Des éléments incontrôlés défient les patrouilleurs de la police

Le secteur englobant les quartiers Kinkole, Mpasa I et Mpasa II, baigne depuis des lustres dans une insécurité galopante. La criminalité a droit de cité dans ce secteur où les habitants traumatisés dès la tombée de la nuit, accusent les éléments incontrôlés de s’adonner impunément aux braquages et autres vols à main armée, comme dans un territoire conquis.
Samedi dernier, ces inciviques rôdant dans les parages de l’établissement d’enseignement supérieur Efobanc à Kinkole, leur lieu de prédilection de braquages, ont arraché vers 22 heures, à un couple, la somme de 350 dollars, 17.000 FC, trois téléphones portables et des bijoux en or de la dame.
Quatre avenues plus loin, retranchés derrière un manguier, ils ont dépouillé vers 22 H 3O’, M. Mpuy, commerçant de son état, qui regagnait à pied son domicile, de toutes les recettes de la journée, ainsi que ses économies dont le montant n’a pas été révélé. 
 
La victime a tenté de réclamer son argent,  mais en vain. Car, un de ces agresseurs lui a braqué son arme, menaçant de l’abattre s’il s’obstinait à les suivre. C’est la mort dans l’âme que M. Mpuy a poursuivi son chemin.
 
Deux jours plus tôt ces inciviques se sont signalés dans une boutique de Mpasa I. Armés de scies à métaux, ils ont tenté de couper les barres antivols qui protègent les fenêtres de cet établissement commercial. Les enfants qui dorment dans ce petit magasin se sont alors mis à appeler au secours. Réveillés par ces cris de détresse, les voisins sont sortis par groupes et ont mis en déroute ces malfaiteurs.
 
La population de ce secteur ne sait plus à quel saint se vouer. Les patrouilleurs de la police opérant dans ce secteur, bien que déterminés à éradiquer l’insécurité qui a dépassé la côte d’alerte, sont souvent désarçonnés d’apprendre chaque matin, les nombreux méfaits commis par ces inciviques.
 
Le mois dernier, le meurtre d’un papa à Mpasa II par une bande de ces malfaiteurs, rappelle les échauffourées ayant opposé les habitants du quartier aux policiers. La victime a été abattue, avons-nous appris, alors qu’il venait de demander à ses enfants habitant un appartement de la maison familiale, de baisser vers 2 H du matin, le volume trop élevé de leur poste de radio. Il allait rentrer dans son salon quand des éléments incontrôlés lui ont exigé de l’argent. Il s’y est farouchement opposé. Avant que ses grands garçons ne sortent de leur appartement, pour s’enquérir de la discussion, un coup de feu avait retenti dans la parcelle. Les enfants ne constateront que le pire : le corps inanimé de leur père, une balle ayant fracassé le crâne. Heureusement pour eux, ils sont parvenus à neutraliser un des délinquants, alors que ses comparses avaient détalé.
La police est arrivée sur le lieu, une heure plus tard. La chasse aux éléments incontrôlés lancée dans les parages, n’a rien donné. Car, ils s’étaient éparpillés dans le secteur tirant dans leur fuite,  plusieurs coups de feu en l’air.
 
Excédée par ce regain de criminalité, la population a demandé aux policiers de laisser le corps sur le lieu jusqu’au matin, pour montrer aux autorités de la ville, l’ampleur de l’insécurité qu’elle vit dans ce secteur et qui mérite d’être enrayée.
 
Des échauffourées ont opposé cette même nuit, les habitants et l’équipe d’intervention de la police dépêchée sur le lieu et qui est parvenue à acheminer le corps à la morgue.
Et comme si de tels incidents ne suffisaient pas, depuis un certain temps, les mêmes inciviques ont entrepris de lancer aux domiciles de victimes ciblées, des avis de vols à main armée.
 
La population s’est organisée en conséquence, en groupes d’autodéfense constitués dans des quartiers, veillant chaque nuit, autour d’un feu de pneus usés. Question de dissuader ces malfaiteurs dont on dit qu’ils ne sont pas prêts à baisser les bras.
Dès que ces « vigiles improvisés » aperçoivent un suspect, ils l’interpellent pour savoir ce qu’il cherche seul la nuit dans les parages. S’il s’agit d’un groupe, les « jeunes
protecteurs » des quartiers font un grand tintamarre avec des sifflets et des bruits de casseroles et des tonneaux qui réveillent les adultes.
 
Depuis que cette stratégie de sécurisation est mise en œuvre dans les quartiers, on enregistre de moins en moins de braquages et de vols à main armée. L’insécurité a baissé de plusieurs crans.
                                 J.R.T.   

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