Difficultés d’atteinte des OMD, vieillissement des enseignants et inadéquation de la formation

C

inq ministres du Gouvernement de la République – dont les attributions croisent celles de l’Unesco – étaient présents hier jeudi, 11 juillet 2013, à l’Hôtel Memling dans la commune de la Gombe pour participer à la Table ronde sur l’état de l’Education en Rd Congo. Cette rencontre était organisée par la Commission nationale pour l’Unesco à l’occasion de la visite officielle dans notre pays de Tang Qian, sous-directeur général en charge de l’Education. Prenant la parole à cette occasion, Maker Mwangu Famba, ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (E.P.S.P) et président de la Commission nationale pour l’Unesco, s’est de prime abord félicité de l’honneur fait à notre pays par cette visite. Par après, il a noté que le secteur de l’Education dans notre pays est devenu priorité des priorités. Pour une fois,  après plus de deux décennies, il est le premier poste budgétaire en atteignant 18% du budget 2013, pour l’ensemble du secteur, Il a souligné que la RDC s’est dotée d’une «Stratégie de développement du sous-secteur de l’EPSP» qui a été adoptée  par tous les partenaires éducatifs. Le «Plan Intérimaire» élaboré à cet effet pour sa mise en œuvre est actuellement, selon le ministre, en exécution.

            S’adressant à ses illustres hôtes, Maker Mwangu leur a expliqué que grâce à ces outils de planification, la RDC a une vision de son enseignement et des objectifs clairs et précis, en termes d’amélioration de l’accès – dont la gratuité mise en œuvre de façon progressive par le gouvernement depuis 2010 – de la qualité de formation et  de la gouvernance éducative. Cet effort, a-t-il fait remarquer, a permis l’admission de la RDC au Partenariat Mondial pour l’Education et l’octroi d’un don de 100 millions USD dont la mise en œuvre est imminente.

Des mesures concrètes pour des situations urgentes

            Malgré ces efforts conjugués, le ministre a admis qu’il est difficile pour la RDC d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l’horizon 2015. Face à l’ampleur de cette situation, le gouvernement a fait de l’éducation sa priorité et s’est fixé des objectifs parmi lesquels figure l’envoi à l’école, d’ici l’année 2015, de 60% des enfants vivant en dehors de l’école , soit 2 millions d’enfants en âge de scolarité et, chaque année, 80% de nouveaux entrants. Enfin, le ministre de l’EPSP et Président de la Commission nationale pour l’Unesco a annoncé quelques mesures concrètes pour favoriser et réussir la gratuité. Il s’agit de la prise en charge de 82.000 enseignants du primaire et du supplément de frais de fonctionnement des écoles et bureaux gestionnaires jusqu’alors payés sur  les frais scolaires versés par les parents d’élèves. En outre, le salaire d’un enseignant du primaire va passer de 70$ à 100$.

            Le ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire et recherche scientifique (ESU), Bonaventure Chelo Lotsima, s’est félicité de l’appui de l’Unesco à plusieurs domaines de son secteur. Il a sollicité l’accompagnement de l’Unesco dans la relève académique du point de vue du rajeunissement du corps enseignant et la redynamisation de la formation continue. De son côté, Nawej Mundele, ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité Nationale a évoqué le rapport mondial de suivi sur l’Education Pour Tous (EPT) selon lequel notre pays est classé parmi  les 30 qui courent le risque de ne  pas atteindre  l’objectif de l’alphabétisation des adultes d’ici 2015, parce que les  efforts dans ce domaine sont jugés insuffisants. Bahati Lukuebo, ministre de l’Emploi, Travail  et Prévoyance Sociale, a souligné le fait que le système éducatif en application dans notre pays est inefficace, pour autant que les diplômes délivrés n’ont pas d’impact sur le marché de l’emploi. Le représentant de la ministre du Genre, Famille et Enfant s’est aussi félicité de l’appui de cet organisme de l’ONU en faveur de la femme.

            Répondant à ces différentes interventions, le Sous-Directeur de l’Unesco en charge de l’Education a conclu que  les relations entre son organisme et la RDC étaient au beau fixe et que la coopération était fructueuse.

SAKAZ

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