Des jeunes expérimentent une nouvelle variété de manioc au Bandundu

 « Plus de 150 associations de jeunes agriculteurs en République démocratique du Congo (RDC) recourent de plus en plus au manioc TME 419, une variété améliorée utilisée avec des méthodes adaptées pour accroître la production et contribuer ainsi à la sécurité alimentaire.
Déçus par une ancienne variété de manioc (F100), souvent ravagée par la mosaïque, une maladie des plantes, les jeunes agriculteurs des régions de la RDC où le manioc figure parmi les produits les plus consommés par la population, deviennent de plus en plus actifs en expérimentant, depuis trois ans, le TME 419 qui leur permet d’augmenter leur production », annonce « La Voix du paysan congolais », un trimestriel d’informations agricoles paraissant en Rd Congo, dans sa publication de juin 2012, parue le week-end dernier.
Selon Romain Twarita, 27 ans, Coordonnateur d’une organisation
dénommée « Action des jeunes pour le développement de Nkara (AJDN) », « en 2011, nous avons produit 58 tonnes de manioc TME 419 sur un champ de deux hectares, à raison de 29 tonnes par hectare contre 10 à 12 tonnes par hectare avec le F100 en 2010». AJDN est  une association de 22 membres opérant dans cette zone située à 90 kilomètres de Kikwit, dans la province de Bandundu, au sud-ouest de la Rd Congo.
Le coordonnateur de l’AJDN a indiqué que son association a également recouru à la méthode de «binage» qui, dit-il, «vaut deux arrosages». Il consiste à casser la couche superficielle du sol pour favoriser l’infiltration de l’eau quand il pleut. Les agriculteurs utilisent aussi le «fumier recyclé» et le «compost» pour enrichir le sol en mélangeant des résidus organiques et minéraux.
La grande difficulté, a déclaré le coordonnateur de l’AJDN, est l’insuffisance des matériels de binage et  l’incompréhension des chefs des terres qui vendent cher des portions des forêts de 50 ares à 40 ou 50 dollars selon l’emplacement ».
 
Il a souligné que les 58 tonnes leur ont rapporté 25.520 dollars par rapport aux 10.000 dollars en 2010 et 3.000 en 2009 quand ils avaient commencé. Il a ajouté qu’en 2012, le défrichage et le binage ont débuté en mai.
Cette nouvelle est un motif de soulagement pour les professionnels de l’agriculture en Rd Congo, car voilà plusieurs années qu’ils sont engagés dans une lutte sans merci contre la mosaïque et d’autres maladies qui ne cessent d’attaquer le manioc en Rd Congo. Le Fonds des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) ne fait que lancer des cris d’alarmes pour interpeller les autorités du pays sur les menaces qui pèsent sur le manioc, un produit qui est fortement consommé dans toutes les provinces de la RD Congo.
 
Il reste à savoir si cette variété qui accroit la production dans la province de Bandundu pourrait faire autant dans les autres provinces de la Rd Congo qui n’ont pas le même type des sols. La balle est dans le camp de l’Institut National d’Etude et de Recherche agronomiques (INERA) pour promouvoir ce type de manioc déjà résistant contre la mosaïque sur terrain.
 
Jean-René Bompolonga

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