Démarrage à Matadi du procès des infiltrés ex-Faz

 

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Siégeant en chambre foraine dans la salle La Paillotte, le tribunal militaire de garnison de Matadi a démarré hier l’audition des personnes présentées comme des militaires des Ex-Faz ainsi que leurs complices. Au total 83 personnes dont 25 militaires parmi lesquels certains  ont décliné leurs identités comme ayant appartenu aux Ex-Faz, d’autres aux FARDC d’abord sous le régime de feu L.D. KABILA ou ensuite à la branche armée du Mouvement de Libération du Congo de Jean-Pierre BEMBA. Selon le greffier siégeant, toutes ces personnes sont poursuivies pour « désertion avec complot, violation des consignes et désertion simple en temps de paix ». Un journaliste et en l’occurrence le directeur des programmes de la chaine CCTV Matadi, PALATA fait partie des prévenus sous l’inculpation de « participation à une action insurrectionnelle », a-t-on indiqué à l’ouverture de cette audience  foraine. Celle-ci, on l’a remarqué, a été entièrement consacrée à l’identification et à la vérification de la régularité de la procédure devant cette juridiction militaire composée de deux juges.

 

            Ces personnes aujourd’hui inculpées des préventions pouvant les conduire devant le peloton d’exécution, avaient été appréhendées dans la nuit du 31 décembre 2010 au 1er janvier de cette année, dans les cités de Tshela et Sekebanza situées dans la province du Bas Congo, a-t-on rappelé à l’ouverture de cette audience en foraine. Laquelle a été envahie par une assistance nombreuse dans laquelle l’on a remarqué des activistes des droits de l’homme et des badauds provenant des diverses communes de Matadi.

           

Gare aux règlements des comptes !

 

            L’ouverture de ce procès a été commentée en divers sens par les milieux socio politiques tant de cette ville portuaire que de la capitale politique. Pour certains, il s’agit des personnes qui seraient membres de la rébellion que cherchait à lancer l’ancien chancelier des Ordres Nationaux pour perturber l’ordre public et la sécurité intérieure de l’Etat. Faustin MUNENE qui serait placé en détention à Pointe Noire au Congo-Brazzaville est accusé par Kinshasa d’être le cerveau moteur de cette rébellion, raison pour laquelle des officiels de la RDC avaient effectué le déplacement de la capitale d’en face pour négocier son extradition en vue de répondre de ses actes devant la justice militaire du pays. Une procédure qui semble difficile à enclencher pour plusieurs raisons. D’abord, par le fait que s’il existe un traité d’extradition entre les deux Congo, il ne concerne que les cas d’infractions de droit commun. En outre, Brazzaville ne voudrait pas s’aliéner la famille de Faustin MUNENE qui, comme on le sait, est le neveu de feu Pierre MULELE qui avait été torturé à mort dès le lendemain de son retour à Léopoldville à la suite d’un accord conclu officiellement entre les gouvernements de ces deux pays. Une situation regrettable qui avait refroidi pour longtemps les relations entre le régime de feu Marien NGOUABI et celui de feu MOBUTU.

            Cependant, des observateurs attitrés ont émis des craintes que ce procès ne puisse prendre les tournures similaires à celles ayant caractérisé d’autres procès qui avaient focalisé pendant plusieurs mois l’attention de l’opinion pour se terminer en eau de boudin par des sanctions destinées à régler les comptes à des adversaires politiques. Ce fut le cas du «Coup monté et manqué en 1975 qui aurait vu des brillants officiers supérieurs condamnés à de peines de mort sur base des accusations pour la plupart mensongères et fallacieuses. Ce fut le début des purges opérées dans les rangs de l’armée pour la débarrasser des éléments provenant des provinces de deux Kasaï, du Grand Kivu, du Katanga et du Bandundu. Il en fut de même du procès Major Kalume dit affaire des «Terroristes» en 1978 qui a vu la crème des jeunes officiers sortis des grandes académies militaires de l’Occident décimée sans autre forme de procès sur la base toujours des accusations mensongères et fallacieuses. En 1991, une parodie de procès dite affaire des Mutins de la Voix du Zaïre se termina en eau de boudin en direct sur les écrans de la télévision nationale. Il n’y a pas longtemps, le pays a encore vécu un autre procès dit affaire des «Mutins de la Pentecôtiste» qui se termina de manière rocambolesque.

            Le dénominateur commun entre toutes ces affaires, c’est qu’elles se terminent par des peines de mort assorties des confiscations des biens immeubles ayant appartenu aux victimes et que les plénipotentiaires du régime se partagent avec délectation au détriment des veuves et orphelins. Cela, conformément à des dispositions subrepticement introduites dans le Code Pénal Militaire par un éminent professeur de Droit Pénal encore en vie. L’une des célèbres victimes de ces mesures ignominieuses, en l’occurrence le Colonel Raymond OMBA Pene Djunga, aujourd’hui membre du Sénat, condamné à mort à l’issue du procès dit de coup monté et manqué en 1975 a eu l’heureuse idée de saisir la Cour Suprême de Justice par une action en réhabilitation en relevant des éléments contraires aux règles de procédure et dispositions pertinentes de la Charte Universelle des Droits humains contenus dans les décisions ayant sanctionné ce procès.  Mais hélas ! Que d’éminents officiers supérieurs formés dans de meilleures académies militaires du Vieux Continent ont quitté la terre des hommes dans le dénuement le plus complet car les biens qu’ils ont eu à acquérir par la sueur de leurs fronts furent confisqués pour le confort de certains apparatchiks du régime dont certains sont encore en vie mais ont du mal à regarder dans le blanc de l’œil les victimes de ces décisions ignominieuses ou les descendants de celles qui ne sont plus de ce monde.

 

Castro

 

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