Dragage, électrification rurale et vérités des prix pour gérer l’étiage du fleuve Congo

 

La clôture du Forum de deux jours (07 au 08 juin 2012), au Grand Hôtel Kinshasa, organisé par la Société Nationale d’Electricité (S.N.EL), est intervenue le vendredi 08 juin. Ces travaux avaient eu pour thème : « L’étiage du Fleuve Congo et ses conséquences sur la production de l’énergie électrique et sur la navigation sur le Fleuve Congo et ses affluents ». Quatre entreprises d’Etat ont mis à profit cette rencontre pour sensibiliser l’opinion publique, particulièrement l’Etat propriétaire, sur leurs difficultés provoquées par l’étiage du Fleuve Congo. Il s’agit d’abord de la Régie des Voies Fluviales (RVF) dont l’exposé a consisté à expliquer la situation hydrologique et hydrographique actuelle, caractérisée par un étiage sévère du Fleuve Congo et ses conséquences néfastes sur la navigabilité et les autres usages de la ressource à travers le pays.
 Ensuite, c’est la Congolaise des Voies Maritimes (CVM) qui s’est penchée sur la question de l’ensablement du bief maritime du Fleuve Congo et du canal d’amenée d’eau aux centrales d’Inga ainsi que la résolution de cette épineuse question. La Regideso, quant à elle, s’est appesantie sur les conséquences directes et indirectes du phénomène d’étiage sévère sur la desserte en eau potable. Enfin, la Snel pour sa part, a présenté les conséquences de l’étiage sur la production, la distribution et la commercialisation de l’énergie électrique ainsi que les actions entreprises pour faire  face à cette situation. 
 
En clôturant ces travaux, le ministre des Ressources Hydrauliques  et Electricité, Bruno Kapanji Kalala, a mis à profit cette occasion pour rappeler l’urgence de la question ayant motivé la tenue de ces assises et les soins à apporter à l’application des résolutions et recommandations prises à l’issue des travaux. Il a exhorté toutes les entreprises concernées par ce phénomène à prendre toutes les mesures qui s’imposent, à moyen et long terme, pour fournir à la population les services dont elle a besoin et lui épargner les effets pervers de l’étiage. Pour réussir cet objectif, le ministre a conseillé une recette : l’usage de l’information et de la communication avec la clientèle et l’opinion publique. Bruno Kapanji Kalala a aussi recommandé  aux entreprises concernées de recourir, dans leur sensibilisation, aux autorités administratives locales à l’exemple des bourgmestres. Celles-ci pourront conseiller à leurs administrés la nécessité d’économiser l’eau, l’énergie électrique ; de protéger les infrastructures. Il a promis, de son côté, de faire au Premier ministre un rapport succinct sur les mesures et recommandations prises pendant ce forum et de rester en contact avec toutes ces unités de production pour tenir informé l’exécutif national de la vie dans ce secteur de l’économie du pays.
 
Diminution graduelle des précipitations sur le bassin versant du Fleuve Congo
 
Les échanges, riche et fructueux sur la question, ont démontré que les observations hydrométéorologiques indiquent que les étiages du Fleuve Congo semblent coïncider avec la diminution graduelle des précipitations sur son bassin versant. Pour prévenir et combattre les effets de l’étiage, les participants ont décidé de soumettre à l’autorité de tutelle, une quinzaine de recommandations dont les principales sont les suivantes : trouver à très court terme pour la Snel les moyens nécessaires pour effectuer un dragage intensif à partir de ce mois de juin et ainsi permettre une gestion optimisée du stock d’eau au lac de retenue de Nzilo ; accorder aux organismes en charge du dragage du fleuve et du bief maritime les moyens nécessaires pour effectuer leur mission ; intensifier l’électrification du monde rural par des micro-centrales hydro-électriques et autres énergies renouvelables, de manière à réduire le déboisement et ses conséquences sur le climat ; promouvoir l’efficacité  énergétique par l’économie d’énergie (favoriser l’utilisation des lampes à faible consommation, extinction des lampes en plein jour, etc.) ; inciter les abonnés (les instances officielles, les entreprises du portefeuille de l’Etat et autres) à payer les factures de consommation de l’électricité et de l’eau, pour faciliter les investissements dans le secteur et enfin, appliquer la vérité des prix dans la tarification nationale de l’énergie électrique et de l’eau.
En outre, les participants ont recommandé le renforcement de l’implication de l’autorité gouvernementale dans la protection transfrontalière du bassin versant du fleuve Congo afin de sauvegarder l’équilibre des écosystèmes ; le renforcement des capacités opérationnelles du service météorologique et hydrologique national, le Metelsat et la mise en place d’une cellule technique interinstitutionnelle pour le suivi de la situation de la ressource hydraulique  et cette cellule dotée d’un laboratoire national d’hydraulique.
 
SAKAZ

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