Diabète infantile : Novo Nordisk cible les Congolais de l’arrière-pays

La société Novo Nordisk a organisé le vendredi 15 juillet 2011 à l’hôtel Memling une journée de réflexion axée sur   l’extension du programme de la prise en charge du diabète chez les adolescents  vivant dans l’arrière pays. Le projet en question est intitulé : « Changing Diabetes in Children ». Des  spécialistes en santé en provenance de différents coins de la RDC ont pris part à ces cogitations. Le ministère de la Santé  y a été représenté  par le responsable de la Direction de Lutte contre les maladies «  DLM » le docteur Benoît Kebela.

Identifier les acteurs de la prise en charge du diabète auprès des enfants mais aussi le circuit d’approvisionnement de l’insuline , faire un état des lieux du diabète chez l’enfant vivant en province… sont les objectifs assignés à cette réunion. La coordonatrice de «Changing Diabetes in Children» a été la première personne à prendre la parole. Quand une pathologie est déclarée, les enfants constituent la catégorie d’âge la plus exposée.. Novo Nordisk s’est engagée avec d’autres partenaires pour voir  ce qu’on peut faire pour venir en aide aux enfants  congolais vivant dans l’arrière pays, a dit  Louise Hannyage.

De son côté, Benoît Kebela a fait savoir que la prise en charge du diabétique est un fardeau pour  sa famille, la société et le patient lui-même. Les acteurs potentiels appelés à s’intéresser à cette maladie n’ont pas encore pris conscience de ce problème.  Les organisateurs de la réunion de ce week-end sont venus donner un coup de pouce aux activités menées en RDC depuis plusieurs années  sur le diabète.

Pour François Ilondo de la société Novo Nordisk, retenu comme partenaire du gouvernement en matière de santé, le diabète a pris des proportions alarmantes.  Cela a amené  l’Assemblée générale des Nations Unies à  convoquer  une réunion extraordinaire sur  le diabète. Et Ilondo de préciser qu’il a eu la chance de prendre part aux réunions  de l’OMS à Brazzaville consacrées à cette maladie. L’Afrique compte plus de 8 millions de diabétiques. Qu’est-ce qui va se passer à l’avenir si des mesures courageuses ne sont pas prises pour enrayer cette progression ? s’est-il interrogé.

Un problème de cœur

Prise en charge du diabète en RDC, rôle de l’association des diabétiques , vision de la direction de lutte contre les maladies, l’analyse verticale sur la pathologie en question, les objectifs du Programme National  de Lutte contre le Diabète, l’état des lieux du diabète en provinces…. sont les différents modules conçus par l’organisation.  comme orateurs  les docteurs Declerck, Guy Mbenza, Kebela Ilunga, Beya, Mpoy Muteba, Ilondo…

On retiendra pour l’essentiel que le diabète fait partie des maladies chroniques. Et pour y faire face, on doit adopter une stratégie particulière. Les médecins peuvent s’inspirer de l’expérience kinoise pour mieux mener la lutte contre le diabète en provinces, a fait remarquer Declerck.  Pour cette expatriée, les soignants qui s’occupent des diabétiques sont moins bien préparés.     Or,  la  prise en charge des patients doit  être continue. Décentraliser les soins, éduquer les familles des patients,  obtenir de l’insuline et des réactifs à des prix abordables, organiser des réseaux comprenant des centres de santé de proximité… sont pour cette doctoresse les principes généraux d’intervention.

Quand on est en équipe, on doit préparer des stratégies de diagnostic et de soins adaptés à chaque coin donné. Les médecins ont l’obligation de parfaire les connaissances des infirmiers, car ces derniers constituent un maillon important en matière de prise en charge des patients. Le meilleur enseignement  se fait au lieu du travail mais aussi avec le concours du malade. Les personnes appelées à secourir les diabétiques doivent avoir à l’esprit qu’elles font du « bénévolat ». En clair, elles doivent être animées  surtout de l’idée noble  de pratiquer une médecine de qualité, a conclu Declerck. Guy Mbenza a parlé de la Fédération Internationale du Diabète « FID », de la structure nationale congolaise en la matière, des problèmes auxquels ils sont butés…

Le FID totalise  61 ans d’existence.  La RDC en fait partie. En s’organisant en association, les malades sont  habités par l’idée d’entraide mutuelle. La FID  est en liaison avec l’OMS. Son siège est à Bruxelles. Les congrès se tiennent tous les 3 ans.
Les cotisations mensuelles ont été fixées à 100 francs congolais. Des galonnés de l’armée se font parfois consulter comme des nécessiteux. Une fois enregistrés, ils arrivent le lendemain avec une escorte.  Pour le docteur Beya, l’analyse verticale est une méthode destinée à codifier les étapes qui mènent à la définition d’une stratégie donnée. Benoît Kebela a signalé que la DLM collabore avec les médecins, professeurs  et experts en diabète pour réduire le taux de mortalité de cette pathologie.

 Chiffres révélateurs

Pour Mpoy Muteba, jadis, le diabète était la maladie des blancs. De 1922 à 1933, on avait recensé 133 cas des diabètes au Congo Belge. En 1956, on a eu à enregistrer 1114. Les Tetela, friands du riz, trônaient en tête du peloton.  En 2005, Kinshasa comptait 248. 937 diabétiques et Lubumbashi 43.130.
Novo Nordisk, créée au début du siècle dernier, totalise près de 90 ans d’existence.  Des antennes de ladite société sont implantées en Europe et en Asie.  Le siège central se trouve au Danemark. C’est dans ce pays que se trouve le site de production. Son chiffre d’affaires est de plus de 6 milliards d’euros.   Novo Nordisk fabrique de l’insuline et d’autres produits. Il y a un seul type d’insuline. Néanmoins, des contingences d’ordre économique sont à la base de la fabrication des variantes dudit produit, a souligné François Ilondo.

« Placer le malade au centre de nos préoccupations », est notre idée maîtresse, a-t-il déclaré.  La mise  sur pied de Changing Diabetes in Children s’explique par le fait que le diabète de type 1 a un taux de morbidité infantile élevée. Ce projet  concerne 6 pays africains : Ouganda, Kenya, Ethiopie, Cameroun, RDC…

Jean- Pierre Nkutu

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