DV Lotery : le plus dur reste à venir

loteria3C’est hier, lundi 3 novembre que s’est clôturé officiellement   le DV Lotery  américain pour la saison 2014-2015.

 Ce jeu, si prisé par les Congolais de la Rd Congo,  permet à des milliers de personnes à travers le monde, sauf les ressortissants de : Haïti, Chine, Vietnam, qui ont déjà atteint le quota   de cette immigration, de vivre le rêve américain. Car, de tout le temps les Usa ont toujours été un pays issu d’une mosaïque de peuples venus de l’immigration.

         Jadis très peu connue du grand  public,  la course à l’immigration aux Usa  est devenue un vrai business pour beaucoup de tenanciers des cybercafés à travers la ville de Kinshasa pour  tout celui qui veut décrocher le fameux sésame  qui ouvre la porte au pays de l’Oncle Sam. 

         Pendant le  mois que dure cette saison,   les principaux cybers,   rivalisent d’ingéniosité  pour convaincre les candidats en affichant la photo de la famille Obama  comme gage de la réussite.

         L’engouement est tel que, dans certains cybers, il fallait s’armer de beaucoup de patience et  attendre plus de six heures son tour  pour avoir accès au formulaire d’inscription,   qui  d’ordinaire est gratuit en ligne, mais pour lequel il fallait s’acquitter de 10 ou 5 dollars, selon l’endroit.

          Cela,  du fait que la connexion internet demeure encore un luxe pour beaucoup de nos compatriotes dont certains ne savent  même pas pianoter sur un clavier d’ordinateur. Notamment, la prise d’une photo numérique au format requis  ainsi que le remplissage du formulaire numérique.

L’immigration a un coût

         Cependant,  une fois cette étape franchie pour beaucoup de prétendants, surtout les moins fortunés  le plus dur reste à venir, car, il faut  rassembler énormément de ressources financières pour espérer aller vivre au pays d’Obama.

         Sur cette liste de dépenses, il faut inscrire tous les examens médicaux à passer dans un centre  ou un hôpital choisi pour la fiabilité de ses résultats, tous les frais consulaires à payer et enfin le billet d’avion pour atteindre sa destination finale et trouver une famille d’accueil, le temps que l’administration mette à votre disposition le strict minimum pour les premiers jours.

         Une fois sur place, c’est aussi un parcours de combattant pour les ressortissants de pays francophones qui ne maîtrisent pas un traitre mot de  la langue Shakespeare.

         Il faut passer trois mois d’apprentissage de fondamentaux de  l’anglais afin de  s’intégrer dans sa nouvelle société. La carte grise donne ainsi à son titulaire l’accès à un emploi.

Gommer les écarts

         Ce qui inquiète la plupart des observateurs qui ont bien suivi ce mouvement, c’est le nombre de plus en plus croissant de Congolaises et Congolais de tous les âges, candidats à cette immigration, à la recherche du bien-être, qui tiennent mordicus  à quitter le pays à n’importe quel prix.

          Pour la plupart de parents, il s’agit d’un sacrifice afin d’offrir à leur progéniture un meilleur avenir.

A la longue si la croissance à deux chiffres  tant vantée par le gouvernement de la république n’est pas traduite en terme social, la fuite de cerveaux  sera un problème pour la Rd Congo qui envisage de devenir un pays émergent à l’horizon 2030, qui  a besoin de toutes les intelligences et de toutes les forces  de ses filles et fils.

         Ce sont de familles entières que l’on a vu remplir le formulaire en caressant l’espoir secret d’être éligibles  le moment venu.

C’est le moment pour toutes les autorités de faire  de leur mieux pour faire de la Rd Congo un eldorado pour ses propres enfants. Pour cela, toutes les potentialités devraient être traduites en richesses palpables.

         Il faudrait aussi que  la clé de répartition de ces richesses soit juste pour éviter d’avoir deux classes extrêmes et parallèles  des Congolais : ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien. Comme c’est le cas actuellement, c’est la seule manière de faire naitre de l’espoir chez nos compatriotes qui s’expatrient pour des raisons économiques et d’incertitude pour l’avenir de leurs enfants.

VAN  

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