Le Directeur régional pour l’Afrique sub-saharienne et le Sahel en visite à Kinshasa

Arrivé à Kinshasa le samedi 21 novembre 2014, l’Ambassadeur Georg Schmidt, Directeur régional pour l’Afrique sub-saharienne et le Sahel, du ministère fédéral des Affaires étrangères d’Allemagne, a animé une conférence de presse à l’ambassade d’Allemagne, immédiatement après son arrivée de l’aéroport. Sa visite a pour but de souligner les relations entre la RDC et l’Allemagne, jugées très bonnes, quand bien même la visite en RDC du ministre des Affaires étrangères Allemand a été reportée suite au changement du calendrier des négociations avec l’Iran sur le nucléaire, dans lesquelles il est personnellement très impliqué. Prenant part à cet échange, l’ambassadeur d’Allemagne en RDC, Dr. Wolfgang Manig, a relevé les preuves des bonnes relations qu’entretiennent les deux pays, avec l’installation du bureau de liaison 23 ans après sa fermeture.

Au cours de l’entretien, Georg Schmidt a abordé 3 sujets à savoir :      – L’intérêt que porte l’Allemagne sur la question des élections en RDC,
– La question des droits de l’homme avec le rapport récent de Human Rights Watch sur « l’opération likofi »                                                         – La situation dans l’Est de la RDC avec les FDLR.
Concernant la question des élections, il a affirmé que son pays suit avec grande attention l’évolution des évènements, étant donné que les prochaines années sont celles des élections nationales et communales, suivant le calendrier électoral rendu public. Pour l’Allemagne, a-t-il déclaré, ces élections s’avèrent importantes du fait qu’il s’agira de premières élections communales depuis deux décennies.  Il a indiqué que son pays suit également avec grande attention le débat sur une possible révision de la Constitution. Eu égard à tout ce qui s’est passé au Burkina-Faso, Georg Schmidt a estimé que cela est un signal fort, non seulement pour l’Afrique Francophone, mais aussi pour le monde entier. Même si chaque pays a ses propres problèmes, le but poursuivit par tous est de préserver la stabilité, en évitant trop de changements, a-t-il souligné.
« Il est important de voir quel est le but de la stabilité aussi  bien pour les engagements politique, économique,… Mais si le débat sur une révision de la Constitution conduit à un manque de stabilité, il faut être prudent. Bien entendue, la décision est celle prise par le peuple congolais, elle ne vient pas de l’extérieur », a relevé Georg Schmidt.
En ce qui concerne le rapport de l’ONG Human Rights Watch, intitulé « Opération likofi : meurtres et disparitions forcées aux mains de la police à Kinshasa » rendu public le 18 novembre 2014, il a affirmé que même s’il est difficile pour la police de mener des actions en faisant face aux bandits et autres, il faut que les forces de la loi respectent aussi la loi. Dans le cas contraire, cela aboutit à un manque de confiance de la population envers la police. Ainsi, il a salué l’annonce du ministre de l’intérieur de punir les agents s’ils n’ont vraiment pas respecté la loi.

Situation des FDLR dans l’Est et attaques de la Monusco
Georg Schmidt a martelé que les conditions restent très claires pour les FDLR, avec l’ultimatum du 2 janvier 2015 leur accordé par la Communauté internationale, la SADEC et la CIRGL, en ce qui concerne leur démobilisation. Pour l’Allemagne, a-t-il laissé entendre, les FDLR sont un élément clé pour combattre aussi les autres éléments négatifs dans la région.
Il a par la suite mentionné que son pays condamne les attaques sur la Monusco, jugées inacceptables.
«La Monsco est là, mandatée pour protéger les civiles, les citoyens congolais. Il est absolument important qu’elle ne soit pas agressée pour ça », a-t-il indiqué. Le chef de la Monusco, Martin Kobler, présent à cet entretien, a aussi indiqué que son institution est déterminée à combattre l’ennemi et à ne tolérer aucune attaque contre elle ou la population.
En effet, Georg Schmidt a reconnu que l’option militaire sur la table, ne peut à elle seule, résoudre tous les problèmes. D’où l’importance d’une coopération régionale, à travers un partage de vision afin d’asseoir un investissement durable et pérenne.
Après Kinshasa, Georg Schmidt va poursuivre sa visite à Goma puis au Rwanda et au Burundi pour passer le même message.
Myriam Iragi

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