Dr Mukwege : «le corps de la femme ne doit pas être un champ de bataille»

Dr_MukwegeSon nom sera bientôt inscrit dans tous les manuels de l’histoire du monde et dans tous les  dictionnaires pour son combat contre les viols de femmes à l’Est de le République  Démocratique du Congo. Cette personnalité n’est autre  que  notre compatriote Denis Mukwege, dernier lauréat en date du Prix Sakharov pour  la liberté d’esprit dont la réputation a traversé les frontières nationales et l’Hôpital de Panzi où il se consacre à réparer les femmes mutilées par les viols. Ce prix lui a été décerné  hier mercredi 26 novembre au parlement Européen à Strasbourg.  Au même moment, pendant que ce digne fils du pays recevait sa distinction pour son travail aux yeux du monde, à Kinshasa,  une cérémonie était organisée par l’Agence Acacia au Rond-point Huileries pour accompagner son sacre. Manifestation au cours de laquelle un documentaire de vingt-trois minutes intitulé « Docteur courage » a été projeté, retraçant  les moments clés de ce médecin, véritable ambassadeur de la cause des femmes violées à cause de guerres répétées  à l’est de la RDC,   qui fait le tour du monde pour conscientiser les hommes et les femmes de bonne foi à se mobiliser afin que justice soit faite à ces victimes de la barbarie.  L’auteur du documentaire  filmé et   très bien  fourni n’est autre que  notre confrère José -Adolph Voto.

S’agissant  de la motivation qui l’a poussé à  réaliser ce document. Il a confié que c’est le fait  que Docteur Mukwege était plus connu à l’étranger que dans son pays. Et qu’il était  tout à fait normal qu’un document lui soit consacré pour non seulement  l’immortaliser mais surtout le faire connaitre  auprès de ses compatriotes, a-t-il renseigné.   Car, Docteur Mukwege  qui rend d’énormes services à notre population est une voix qui porte   sur la scène internationale face  à nos  voisins de l’Est qui nous agressent.

La communauté internationale doit agir

 Alors que la remise du prix se passait en direct sur une chaîne périphérique,  dans ses premiers mots, Docteur Mukwege a dénoncé  tour à tour devant le parlement européen l’inversion des valeurs et  la banalisation  de la violence qui caractérisent notre époque.  Ainsi, le prix  lui remis a-t-il affirmé, permet d’accroitre la visibilité du combat de la femme de la République Démocratique du Congo mais également la dignité du combat que celle-ci incarne.  Du haut de cette tribune, il a plaidé pour que le corps de la femme ne soit plus un champ de bataille ni utilisé comme arme de guerre.

Il a également profité de cette opportunité pour dénoncer les crimes  et massacres dont sont victimes les Congolais à Beni. Crimes, selon lui planifiés avec  de mobiles bassement économiques, cela du fait qu’en RDCongo, les atrocités de masses passent comme des faits divers, dans une absence totale de  responsabilité. Ainsi, il a déclaré haut et fort qu’il était temps pour la communauté internationale de  s’occuper des causes, parce que le peuple a soif  de la paix. D’après Docteur Mukwege, les solutions existent mais cela appelle une volonté politique. En passant, Docteur Mukwege a demandé à la communauté internationale de revitaliser l’Accord-cadre et d’utiliser selon lui  tous les leviers  politique, économique,  etc., afin de résoudre une fois pour tout le problème de l’insécurité à l’Est de la République démocratique du Congo qui n’a que trop duré.  Et pour y a arriver, Docteur Mukwege a estimé qu’il ne peut y avoir de paix,  ni développement sans le respect des droits de  l’homme.  C’est la seule manière,  selon lui, pour la communauté internationale d’accompagner le Congo sur le chemin de la paix, de la justice et de la démocratie en soutenant des réformes sur le plan de la sécurité, la justice,   dans l’administration et dans le secteur économique. Aux Congolais,  il a lancé un appel à la responsabilité collective et individuelle pour guérir ce grand malade, raison pour laquelle Docteur Mukwege a déclaré que la RD Congo  appartenait à ses filles et fils, et qu’elle n’est pas l’affaire d’un groupe d’individu.

         Pour rappel, le Prix Sakharov appelé aussi Prix pour la liberté de pensée  dont le Docteur Mukwege est le dernier bénéficiaire,  a été créé en 1998  pour honorer  le savant russe dont il porte le nom, récompense les personnalités et les organisations à travers le monde qui luttent pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Il a été à ce jour  attribué à trente-sept lauréats,  dont l’ancien  président Sud-africain, Nelson Mandela.

VAN

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