snel, l’Administrateur Directeur Général de la Régideso, Mukalayi, a présenté un tableau presque similaire des problèmes. Présentement, la couverture de la ville de Kinshasa en eau potable ne se situe qu’autour de 60%, à cause des difficultés de production, de transport et de distribution. Le stock des intrants pour le traitement de l’eau est souvent déficitaire tandis que la tuyauterie existante a atteint la limite d’âge dans la plupart des quartiers de la capitale.

L’Adg de la Régideso a souligné aussi un handicap important dont souffre sa société. Il s’agit de son incapacité de répondre aux réclamations des abonnés dès qu’il y a coupure d’électricité au niveau des usines de production et des installations de distribution.

Le fleuve Congo en cause

L’on a appris aussi que la baisse du niveau des eaux du fleuve Congo pour la Snel et des rivières où se fait le captable de l’eau à Kinshasa pour la Régideso perturbe sérieusement la fourniture de l’énergie électrique et de l’eau potable. En cette période de saison sèche, tout est à craindre du phénomène d’étiage.

La politique des résultats

Selon le ministre de l’Energie, Gilbert Tshiongo, il n’y a pas lieu de s’affoler car des études récentes réalisées par la Snel et la Regideso prévoient des actions urgentes de réhabilitation et de construction des outils de production de l’eau et de l’électricité. C’est déjà le cas pour la Snel à Bandal/Synkin. Quant à la Regideso, elle s’affaire autour d’un plan de construction des stations de pompage d’eau dans la partie Ouest de la ville.
En ce qui le concerne, le Premier ministre, après avoir enregistré les avis et considérations des participants à la réunion de « crise », il a instruit ses collaborateurs d’assurer un suivi strict des actions à mener dans l’immédiat par la Snel et la Regideso dans l’optique de l’amélioration progressive de la qualité de leurs services dans la desserte en électricité et eau potable. Adolphe Muzito a mis un accent particulier sur la politique des résultats.

La prise en charge du dossier « Eau » et « Electricité » par le chef du gouvernement en personne témoigne, aux yeux des observateurs, de son souci de voir ces deux volets des « 5 chantiers de la République » devenir davantage visibles à Kinshasa. Car, dans la conjoncture actuelle, la capitale vit un décor apocalyptique fait des « poches noires » et des quartiers désertiques. Il est permis de croire qu’avec l’entrée en scène d’Adolphe Muzito, le calvaire des consommateurs de l’eau potable et de l’énergie électrique va s’atténuer.

Kimp

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