Désignation du candidat de l’opposition : Tshisekedi clarifie le débat politique

 A l’occasion du 29ème anniversaire de son parti, Etienne TSHISEKEDI a surpris l’opinion en déclarant qu’il allait se présenter comme candidat à l’élection présidentielle, quel que soit le compromis qui sera trouvé au sein de l’opposition politique. Autrement dit, le leader de l’UDPS a tenu à dire tout haut qu’il n’a pas fait 30 ans dans la lutte contre la dictature pour laisser la place à quiconque le voudra.
 De prime abord, cette prise de position a l’avantage de lancer un débat dans l’opposition afin que chaque leader puisse se déterminer et clarifier sa position. Interrogé à ce sujet, Vital KAMERHE a salué cette position comme une marque de la démocratie dès lors que chaque parti politique a le loisir de se choisir son candidat à cette élection présidentielle prévue au plus tard à la fin du mois de novembre prochain selon le calendrier établi par la défunte CEI.

 
Chat échaudé a peur de l’eau froide
Sans le dire expressément, Etienne TSHISEKEDI devrait avoir en mémoire les multiples déboires qu’il a eu à essuyer tout au long de la plus longue transition politique. Notamment au niveau de ces alliances politique au sein de ce qui était convenu d’appeler l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale et Alliés ou USOR qui au départ donnait l’impression de se souder face au dictateur mais qui, à la veille de grandes échéances, se fissurait à vue d’œil au rythme des caprices et du bon vouloir de l’homme de Kawele. Avec comme résultat de voir un leader d’un parti alimentaire ravir la Primature à peu des frais à la grande déception des millions des combattants de la liberté. Parfois, le dictateur se permettait de puiser dans la marmite de l’UDPS pour tourner en bourrique les forces du changement. Tel avait été l’épisode rocambolesque du Conclave du Palais de la Nation qui vit Faustin BIRINDWA désigné premier ministre au nom de l’UDPS alors que la direction politique nationale n’y avait pas délégué personne. Il y a ensuite la désignation de Nguz-a-Karl-Bond à l’issue des négociations du Palais de Marbre en lieu et place d’Etienne TSHISEKEDI que l’homme de la rue attendait. Ce qui avait fait dire à l’actuel président de la République du Sénégal qui avait présidé lesdits travaux que la classe politique congolaise manquait de maturité politique. Il en fut de même au lendemain de l’aventure de Faustin BIRINDWA avec l’avènement de l’URD, une machine politique mise en place avec la bénédiction de Mgr L. MONSENGWO et qui permit à Léon KENGO d’être élu au HCR-PT boycotté par la majorité des partis de l’USOR. Autant des déboires et des couleuvres avalés par Etienne TSHISEKEDI qui aujourd’hui, endurci par ces expériences douloureuses, refuse de se laisser encore une fois embarquer dans une aventure de ce genre.

Chaque parti appelé à s’organiser

 Selon Eugène DIOMI Ndongala, président de la Démocratie Chrétienne qui sort d’une épreuve douloureuse et qui intervenait avant-hier sur une télévision locale, Etienne TSHISEKEDI n’est pas opposé à l’idée d’une candidature unique face à Joseph KABILA mais reste convaincu que cette procédure ne peut pas s’effectuer dans l’immédiat de peur de retomber dans les erreurs du passé que l’on déplore aujourd’hui. Le plus important, selon le leader de l’UDPS, a indiqué Eugène DIOMI Ndongala, c’est de laisser chaque parti politique profiter de ce temps mort pour s’organiser et mobiliser ses propres combattants. Le moment venu, chacun fera le point au prorata de sa véritable force sur le terrain. Autrement dit, il serait imprudent de se précipiter à la désignation du candidat unique par le biais des hommes et femmes qui n’ont pas encore évalué leurs propres forces sur le terrain. On risque de se retrouver avec des leaders des partis alimentaires qui vont profiter de la loi du nombre pour désigner un homme de paille à la merci de l’adversaire. La balle est donc lancée dans le camp de chaque parti de l’opposition pour mobiliser davantage au lieu de se laisser distraire par ce faux débat au moment où l’adversaire ne cesse de battre campagne à travers tout le territoire par le biais de ses lieutenants et des médias officiels. On risque de se réveiller en retard alors que l’adversaire a déjà conquis tout le pays, a averti le leader de l’UDPS.
F.M.

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