Désignation du Porte-parole de l’Opposition : l’Opposition extra-parlementaire réclame un siège parmi les adjoints

La question de la désignation du Porte-parole de l’Opposition fait rage dans les états-majors des partis politiques, toutes tendances confondues. Des réunions se tiennent sans désemparer et la plus récente est celle des partis politiques qui n’ont pas pu faire élire leurs membres lors des élections législatives du 28 novembre dernier. A l’issue de la conférence de presse tenue au siège de l’un de ces partis situé dans la Commune de la Gombe, deux recommandations ont été formulées et adressées à leurs collègues de l’opposition parlementaire. Cela, après concertation avec des délégués de celle-ci, a-t-on indiqué.

Au sujet de la structure qui sera chargée de coordonner l’opposition, il est recommandé « de tenir compte de la représentativité équitable de toutes les tendances et de toutes les franges de l’opposition regroupées aussi bien à travers l’opposition parlementaire que de l’opposition extra-parlementaire. Les membres de cette opposition extra-parlementaire doivent être impliqués dans tous les organes de la structure de coordination de l’opposition. En conséquence, l’un des quatre porte-parole adjoints tels que stipulés dans le règlement intérieur doit être issu de l’opposition extra-parlementaire ».
    
Comme mode de désignation du porte-parole, le consensus doit être privilégié afin « de maintenir la cohésion de l’opposition ». Ce, sur la base des critères plus objectifs et non discriminatoires. C’est dans ce sens qu’il faut se méfier des assertions selon lesquelles il faut avoir fait au moins cinq ans dans l’opposition et ne pas avoir des ambitions pour la présidentielle de 2016. Pour l’opposition extra-parlementaire, l’expérience du Sénégal vient de démontrer que ce n’est pas la durée dans l’opposition qui détermine l’engagement dans la lutte et l’alternance et que la désignation du porte-parole n’a rien à voir avec cette élection. Le choix à ce poste devrait porter sur le candidat « déclaré » qui a obtenu le plus des suffrages lors de la dernière élection présidentielle, car sa popularité permettra de faire entendre plus haut et plus fort la voix de l’opposition.   
 
Impératifs constitutionnels et politiques
 
Au sein de l’opposition, des voix s’élèvent pour faire remarquer que l’actuel Sénat est composé des membres de la dernière législature et de ce fait, ils ne peuvent pas participer à la désignation du porte-parole de l’opposition. De même, le porte-parole devra sortir de l’une des deux chambres du parlement et non de l’extérieur à l’exception d’un de ses adjoints qui viendra de l’opposition extra-parlementaire.   
Par ailleurs, certains milieux se demandent à tord ou à raison ce que ce porte-parole va apporter de concret à la nation dès lors qu’au niveau de la chambre basse, l’opposition est incapable de réaliser de constituer un blocage quelconque tant au niveau du quorum de siège que de celui de décision. La CENI avait manœuvré pour que la Majorité Présidentielle dispose d’une forte et écrasante majorité qui lui permet de faire n’importe quoi selon sa volonté.  A part les avantages matériels, notamment ceux dévolus à un ministre d’Etat, l’opinion ne voit pas d’autres retombées positives de ce porte-parole ni pour l’opposition et encore moins pour la nation et surtout pour ceux qui estiment que les résultats des élections de novembre 2011 ne sont pas crédibles.
 
F.M. 

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