Détournement des fonds publics : le cas ACGT fait tiquer

Plusieurs dossiers de présumés détournements des fonds publics sont ouverts, depuis un certain temps, à l’office du Procureur Général de la République. Sont cités, pêle-même, des ministres, des gouverneurs de provinces, des gestionnaires des entreprises et services publics, etc.  L’Agence Congolaise de Grands Travaux (ACGT) se trouve aussi dans le collimateur de l’organe de la loi. On apprend que son Directeur Général a été entendu récemment au Parquet Général de la République, sans Procès-Verbal, au motif que la documentation sur le fonctionnement de cette Agence faisait défaut. D’où, il est difficile de savoir, à ce stade du dossier, s’il était interpellé comme « témoin » ou « mandataire ». 

            Les observateurs notent que l’ACGT tire son existence du Décret n°08/017 du 26 août 2008. Bien qu’appelée à émarger au Budget de l’Etat pour son fonctionnement, ses comptes  à la BIAC et à la Rawbank sont restés vides jusqu’à ce jour. Ignorée dans le budget 2009, elle vient de recevoir les premiers frais de rémunération le 09 août 2010.

On croit savoir que l’interpellation du DG de l’ACGT serait liée à la fois aux fonds mis à la disposition de certaines entreprises, publiques et privées, pour la réalisation en urgence des travaux d’infrastructures, dans le cadre du Cinquantenaire du pays, mais aussi à ceux destinés au financement des 5 chantiers de la République.

             A en croire ceux qui maîtrisent les rouages de l’ACGT, celle-ci ne gère pas les fonds liés aux travaux d’infrastructures. Son rôle se limite à leur contrôle et suivi. Dans le cadre du programme sino-congolais, elle bénéficie d’appuis uniquement en nature : véhicules, engins de génie civil et mobiliers de bureau. Pour ce qui est de la tribune métallique de la Place du Cinquantenaire au Palais du Peuple, c’est le Bureau de Coordination qui s’est chargé de la désignation de l’entreprise Sud-Africaine City Ventures Group of Companies pour sa réalisation. Y a-t-il eu sortie de 2.400.000 Usd ou non ? Il est difficilede risquer une réponse.

            Dans le cadre de ses missions, elle suit l’exécution des travaux de lutte anti-érosive à Kindele (financement du Foner), de la route Lubumbashi-Kasumbalesa financés par Build Operate Transfert et Kinshasa – Matadi (construction de second pont Mpozo.

            S’agissant du partenariat sino-congolais, l’enveloppe initiale de 6 milliards Usd réservée aux infrastructures sur l’ensemble du pays, en contrepartie des ressources minières à provenir de Sicomines, avait été rabattue à 3 milliards Usd. La banque Eximbank avait accepté de décaisser effectivement 350 millions Usd pour la mise en œuvre de 5 projets : terrassement et bitumage de la Route Nationale 5 Lubumbashi-Kasomeno (137 Km) ; terrassement et bitumage de la Route Nationale 4 Beni-Nyanya (60 Km) ; la construction de l’Hôpital du Cinquantenaire à Kinshasa, la modernisation de l’avenue du Tourisme à Kinshasa ; le bitumage de la route Lutendele (ancienne route des caravanes empruntée par Stanley).

            Le second fond, à hauteur de 400 millions Usd, pour d’autres travaux, n’est  pas encore libéré.

            L’ACGT supervise aussi l’exécution des travaux sur les Boulevards Sendwe et Triomphal, le Boulevard du 30 Juin et l’Esplanade du Palais du Peuple. Bref, contrairement à ce que pense une certaine opinion, elle se contente du contrôle et de la surveillance des travaux en rapport avec les 5 Chantiers, conformément aux normes en la matière et à la volonté du Chef de l’Etat de moderniser le pays. Elle ne dispose pas de caisse. L’on se demande d’où proviendraient les fonds présumés détournés.

                                               Kimp.

 

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