E. Tshisekedi : « Si je ne me présente pas, plus tard on pourra m’accuser de non assistance à un peuple en danger »

    Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président national de  l’« Union pour la Démocratie et le Progrès Social » (U.D.P.S.) a tenu le dimanche 20 février 2011, en sa résidence de Limeté, un point de presse sur les enjeux politiques de l’heure. Répondant à une question, il a, de prime abord, regretté la misère, les conditions infrahumaines dans lesquelles vit le peuple congolais aujourd’hui, conditions qui sont la conséquence de la mauvaise gestion du pays. Parlant de sa candidature à la présidentielle, il précise : « si je ne me présente pas, on pourra plus tard m’accuser de non assistance à un peuple en danger ». Prié d’expliquer pourquoi ilo se porte candidat maintenant alors qu’il a refusé de participer aux élections de 2006, Il a répondu que l’environnement international a énormément évolué depuis 2006, année où lui et son parti avaient refusé de participer aux élections dont les gagnants étaient imposés d’avance. Selon son constat, les résultats obtenus font que la communauté internationale regrette aujourd’hui ce choix et n’osera plus reéditer la même erreur.

 

         Ce point de presse qui est le premier qu’il tient depuis son retour de l’Europe, était en réalité un entretien à bâtons rompus entre les chevaliers de la plume et le Sphinx de Limeté. Il l’a articulé autour de quatre points principaux énoncés par le protocole de l’Udps à savoir : l’unité d’action de l’opposition aux élections de 2011 ; situation sécuritaire, sociale et climat des affaires ; libéralisation des médias et, à la fin, organisation et sécurisation des élections. Abordant le premier point, il a tenu à élaguer une confusion entretenue dans l’opinion selon laquelle il voudrait faire cavalier seul lors des élections prochaines. Il a précisé qu’il est le premier à avoir tendu la main à toute l’opposition pour un Front commun de l’opposition face aux échéances futures ; cela dès son retour de l’Europe, et particulièrement lors du Congrès de son parti. Mais voilà, note-il, que dans une réponse à une question il a précisé que même si toute l’opposition l’abandonnait, il a dit qu’il continuerait seul, car ce n’est pas en vain qu’il a lutté pendant trente ans pour la démocratie. Il a regretté que la presse fasse du secondaire l’essentiel de sa réponse.

 

Premier devoir d’un leader : organiser son parti

 

         Le Président national de l’Udps a par la suite estimé que la constitution d’un Front commun de l’opposition ne peut être que la deuxième étape de l’organisation de l’opposition. Le premier devoir du responsable d’un parti politique est de l’organiser ; d’en faire une véritable machine de conquête de pouvoir politique. Ceci implique, selon lui, que le parti ne doit pas être  constitué que de l’épouse et des enfants du leader. Pour l’instant, il dit se consacrer principalement à ce premier devoir d’un leader. Dans une deuxième phase, il va s’occuper du Front commun de l’opposition pour les élections à venir. A ceux qui voulaient évoquer les divisions au sein de l’Udps, en rappelant l’existence du groupe de « Righini », Tshisekedi a répondu que ceux-là appartiennent à la majorité au pouvoir, et non à l’Udps qui est un parti de l’opposition et qu’à elles seules – une quinzaine de personnes-, elles ne pourront jamais déstabiliser l’Udps.

 

Vital Kamerhe : un responsable avec lequel on parle de questions politiques

 

         D’autres chevaliers de la plume ont voulu connaître les raisons qui ont fait que le samedi, le Président de l’Udps n’a pas  voulu recevoir Vital Kamerhe, président national de l’U.N.C., mais qu’hier dimanche, dans la matinée, il l’a reçu et quel était le contenu de leurs entretiens. Etienne Tshisekedi n’a pas reconnu avoir refusé de recevoir Vital  Kamerhe comme l’insinuait le confrère ayant posé la question. Concernant le contenu de son entretien du jour avec lui, il a fait remarquer que les responsables des partis quand ils se retrouvent ne peuvent parler que de questions politiques.

         Au sujet de la situation sécuritaire, sociale et du climat des affaires, le Lider maximo a affirmé que son arrivée au pouvoir amènera la paix et la sécurité parce que ceux qui sèment l’insécurité à l’Est en veulent à leurs « alliés » avec lesquels ils ont lutté et qui occupent le pouvoir à Kinshasa ; le pouvoir de l’Udps sera, lui, un pouvoir civil. Au sujet de la libéralisation des médias, il a souhaité que les médias publics soient ouverts à tous les partis politiques, de l’opposition ou du pouvoir et a fait remarquer que depuis son retour de l’Europe, les médias publics n’osent pas relayer ses activités. Au sujet d’une modification future de la loi électorale, le Président de l’Udps a montré qu’une telle modification, comme celle qu’à connue la Constitution, n’est pas bonne du fait que ces textes sont le fruit d’un consensus des forces politiques et sociales et ne peuvent être modifiés sans l’avis de ces forces. Enfin, parlant de son meeting du 24 novembre 2011, au Stade Tata Raphaël, il a dit qu’il se tiendra, quelles que soient les conditions politiques ou atmosphériques. Les Congolais doivent apprendre, conclut-il, à défendre leurs droits.

 

RSK

 

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