Des agents de désordre font la chasse aux colis

 

Alors que le commissaire provincial de la police ville de Kinshasa, sur instruction du gouverneur de la ville, a annoncé lundi dernier au cours de la parade au camp Lufungula, la multiplication des patrouilles de la police pour renforcer la sécurité des Kinois à la veille, pendant et après les festivités de Noël 2012 et de Nouvel An 2013, sur toute l’étendue de la capitale,  des éléments incontrôlés aussi bien de la police que de l’armée ont lancé dès mardi matin, une opération de tracasseries à grande échelle baptisée «  contrôle d’identité et fouille des colis des piétons ».

Au lieu d’assurer la protection des personnes et de leurs biens, comme décidé par les autorités urbaines, ces éléments irréguliers pour certains et actifs pour les autres, visent à arrondir les angles pour se constituer quelques provisions. Si la plupart n’ont aucun ordre de mission pour légaliser cette opération, quelques autres circulent avec des bulletins de service en photocopie, et pire, falsifiés, dont ils exhibent à peine  un bout. Et les plaintes pour ce genre des tracasseries policières fusent de partout.

 

Mercredi dernier, alors que Me Nkashama, avocat de son état, se rendait à son cabinet de travail au centre-ville, il a été interpellé par deux policiers, l’un en tenue qui se faisait passer pour un commissaire de police adjoint, et l’autre, en tenue civile, porteur d’un walkie-talkie et d’un revolver, s’est présenté comme un inspecteur supérieur adjoint. Sans exhiber leur qualité, ils se sont intéressés à la mallette de l’avocat, recherchant des téléphones et des billets de banque, sous prétexte qu’ils avaient reçu mission d’assurer la sécurité. Dès que Me Nkashama s’est empressé de téléphoner aux autorités urbaines en charge de la sécurité, pour vérifier l’information, ils ont vite relâché la mallette du juriste, sauté sur une moto qui les attendait au croisement des avenues Inga et Kasa-Vubu, et pris une destination inconnue.

Mais auparavant, ce sont des éléments incontrôlés dont les uns étaient en civil, et les autres en tenue de la justice militaire, qui avaient soumis à un contrôle de pièces d’identité, un colonel en tenue civile qui traînait une chèvre lui envoyée par des membres de famille dans le Bandundu. En dépit des explications fournies, les irréguliers lui ont exigé l’argent pour qu’il ne soit pas déferré devant l’auditorat militaire supérieur pour ce qu’ils ont qualifié de « divagation d’officier supérieur avec chèvre ». A en croire le colonel, ces éléments incontrôlés ont prétendu que tous les officiers appréhendés n’allaient être interrogés qu’après les fêtes. Pour éviter des ennuis, il était obligé de leur glisser quelques billets de banque dont il n’a pas révélé le montant.

Comme on peut s’en rendre compte, les abords des arrêts de bus, des marchés et de petits ports, des places commerciales, ainsi que des terminus de taxis, sont actuellement envahis par ces « agents du désordre » qui ont juré d’agir à l’encontre  des instructions de l’autorité urbaine, et de poursuivre l’opération tracasseries à vaste échelle qu’il conviendrait de surnommer plutôt «  Pas un colis, sans fouille » et «  pas un sac fouillé sans téléphone et argent soutirés ». A la lumière de ce climat d’insécurité que ces éléments incontrôlés ont instauré dans la ville de Kinshasa, le gouverneur et le commissaire provincial de la police feraient mieux  de repréciser les missions confiées aux patrouilleurs et d’exiger des unités de la police ville de Kinshasa impliquées dans les patrouilles pédestres et motorisées, la traque de ces éléments irréguliers qui ne répondent qu’à leurs instincts, et non à leur hiérarchie, autant que les Kuluna et autres voleurs à main armée.

JRT

                                                               

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