Des recommandations pour les policiers à la gâchette facile

pistolet-1024x768Des acteurs impliqués dans la réforme de la Police nationale congolaise, des députés, des délégués du gouvernement, des autorités politico-administratives, des représentants des partenaires extérieurs et de la société civile, ainsi que ceux du commissaire général, de l’inspection générale de la police et du commissariat provincial de la police et quelques journalistes triés sur le volet, se sont retrouvés hier jeudi 27 février 2014, à Notre-Dame de Fatima, pour réfléchir, dans un format très réduit mais suffisamment dynamique.

 Mobile de cette réunion : épingler les cas de meurtres commis par des policiers à la gâchette facile, confronter des idées et dégager des propositions concrètes à soumettre aux autorités. Cadre choisi : le Forum d’échanges sur la problématique de l’utilisation des armes à feu par la Police. Cette stratégie mise sur pied par le Réseau pour la réforme du secteur de sécurité et justice, privilégie des discussions sur les faits relevés sur le terrain en vue de susciter une réflexion commune pouvant aboutir sur des recommandations utiles. C’est cette méthodologie que le modérateur Emmanuel Kabengela wa Kalonji, coordonnateur national du RRSSJ, appelle la logique de la collaboration positive qui a permis d’engranger des avancées notables dans la gestion de certains dossiers ultra-sensibles.

            Intervenant par la suite, le directeur Liévin Mayanga Letre a souligné la préoccupation de la Composante redevabilité externe du Programme  SSAPR, sur l’impact négatif des comportements décriés de l’ancienne police militarisée sur la confiance difficilement rétablie entre la PNC et la population, édifice auquel les partenaires ont contribué par l’appui à une série de projets. Il faudrait, a-t-il dit, que les responsables multiplient non seulement des causeries morales, mais surtout des sanctions à l’endroit des agents reconnus coupables de ces crimes, de manière à sauvegarder la confiance et à capitaliser les acquis de toutes les actions menées pour ce faire.

 Le directeur Mayanga Letre a dit également son embarras quand ils rentrent auprès de la population pour lui demander de faire confiance en sa police, quand cette dernière excelle dans des abus perpétrés par quelques-uns de ses membres. Voilà pourquoi il a préconisé qu’une réflexion de fond soit menée pour restaurer et sauvegarder cette confiance.

            Mais quels sont les faits majeurs qui ont déclenché cette réflexion ?

            Pour le modérateur, tout est parti d’un banal fait divers.  Le 21 février 2014, à 16 H, le chauffeur Akilimali Mubake réparait son véhicule tombé en panne en plein rond-point Mosala, à Kadutu, dans le Sud-Kivu. Le policier Ndambelengese du commissariat de référence de la ville de Bukavu a eu une altercation avec lui. Par solidarité, un autre chauffeur est venu se joindre à cette querelle, autant que la foule des badauds friande de tels spectacles. Un autre policier qui a suivi au loin la scène, a regagné le commissariat où il est allé chercher du renfort. Vite, il a pris deux armes et est rentré au carrefour Mosala, pour discipliner le chauffeur qu’il a abattu de sang-froid.

            Le lendemain, le Tribunal militaire de garnison de Bukavu a ouvert un procès en matière de flagrance contre cinq prévenus dont l’auteur du crime et le commandant du commissariat de référence.

            Pour enrichir la discussion, le commissaire principal Alain Kabengele, expert au Comité de suivi de la réforme de la police, a rappelé le cadre légal régissant la police quant à l’utilisation d’armes à feu, et le code de déontologie, tandis que le commissaire supérieur principal Lola Michel, directeur adjoint de la sécurité publique au commissariat général de la PNC, a fait savoir que la réforme de la PNC étant un long processus, il faudra attendre que la police de proximité soit dotée des équipements non létals, et que l’expérience de la police de proximité soit étendue à toutes les provinces.

Pour sa part, le commissaire supérieur adjoint Florent de l’Inspection générale de la police a brossé les principales missions de son unité, en indiquant que des poursuites sont lancées contre les policiers reconnus coupables d’abus et de crimes. Il a invité la société civile à dénoncer les faits relevés dans leur rapport de monitoring.

            Cette séance s’est clôturée par une série de recommandations.

                                   J.R.T.

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