Deux ans après leur mort : Chebeya et Bazana attendent que justice leur soit rendue

 

Du 01 juin 2010 au 01 juin 2012, deux ans se sont écoulés depuis que le corps de Floribert Chebeya Bahizire – alors directeur exécutif de l’ong « La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme » (V.S.V.) – avait été retrouvé sans vie au quartier Mitendi à Mont Ngafula et que celui de son compagnon, Fidèle Bazana Edadi était porté disparu. Cela a été l’occasion pour les familles professionnelles et biologiques de deux victimes de rendre hommage à l’énorme travail abattu par les deux activistes des droits de l’homme pour défendre les opprimés, les sans-voix, jusqu’à y laisser leur peau. C’était aussi l’occasion d’exiger, à l’unisson, que justice leur soit rendue et que les véritables coupables, les commanditaires de ce double assassinat soient traduits devant la justice et condamnés pour leurs actes. C’est ainsi que deux journées ont été organisées par la VSV en partenariat avec toutes les autres organisations et plateformes de défense des droits de l’homme.
 
La première journée a connu un recueillement des membres de la VSV et d’autres Ong de Droits de l’Homme ainsi que des familles des disparus au cimetière de Benseke Futi/Nouvelle cité. Le retour en ville, à la Paroisse Notre Dame de Fatima, a été marqué, de prime abord, par la projection d’un spot vidéo sur le travail d’un défenseur des Droits de l’Homme. Durant cette projection, on a pu voir un homme, Floribert Chebeya, fermement engagé dans la défense des droits des opprimés. Il lui était impossible de passer une nuit paisible lorsqu’il savait qu’un droit humain était violé quelque part sur le territoire national et même africain. C’est ainsi qu’il passait plus de temps à s’occuper de la défense des droits humains que de sa famille biologique. A ce niveau, il a été présenté comme un modèle à imiter par tous les activistes qui se passionnent pour ce travail. Cette projection a été suivie par une conférence-débat sur « les défis majeurs à l’amélioration de la protection des défenseurs des droits humains en RDC» et par une messe d’actions de grâce célébrée par l’Abbé José Mpundu.
 
Le film : « Affaire Floribert Chebeya : un crime d’Etat ? » sera projeté le 13 juillet à Matete
 
Dans son homélie, l’Abbé José Mpundu a fait, un constat : l’assistance à la commémoration de l’An II de l’assassinat de ces deux activistes n’était pas aussi nombreuse que lors des obsèques de Chebeya ou de la commémoration de l’An I de cet assassinat. Pour lui, ceux qui ne veulent pas que la vérité triomphe dans ce dossier ont justement besoin de favoriser le découragement et la peur. En se basant sur les écritures de la Bible, il a invité l’assistance à bannir la peur, à demeurer vigilants contre la lassitude et à lutter jusqu’à l’éclatement de la vérité, même  s’il faut, pour cela y laisser sa vie, comme l’a fait Chebeya et Bazana. Ici, il a rappelé un passage biblique qui dit que si une graine ne meurt pas, elle reste seule, si elle  meurt, elle porte beaucoup de fruits. 
Pour lui, ce qui doit caractériser les défenseurs des droits humains, c’est cette confiance dans la vérité mais aussi dans l’homme, créé à l’image de Dieu. La vérité rend fort ceux qui la détiennent et loin d’avoir peur, les activistes de droits humains doivent se sentir forts. Pour l’Abbé Mpundu, c’est  justement cette détermination qui conduit la peur à changer de camp. A la fin du culte qu’il venait de célébrer, l’Abbé José Mpundu a invité toute l’assistance à ne pas permettre que Chebeya soit tué pour la seconde fois en cautionnant l’interdiction du film de Thierry Michel : « Affaire Floribert Chebeya : un crime d’Etat ? ». Quant à lui, il s’est  engagé à  projeter ce film là où il habite, le 13 juillet prochain. Ceux qui le veulent peuvent donc assister à cette projection. 
Par contre, la deuxième journée de commémoration, qui s’est tenue le 02 juin 2012, dans la même salle de conférences de Notre Dame de Fatima, a connu deux exposés faits respectivement par Me Jean Claude Katende, président de l’ASADHO et par le Bâtonnier Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba, président du collectif des avocats de la défense. Le premier intervenant a rappelé le rôle et la mission d’un défenseur des droits humains, qui est de veiller au respect et à la promotion de droits de l’homme, face à ceux qui détiennent l’impérium dans le pays. Par contre, le deuxième intervenant a insisté sur la nécessité de la réouverture du procès Chebeya. Car, en tant que président du collectif des avocats de Chebeya, il a  constaté que le procès qui s’était déroulé n’était qu’une parodie où les exécutants ont été condamnés et non les commanditaires. Il a invité le ministre de la Justice à s’impliquer pour faire toute la lumière sur cet ignoble assassinat.
 
SAKAZ

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