Des ex-combattants démobilisés rendus utiles à la nation

Après avoir causé la mort des millions des personnes, la destruction des infrastructures routières, sociales et sanitaires, et entraîné le déplacement massif des populations locales, les sales guerres de l’Est, ont lâché dans les zones de conflits, des bataillons des combattants, miliciens et rebelles, dépourvus de logement, d’emploi ou d’activités génératrices des revenus.
Si une grande partie de ces « forces négatives » a été intégrée au sein des unités des Fardc et de la Police nationale congolaise, pour renforcer la défense de l’intégrité territoriale, et assurer la protection des populations et de leurs biens, une autre partie abandonnée à son triste sort avec uniformes, armes et munitions de guerre, continuait à semer l’insécurité dans certains territoires, pour survivre, prenant en otages les populations locales. C’est ce qui explique que quelques poches de résistance des rebelles, des combattants et des groupes Maï-Maï se livrent encore aujourd’hui aux exactions, tueries et viols des populations civiles. Ces anciens militaires et miliciens aux réflexes de rebelles constituent à n’en point douter jusqu’à ce jour, une véritable menace pour la paix et la sécurité des habitants des localités et des secteurs de l’Est.

Le Programme national de démobilisation et désarmement, réintégration et réinsertion, comme il faudrait le souligner, a été mis sur pied par le gouvernement congolais avec l’appui des partenaires extérieurs pour résoudre ce problème épineux de réinsertion des anciens combattants, des miliciens et des anciens rebelles dans la société.

Pour sa mise en œuvre, ce projet qui couvrait la période 2004 – 2007, a bénéficié d’un financement de 100 millions de dollars de la Banque mondiale et la participation des autres partenaires. Pour la période suivante, seule la Banque mondiale est intervenue à hauteur de 50 millions de dollars.
Avec cet appui financier, le PNDDR a démobilisé 107.700 ex-combattants qu’il fallait soit intégrer dans les rangs des Fardc, ou former à quelques métiers ou encadrer dans leurs activités professionnelles, pour leur réinsertion dans la société.

90.000 démobilisés ont été les uns formés, les autres, encadrés dans les activités génératrices des revenus dans lesquelles ils se sont aussitôt lancés après la rébellion. Ils sont ainsi devenus utiles à la nation, au lieu de représenter une menace pour la sécurité intérieure. Et au lieu de se constituer en bandes de malfaiteurs, ils peuvent désormais subvenir à leurs besoins fondamentaux, assurer la prise en charge de leurs familles et contribuer à la diversification des activités économiques dans leurs villages ou territoires.
Voilà pourquoi les partenaires extérieurs ont mis la main à la poche pour la prise en charge de ces artisans, agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, meuniers, menuisiers, cordonniers, ajusteurs-soudeurs, boulangers, fabricants de jus et lait caillé, pour ne citer que ceux-là.

Les résultats palpables de cette formation appuyée par des partenaires extérieurs dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Fao, le Caritas, le BIT et l’INPP, ainsi que le soutien apporté à quelques unités de production lancées par les démobilisés, ont été présentés lors de la Foire-exposition organisée par l’Unité d’exécution du PNDDR, à l’Espace Congo-Loisirs à Lingwala.
Un échantillon assez représentatif de ces activités professionnelles développées par les anciens combattants a permis de dévoiler qu’un grand travail d’encadrement est en train de se réaliser dans les zones frappées par la rébellion et les conflits armés, sous la coordination de l’Unité d’exécution du PNDDR, placée sous la tutelle du ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants.

Il ne reste plus que le gouvernement congolais puisse renforcer davantage ce programme qui a du chemin à faire. Car, comme l’a souligné le ministre Mwando Simba, il ne suffit pas de démobiliser des combattants et des rebelles, mais la tâche la plus difficile est de pouvoir les réinsérer dans leurs communautés. Notons aussi que de nombreux ex-rebelles, anciens combattants et miliciens ne cherchent pas mieux que d’être pris en charge par l’exécutif, après leur démobilisation. Pour la plupart, ils sont préoccupés par les problèmes de leur réintégration au sein de leurs communautés, et attendent du gouvernement, des offres de formation et des propositions d’encadrement.

Faute d’envisager le développement du programme national DDR, la RDC continuera à se plaindre de l’insécurité entretenue dans certains coins du pays devenus des fiefs des anciens combattants, des ex-rebelles et des miliciens où l’autorité de l’Etat est totalement absente.
La relance de l’économie et la réussite du programme de la reconstruction nationale en dépendent largement.


J.R.T.

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