Désignation des membres de la CENI : le Recic/Kin pour la publication préalable des noms des animateurs

Une dizaine des jours après l’appel des pieds du président de l’Assemblée Nationale, Evariste Boshab , aux opérateurs politiques  des deux camps pour qu’ils désignent dans le meilleur délai les animateurs du bureau de la CENI, le Réseau d’Education Civique « Recic »/Kinshasa vient d’interpeller la majorité et l’opposition sur l’importance de l’ acte qu’ils vont poser d’ici peu. Et cela à travers un mémorandum  ficelé récemment par les acteurs sociaux.  Daté du 20 septembre 2010 , il  porte le paraphe du secrétaire exécutif Gérard Bisambu. 

            Florence Mbwiti, Jean- Michel Mvondo… respectivement , coordinatrice, chargé des programmes du Recic/Kin et Gérard Bisambu  y sont revenus longuement le week –end passé  au siège de leur structure à Limete à travers la conférence de presse qu’ils ont animé le 24 septembre 2010 à Limete.

            Les hôtes du Recic/Kin  se sont entendus dire  que la confection du mémorandum a été précédée par l’organisation  en juin 2010 d’une Tribune d’Expression Populaire et d’une activité dénommée «  Espace Parlons Elections ».  Les personnes présentes au Tep ont débattu de la problématique de l’implication de la société civile dans la CENI. Par ailleurs, Espace Parlons Elections est défini comme un forum d’échanges, d’animation et de dialogue entre acteurs sociaux et politiques sur les élections. Ils l’ont fait pour éviter  que les forces politiques manipulent et instrumentalisent la CENI.

            Au terme de ces activités, et dans le souci de garantir la transparence, la neutralité et la crédibilité du processus électoral à venir, le Recic Kin demande aux  acteurs politiques de deux bords de publier au préalable les noms de sept  membres quatorze  jours avant leur entérinement par l’Assemblée Nationale. Ce laps de temps permettra à la population d’émettre ses avis sur les personnes désignées, et le cas échéant de mobiliser les forces vives pour le respect strict de l’indépendance et de la neutralité de la CENI.

            Le Recic Kin formule aussi le vœu que les fonctions et statuts incompatibles avec la qualité de membre de la CENI soient considérés à dater du début de la mandature  actuelle  afin d’éviter la duplicité dans l’application  de l’article 17 de la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI.  En d’autres termes, les personnalités qui se retrouvent depuis 2006 dans l’une des catégories visées à l’article 16,ou encore celles qui prestent présentement dans les institutions politiques ne peuvent plus faire partie de la CENI.

            Le Recic/Kin prie les deux familles politiques de respecter l’esprit et la lettre de l’article 11 de la loi relative à l’organisation de la CENI en désignant des « personnalités indépendantes réputées pour leur probité morale ».

            Autre recommandation lue par Gérard Bisambu est celle de voir les forces politiques créer des conditions nécessaires et inclusives à la bonne tenue des élections  apaisées, libres et transparentes en 2011.

            Hormis ces principales articulations, il est dit aussi dans le mémo que Florence Mbwiti et consorts sont  opérationnels depuis seize ans. Pendant la transition, ils ont cheminé ensemble avec  d’autres organisations de la société civile  au travail d’éducation civique et électorale. Certes, heureux de l’organisation des élections de 2006, ils ont fait le constat selon lequel le peuple n’a pas trouvé des réponses à la quasi-totalité de ses préoccupations.

            Le calendrier électoral ficelé par le bureau sortant de la CEI ayant provoqué un véritable tollé, les têtes pensantes du Recic/Kin  sont d’avis que cela risque d’ébranler le consensus  nécessaire devant encadrer le processus électoral à venir. 

        Obstination 

Dans le chapitre des questions, les journalistes ont fait observer que les jeux étaient faits d’avance. L’arithmétique imposée par les opérateurs politiques en ce qui concerne les membres du bureau est révélatrice des calculs politiciens. Ils ont recommandé aux acteurs sociaux d’être soudés pour amener la majorité et l’opposition à publier quelques jours avant les noms des personnes désignées.

Avec sa fougue habituelle, Gérard Bisambu a dit qu’ils ne peuvent pas baisser les bras. Il a  ajouté qu’ils ne se sont pas réveillés  en retard. Une fois de plus, il a fustigé l’arbitraire des opérateurs politiques qui les ont exclus de la CENI.  Il a été relayé par Jean Michel Mvondo, Florence Mbwiti et d’autres animateurs des ong  qui ont dit que tous les acteurs sociaux ne sont pas  inféodés à la majorité ou à l’opposition. A priori, ils sont le « porte parole » de la population. Certains d’entre eux oeuvrent effectivement pour le développement. Ils ont fait remarquer que les médias, catalogués comme membres de la société civile, se doivent à leur tour d’éveiller les consciences en faisant correctement leur travail. 

Jean- Pierre Nkutu

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