Du rififi à la CNDH !

Société CivileDes Organisations non gouvernementales (ONG), plates-formes et réseaux de promotion et de défense des Droits Humains en général et ceux de la Femme en particulier, ont, à travers un communiqué de presse déposé hier mardi 11 février 2014 à la rédaction du journal Le Phare, vivement protesté contre l’élection entachée d’irrégularités des représentantes de la composante « Droits spécifiques de la femme» pour la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Pour ces structures, la mauvaise organisation du processus de désignation de deux candidates de la composante des droits spécifiques des femmes à la CNDH s’est caractérisée par la partialité à l’endroit de certaines candidates, le manque de transparence et l’abus du pouvoir. « Nonobstant les appels, les remarques et autres conseils formulés en l’endroit du Comité de pilotage par la candidate Kenneth Enim Ampi afin d’améliorer ledit processus, celui-ci s’est obstiné dans ce comportement et  s’est illustré par le manque de neutralité avant et pendant le scrutin » ont accusé ces ONG.

En clair, indiquent-elles, avant le scrutin de nombreuses irrégularités ont été constatées. Dans le lot, on cite le refus d’intégrer, malgré la demande formulée et répétée par l’une des candidates, madame Kenneth Enim Ampi, dans ce comité de pilotage, les témoins de chaque candidate ; la non présentation des procès-verbaux (des rencontres précédentes) lors des réunions restreintes avec les candidates ; la non-conformité entre la liste des organisations inscrites pour la participation aux élections et la liste finale ayant servi au déroulement du vote, etc.

           Par ailleurs le jour du scrutin a été caractérisé par la remise le même jour de la liste du corps électoral aux candidates reprenant 159 organisations, pourtant dans la soirée précédente (le 7 février 2014), d’après les déclarations du modérateur du Comité de pilotage, en échange téléphonique avec la candidate Kenneth Enim Ampi,  cette même liste reprenait 140 structures ; le refus de faire accéder dans la salle de réunion, les organisations, pourtant répertoriées et appelées sur la liste des votants, tout simplement parce qu’elles n’avaient pas auditionné leurs noms à l’appel nominal qui ne s’est fait qu’une seule fois ; la non transparence lors de la lecture de bulletins de vote, c’est-à-dire la vérification des noms mentionnés sur les bulletins n’a pas été faite à tour de rôle par les observateurs et les témoins de candidates, etc.

       Au regard de ces abus, ces ONG ont dénoncé avec la dernière énergie les irrégularités ayant émaillé le processus de désignation des candidates de la composante « Droits spécifiques de la femme » pour le Bureau de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) et de ce fait, rejeté les résultats qu’elles considèrent nuls tels que publiés par le Comité de pilotage « tendancieux ».

       En définitive, elles en appellent à la sagesse du Président de l’Assemblée Nationale afin de doter la composante femme d’un nouveau comité compétent, impartial, neutre et transparent, devant aider et assister correctement les Organisations des Droits spécifiques des femmes à procéder à la désignation de 2 de leurs pairs comme déléguées éligibles au Bureau de la CNDH.

                Cette situation, soulignons-le, est générale depuis le début de la phase de désignation et/ou élection des représentants de la Société civile à la CNDH.

                La question de fond que l’on se pose est celle de savoir pourquoi le Parlement a compliqué les choses en créant 9 postes, alors que les problèmes des droits de l’homme se posent avec acuité dans chacune de nos 11 provinces qui veulent être représentées. Prenant le raccourci, certaines organisations ont même proposé que deux provinces (Nord-Kivu et Sud-Kivu) se mettent hors course car leurs ressortissants se trouvant déjà à la tête des deux structures d’appui à la démocratie(le CSAC avec l’abbé Bahala et la CENI avec son homologue Malumalu).

            Cependant, face à l’absence de tout consensus, les délégués du Nord-Kivu et ceux du Sud-Kivu tiennent absolument à être à la CNDH, provoquant ainsi un imbroglio sans pareil que l’opinion n’arrive pas à saisir. Dossier à suivre.

Tshieke Bukasa

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