Détournement à la BIAC

«Les réformes en profondeur que nous avons opérées, depuis notre arrivée en mars 2013, afin de protéger les avoirs de nos clients et de pérenniser la banque, nous ont permis aujourd’hui de mettre en exergue un cas de fraude d’une importante somme d’argent accompli par notre directeur des opérations, en fonction depuis plusieurs années… ». Cette confession de Michel Losembe, Administrateur délégué de la Banque Internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC), a été exprimée, hier lundi 18 août 2014, au cours d’un point de presse organisée à la Direction générale de cette entreprise à Gombe. Dans l’attente des résultats de l’enquête initiée à ce sujet par les limiers du parquet, le numéro 1 de cette banque a révélé que le responsable de cet acte, un cadre supérieur de nationalité belge, est en ce moment en fuite, loin du territoire congolais.

En effet, a-t-il indiqué, ces fraudes se sont étendues sur une longue période allant de 2012 au début 2014 et ont été révélées grâce à une stratégie s’articulant sur le nettoyage du bilan et des comptes internes ; l’analyse de la situation fiscale de l’entreprise et la mise à jour des procédures internes. « La banque est résolue, quelle que soit la fonction ou la position, des auteurs présumés à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les avoirs de ses clients. Dans ce cadre, nous avons déjà formulé une plainte auprès du parquet général de la République… », a indiqué Michel Losembe.

Soulignant néanmoins que cette situation n’affecte pas la santé financière de la banque qui continuera à fonctionner normalement grâce à sa solidité financière. Le banquier a expliqué que sa structure bénéficie de près d’un demi-milliard de dollars de dépôts et d’une capitalisation en dizaines de millions. D’ores et déjà, assure-t-il, les régulateurs, les actionnaires et les assureurs de la banque répondent présents pour l’accompagner dans un des pays au climat des affaires le plus difficile au monde.

Pour sa part, il a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses réformes multidimensionnelles et à implémenter des mesures afin de faire progresser la BIAC pour le meilleur intérêt de sa clientèle. Dans le lot des décisions prises, il a dévoilé le changement des systèmes informatiques pour suivre les transactions en temps réels ; la dotation des procédures les plus modernes ; le renforcement des contrôles internes ; l’acquisition des outils à la pointe de la technologie ; la mise en place d’une politique de recrutement rigoureuse ; etc.

Il convient de rappeler que Michel Losembe, président de l’association des banques congolaises, est un ancien de la Citi qu’il a dirigée durant de longues années. Dès son arrivée à la tête de la BIAC, en janvier 2013, sa première action et de son comité de direction renouvelée a été de diligenter un diagnostic approfondi de la banque auprès de plusieurs firmes internationales spécialisées en gestion bancaire et en audit interne. Son objectif, souligne-t-on, était d’identifier les forces et les faiblesses de la banque afin d’établir un plan de relance basé sur des faits et de construire une plate-forme suffisamment forte pour relancer la croissance. Résultat : la mise en exergue de ce fraudeur recherché. Dossier à suivre.

TshiekeBukasa

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