Des épidémiologistes et laborantins en formation

Un atelier de formation du personnel épidémiologiste et des techniciens de laboratoire sur  l’autopsie, la collecte et l’expédition des prélèvements a démarré hier au Laboratoire vétérinaire de Kinshasa. Initié par la FAO, à travers son projet Identify, financé par l’USAID, l’atelier est suivi jusqu’au vendredi 19 août 2011, par une vingtaine d’épidémiologistes et laborantins provenant de 7 pays, à savoir la Rd Congo, Congo, Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Sao Tomé et Principe.

Lisant le message du ministre de l’Agriculture empêché, le secrétaire général de ce ministère, Ali Ramazani, a déclaré que « le contexte sanitaire mondial est dominé par des maladies émergentes et même ré-émergentes qui menacent l’humanité soit directement du fait qu’elles sont en très grande partie communes à l’homme et à l’animal, soit indirectement du fait qu’elles affectent la sécurité alimentaire en provoquant la famine et nuisent à l’économie rurale en pérennisant la pauvreté. »

Le ministre de l’Agriculture estime qu’avec des ressources bien rodées, c’est-à-dire avec des techniciens et experts bien mis à niveau, en plus d’une logistique appropriée, le pivot de la surveillance qui consiste en la détection, l’identification et le monitoring des maladies transfrontalières fonctionnera efficacement.

Il a cité des maladies prioritaires qui posent problème en Rd Congo, à savoir les fièvres hémorragiques à filovirus (Ebola et Marburg); la rage, qui a fait beaucoup de victimes dans nos populations, surtout ici à Kinshasa; la variole des singes, dans les provinces de l’Equateur et du Kasaï oriental; l’anthrax, dans l’est du pays; la fièvre de la vallée du Rift; la fièvre aphteuse,  la peste porcine africaine; la peste de petits ruminants et la maladie de New Castle.

Il a signalé que des agents sanitaires et même certains laboratoires d’analyses ou de recherche ont été impliqués par le passé et même tout récemment dans la propagation des épidémies ci-haut citées. « Nous n’aimerions pas qu’un agent de terrain qui prélève des échantillons de la fièvre aphteuse, par exemple, puisse être à la base de la propagation de cette maladie vers d’autres fermes», a-t-il dit.

Auparavant, l’assistance a suivi le représentant de la FAO, Ndiaga Guèye, qui a indiqué que, selon les données scientifiques disponibles, près de 75% des maladies nouvelles émergentes ou ré émergentes, touchant les êtres humains au début de ce 21ème siècle, sont d’origine animale. « Ce constat, a-t-il dit, pose la nécessité d’améliorer l’identification précoce et l’intervention rapide vis-à-vis des agents pathogènes dangereux chez les animaux avant qu’ils ne deviennent des menaces importantes pour la santé publique Il a conduit l’Agence américaine pour le développement international (USAID) à lancer en octobre 2009, un programme sur les « menaces émergentes de pandémie. »

Il a souligné que la formation aux bonnes pratiques d’exercice du travail quotidien de tout le personnel, qu’il soit de terrain ou de laboratoire, doit être une priorité et aucun agent ne devrait être autorisé à travailler en laboratoire avant d’avoir reçu une formation et la documentation sur les standards appropriés de technique, de sécurité biologique de laboratoire, assurant des conditions de travail adéquates et saines.
Dans la région du Bassin du Congo, a dit Ndiaga Guèye, il existe une différence notable de niveau entre les laboratoires vétérinaires en ce qui concerne leur capacité respective à fournir un niveau de prévention aux risques biotechnologiques conforme aux recommandations et directives internationales. L’atelier de Kinshasa a pour but de contribuer à combler ces lacunes ou faiblesses.

Il n’a pas manqué de relever le fait que la présence des épidémiologistes de terrain à cet atelier répondait également à une préoccupation majeure notée dans tous les pays de la zone du Bassin du Congo et qui se pose comme une contrainte à une surveillance et à un contrôle efficient des maladies dans ces pays. Il s’agit de la faible collaboration entre les laboratoires et les services d’épidémiologie. Il estime que « cette collaboration reste un maillon essentiel de tout dispositif d’alerte précoce et de réaction rapide dans les stratégies de prévention et de lutte contre les maladies animales. ».   
Il a conclu son mot en affirmant qu’il restait convaincu que ces travaux permettront de renforcer les bases de la mise sous assurance qualité des laboratoires et ce faisant de les rendre plus sûrs vis-à-vis des travailleurs et de l’environnement tout en améliorant la qualité des prélèvements soumis pour analyse.

Jean-René Bompolonga

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