Des amis de Kengo réclament un nouveau dialogue intercongolais

 

 

L’idée d’un nouveau Sun City fait son bon homme de chemin. Le M23 qui en a fait son cheval de bataille au lendemain de la prise de la ville de Goma suivi immédiatement par l’Union pour la Nation Congolaise. Hier c’était le tour de certaines personnalités proches de Léon KENGO Wa Dondo, président du Sénat et du parti politique «Union des Forces du Changement». Dans une déclaration lue par Michel BONGONGO, Secrétaire général de l’UFC suivie d’une conférence de presse, ces personnalités ont pris l’opinion à témoin de la dégradation déplorable et désastreuse de la situation sociale et politique du pays dès le lendemain de la date fatidique du 28 novembre de l’année dernière qui a porté au pouvoir le régime du Président Joseph KABILA. Cette date, précisent-ils, restera pour la postérité le «symbole inaltérable de la mauvaise gouvernance de notre pays élevée au paroxysme». Notamment par l’organisation de mauvaises élections qui sont à la base de la crise profonde de légitimité. Il y a ensuite l’impunité sous toutes ses formes et particulièrement celle liée aux violences sexuelles, aux violations quotidiennes des droits de l’homme, aux manipulations des groupes armés à des fins personnelles, l’instrumentation de la justice, à l’absence de l’autorité de l’Etat, au népotisme arrogant et outrancier et surtout aux mauvaises relations entretenues avec les pays voisins.

Comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, on observe un mécontentement généralisé, le rejet populaire de certains gouverneurs imposés par le pouvoir, les bruits de bottes au Kasaï, la rébellion au Kivu, la prolifération des groupes armés. Ce qui fait que le Congo vit dans une guerre lui imposée par les pays voisins. Raison pour laquelle, des personnalités politiques estiment qu’il est impérieux d’engager des négociations politiques pour rétablir la cohésion nationale. Des négociations que le peuple voudrait voir se tenir sous l’égide des Nations Unies, de l’Union Européenne et de l’Union Africaine. Ce, autour des principes moteurs dont la réforme de l’armée, de la justice, du système électoral et la concrétisation du processus de décentralisation.

F.M.

Déclaration des partisans des négociations républicaines

Le Congo, notre pays, traverse, depuis la date fatidique du 28 novembre 2011, la situation sociale et politique la plus préoccupante et la plus désastreuse de l’histoire de la troisième République qui a amené au pouvoir le Régime du Président Kabila.

En effet, le 28 novembre 2011 est désormais pour toute conscience congolaise le symbole inaltérable de la mauvaise gouvernance de notre pays élevée à son paroxysme. Depuis cette date, il s’est égrené de façon accélérée un chapelet de méfaits qui ont fini par ébranler de fond en comble la cohésion nationale.

Pour mémoire, il s’agit notamment  de :

– organisation des mauvaises élections qui, par la volonté du pouvoir en place, a installé dans les institutions des hommes et des femmes en majorité privés de la confiance du peuple. D’ou une crise profonde de légitimité qui secoue les entrailles de toute la population congolaise et qui se résume par une seule exigence jusqu’ici refusée au peuple, a savoir : l’accès à la vérité des urnes ;

– impunité sous toutes ses formes et plus particulièrement celle liée aux violences sexuelles et aux crimes économiques ;

– Violation quotidienne des droits de l’homme;

– Restriction de la liberté d’expression et de manifester;

– Manipulation des groupes armés à des fins personnelles et inavouées ;

– instrumentalisation de la justice ;

– Absence permanente de l’autorité de l’Etat ;

– Affaiblissement des institutions de la République;

– Politisation et affaiblissement prémédités et voulus de nos Forces armées, de la Police et des Services de Sécurité ;

– Népotisme arrogant et outrancier;

– Mauvaises relations entretenues avec les pays voisins.

Tous ces méfaits sont commis au nom d’une politique d’exclusion systématique. Cette politique conduit progressivement à une rupture du contrat politique entre le pouvoir en place et la population. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, comme hier aux derniers mois de la fin de la 2è République, aujourd’hui de nouveau la République Démocratique du Congo est en pleine ébullition : mécontentement généralisé des populations par ici, rejet populaire de certains gouverneurs imposés par le pouvoir par là, mouvements de bottes au Kasaï, rébellion au Kivu, prolifération des groupes armés.

La République Démocratique du Congo est dans une guerre que nous condamnons. Cette guerre n’est pas la guerre de l’Est, ni seulement à l’Est. Elle est la guerre contre tout un peuple, par ailleurs, lassé et désabusé par l’incurie de la gestion gouvernementale.

Face à cette situation, les leaders de la classe politique, toutes tendances confondues, et ceux de la société civile doivent prendre leurs responsabilités. La sagesse populaire nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour s’amender et mieux agir. C’est pourquoi, nous les Partisans des  Négociations Républicaines, en sigle PNR, pressons le Chef de l’Etat et les responsables précités à s’assumer dans leurs fonctions régaliennes, politiques et sociales, pour ne considérer que l’intérêt supérieur de nos populations meurtries.

En vue de rétablir la cohésion nationale, il est impératif d’engager les négociations politiques que le peuple congolais appelle urgemment de tous ses voeux. Ces négociations que le peuple veut républicaines et inter congolaises et qui devraient se tenir sous l’égide des Nations – Unies, de l’Union Africaine et de l’Union Européenne, s’articuleraient notamment autour des axes et principes-moteurs suivants :

S’agissant des axes, il nous semble important de soumettre au débat toutes les questions politiques essentielles à la vie et à la survie de la Nation, notamment:

* La réforme des Forces armées, de la Police et des Services de Sécurité, de manière à ce que le peuple congolais trouve désormais en eux l’expression de sa grandeur, de sa dignité et en retire un motif de fierté méritée.

* La réforme du système électoral en y intégrant impérativement une restructuration profonde de la CENI et un recensement général de la population, avant la tenue de toute autre élection.

* La concrétisation du processus de décentralisation avec l’obligation d’aboutir au fédéralisme qui donnera naissance à de grands Etats fédérés au sein de la République Fédérale du Congo.

* La réforme de la justice comme gage de la paix sociale et économique.

Quant aux principes-moteur devant être privilégiés dans l’organisation de ces assises, ils devraient tenir compte du fait que :

* Lesdites négociations ne devraient plus jamais être, comme par le passé, le seul fait du prince.

* La liste des participants à ces assises devrait être constituée paritairement par les représentants de la Majorité Présidentielle, de l’opposition, de la société Civile et de la Diaspora congolaise.

* La neutralité et l’impartialité des participants devraient s’affirmer, en dépit de leur appartenance à des couches politiques et sociales divergentes.

Car l’objectif à assigner à ces négociations demeure celui, non pas de défendre les intérêts d’un camp contre un autre, mais de venir, en tant que citoyen congolais, au chevet de la Nation gravement malade ; et de trouver des remèdes idoines à cette maladie.

Telle est la première contribution du groupe des Partisans des Négociations Républicaines dans ce débat politique sur l’avenir de notre pays.

Fait à Kinshasa, le 23 novembre 2012

Liste des personnalités politiques

Honorable Sénateur Michel BONGONGO

Honorable Sénateur MUTAMBA Dibwe

Honorable Député MATUSILA Pierre-Anatole

Honorable Député LIKULIA Claudien

Honorable Député MATADI Nenga

Honorable Député LUKOMO

Honorable Député Kiro Tsango

Honorable Député TUTU Tedeza

Me Annie BALAYI Kapajika

M. Alexandre MUBALAMA

M. Franck MWEDI Di Malila

M. Adam BOMBOLE Intole

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