Désordre foncier et immobilier : l’Etat doit se réveiller maintenant ou jamais

L’effondrement d’un immeuble au quartier Basoko,  dans la commune de Ngaliema dans la ville de Kinshasa a permis d’étaler au grand jour toute  l’étendue du  désordre foncier et immobilier  qui  règne dans le secteur depuis la course effrénée à la possession et à la jouissance d’une parcelle que l’on constate durant cette dernière décennie. Conséquence visible, les plans urbanistiques de la ville Kinshasa et d’autres grandes agglomérations du pays  sont ignorés sans autre forme de procès.

 

De pans entiers de de terrains non constructibles sont vendus aux particuliers   dans un désordre complet. Pire, de lits de certaines rivières sont aussi vendus.     A la place, de quartiers urbanisent ont poussé comme de champignons : Mikonga, Kinkole, Mitendi, Bukamikuwa, Zappe, Bianda, Zamba Télécom, Mayimbi pour ne citer que ceux-là.  Le trait commun à tous ces quartiers est le non respect de normes urbanistiques. De terres sont vendues sans prévoir  une desserte en eau, électricité, téléphone, de tracés d’écoulement des eaux encore moins de routes.

On se rend  de plus en plus compte avec le temps  que  cette urbanisation galopante va poser   énormément de problème de viabilité dans un futur proche. Notamment, le problème de salubrité ainsi que celui des érosions et affaissement des sols. Comme Kinshasa se trouve sur un sol très sablonneux,  lorsqu’il pleut, les eaux de  pluie ne sachant  où aller, se frayent elles-mêmes le chemin avec le risque de provoquer des érosions. Bref, l’accessibilité à ces   quartiers est difficile et ne facilite pas le déploiement de la police ou d’autres services publics en cas de nécessité.

 

Vive le demi-terrains !

            Dans l’ancienne ville, la situation reste aussi très préoccupante. Bien qu’urbanisée sous la colonisation et un peu sous la deuxième république, la poussée des immeubles en hauteur ne facilite pas du tout les choses. Il est difficile de se guider du fait que les maisons basses ont laissé place à de gratte-ciels un peu partout. Si tout était fait dans la norme on ne s’en plaindrait pas. Mais, la logique de la demi- portion a pris les pas sur la vente de parcelles entières.

batiment_kinshasa.jpg          Malheureusement, avec le phénomène de morcèlement de parcelle actuellement en vogue, qui se fait sous le nez et à la barbe de l’autorité compétente.  Chaque propriétaire vend selon son bon vouloir sa portion. Cela va de la demi parcelle jusqu’à la huitième. Dans ce cas,  comment alors  attribuer un numéro à une telle constellation de parcelles? La Snel, la Regideso et la poste ont  tout le mal du monde pour offrir leurs services aux abonnés.

Là où on avait prévu de desservir cinq à dix maisons par exemple, c’est une vingtaine actuellement.  Ce qui occasion de panne répétitive d’électricité et de pénurie d’eaux chroniques à certain endroit. Et quand les eaux de pluie s’en mêlent,   doubler  au manque de curage régulier  de caniveaux, ces vieux quartiers se trouvent  constamment inondés.

En clair,  au vu de tous les efforts de modernisation de la ville de Kinshasa, il est impératif que l’Etat, propriétaire de terres tape du poing sur la table en donnant un sacré coup de pied dans la fourmilière. Notamment, en veillant à un  strict respect du plan urbanistique ainsi que de normes de construction. Le service des cadastre devra aussi s’interdire de vendre de terrains à risque sans une expertise avérée des environnementalistes et de la météo qui peuvent apporter de conseils judicieux dans les lotissements.

 

VAN

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