Délestages : la Snel appelée à pratiquer l’équité

La reprise des pluies dans la partie Ouest du pays est intervenue, il y a de cela quelques semaines. D’une manière générale, le problème de desserte du courant électrique ne se pose pas avec beaucoup d’acuité pendant la saison pluvieuse. L’explication est simple : l’eau considérée comme source d’énergie est disponible en grande quantité. Mais comme, on n’a pas encore enregistré jusqu’ici de fortes et abondantes pluies à Kinshasa, Bas- Congo… on peut être tenté de dire que le problème d’étiage se pose encore. Certainement qu’on en parlera moins en novembre et décembre.

Le fleuve Congo, on le sait, est alimenté par ses nombreux affluents. L’Oubangi et le Kasai, sont considérés comme deux de grands « pourvoyeurs » d’eau du fleuve Congo. Dès le mois d’avril 2011, les ingénieurs de la SNEL affectés à Inga avaient tiré la sonnette d’alarme. Le niveau d’eau du fleuve Congo avait fortement baissé.
« Depuis 1905, on n’a jamais enregistré une telle baisse de la quantité d’eau sur le fleuve Congo », a-t-on entendu ces derniers mois auprès des dirigeants de la SNEL.

L’étiage n’est pas le seul problème à leur donner des insomnies. Il y a aussi les problèmes du transport d’énergie électrique de la cité d’Inga à Kinshasa, l’assainissement du réseau électrique dans la capitale, le vol des câbles électriques par des inciviques, le recouvrement des créances de la SNEL auprès des services étatiques….
Naturellement, des efforts ont été entrepris ( achat des cabines de décharge, des câbles électriques, des transformateurs ,l’expérimentation du système des compteurs prépayés dans certains coins de Kinshasa..) pour redresser la situation. Cela n’a pas encore donné des résultats escomptés.
Les défis sont énormes pour une ville qui comptait dix millions d’habitants.
La capitale s’élargit chaque jour. Des milliers des kinois domiciliés dans des quartiers périphériques attendent avec impatience l’installation des cabines dans ces « nouveaux » coins. D’autres encore ont vu leurs cabines électriques tomber en panne.

Quand il y a des derbies comme Vclub- Mazembe, Daring Lupopo , des rencontres des Ligues des Champions d’Europe, d’Afrique ou encore de grands événements politiques, économiques, sociaux, les kinois s’agglutinent dans des lieux où il y a des générateurs. Des dizaines des téléspectateurs sont parfois obligés de se placer devant le poste téléviseur d’un quidam pour regarder une rencontre sportive.
Des férus du ballon rond déboursent 200 à 300 francs pour prendre place dans des ciné- vidéo et suivre ainsi des matches de football. Certains propriétaires des ngandas mettent à la disposition de leur clientèle un poste téléviseur. Certes moins critique jusqu’ici envers le comité Mbala, entré aux affaires depuis au moins deux mois, le public lui demande néanmoins de pratiquer l’équité en matière de distribution du courant électrique dans la capitale.
Le constat fait jusqu’ici est qu’en cette période où la SNEL est confrontée à de sérieux problèmes, certaines communes sont apparemment mieux loties que d’autres.

En clair, il est demandé à la SNEL d’assurer une répartition équitable du courant électrique à l’intention de tous ses abonnés.
Il n’est pas rare de voir un quartier plongé dans le noir tout au long de la journée être éclairé vers minuit. Trois heures plus tard, le quartier replonge dans l’obscurité. Est-il aisé de suivre les informations ou encore de repasser les habits aux environs de minuit ? Assurément pas.
Ces désagréments obligent les ménagères à revoir souvent à la hausse leur budget. Quand on sait que le Congolais moyen a un salaire de misère, on se rend compte du calvaire enduré par les pères de famille pour nourrir leurs enfants.

La solution serait de garantir de l’énergie électrique au moins trois ou quatre fois par semaine de manière équitable à tous les abonnés. Ainsi tel coin privé du courant pendant les jours pairs est assuré d’en avoir pendant les autres jours. D’autres encore vont avoir du courant pendant les jours impairs.
Il se raconte de nos jours que les quartiers huppés de la ville jouissent d’un traitement de faveur. En somme, les hommes « d’en haut » s’arrangent pour être servis continuellement, entend-on souvent.
« Cela se fait à notre insu », a-t-on entendu, il y a de cela quelques mois de la bouche d’un ancien dirigeant de la SNEL.

Jean- Pierre Nkutu

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