Décès du patriarche Jean-Jacques Kande Dzambulate

 

Le patriarche Jean-Jacques Kande Dzambulate wa Katoka (82 ans) est décédé le vendredi 4 janvier 2013, à l’aurore, à Kinshasa, alors qu’il était en train d’être acheminé vers la Clinique Ngaliema.

Malade, il avait été admis pendant quelques semaines dans cet établissement hospitalier de la commune de la Gombe avant d’être remis à la famille, à la mi-décembre 2012. Kande s’était isolé sur l’avenue Badjoko A49, croisement avec la rue Djolu, au quartier Matonge, dans la commune de Kalamu, où il vivait depuis 2003 avant de trouver la mort.

A l’époque coloniale, Jean-Jacques Kande était le rédacteur en chef du bi-mensuel congolais «Quinze», dans lequel il s’était particulièrement distingué par une enquête sur les fumeries de chanvre à Léopoldville qui lui avait valu une quinzaine de jours à la prison de Ndolo. Après des études en Europe de l’Est, il était revenu bardé de diplôme après l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale.

Administrateur général de l’Agence Congolaise de Presse (ACP) en 1964, Haut Commissaire – avec rang de ministre – à l’Information en 1965-1966, il avait été l’un des grands donateurs de l’AS V.Club. Elu président du comité sportif de ce club en juin 1975 alors qu’il était le patron de l’Agence de Messagerie Aérienne du Zaïre (AMAZ), située au croisement des avenues Flambeau et Kabinda, dans la commune de Barumbu, avec plusieurs aéronefs desservant le réseau domestique à partir de l’aérodrome de Ndolo. L’homme à la cape engagea une quinzaine de joueurs de football, et même des joueuses de basket-ball, pour donner un statut semi-professionnel à l’équipe.

Avec lui, l’AS V.Club fut officiellement reconnu premier club du pays aux statuts omnisports : football, basket-ball (dames), volley-ball (dames-messieurs) et nantei. Lesquels inspireront d’ailleurs l’élaboration de l’arrêté ministériel 0044, signé fin 1977, qui organisa de fond en comble le mouvement sportif national. Il avait donc été le président du premier comité de coordination des clubs multidisciplinaires.

Avec l’avènement de Sinda Dinzey Ntotila Emmanuel à la présidence du comité de coordination en janvier 1980, Kande Dzambulate avait été désigné Président Général de l’AS V.Club par l’assemblée générale tenue au bar Vis-à-vis, dans la commune de Kalamu. En mars 1982, il avait été porté à la tête du Conseil Suprême, organe nouvellement créé et composé uniquement de trois membres, selon la volonté de l’assemblée générale, à savoir lui-même, Sinda Dinzey Ntotila (qui venait de quitter la fonction) et Pierre Roger Bia Kibasa Mayiza (nouvellement porté à la présidence du comité de coordination) avant de s’ouvrir sur les barons et autres personnalités ayant oeuvré d’une manière ou d’une autre au rayonnement de l’équipe.

Entretemps, il avait été nommé membre du Bureau Politique du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR-Parti Etat), du Comité Central du MPR, Président-Délégué Général à l’Agence Zaïroise de Presse (AZAP), Président de l’Union de la Presse du Zaïre (UPZA), Directeur de la Presse Nationale,  avant de retrouver le poste de Commissaire d’Etat – ministre – à l’Information. Deux ans plus tard, il perdait la moitié de ces tâches.

Editorialiste hors pair, il garnissait son temps en écrivant des Soliloques qui soulignaient, sous sa plume acérée, son grand talent dans plusieurs publications kinoises à travers lesquelles il tournait parfois en dérision quelques pages de l’actualité ancienne ou vivante de la République.

Pour revenir à l’AS V.Club, Jean-Jacques Kande avait démissionné, en janvier 2.000,  sous une forte pression des événements, de la présidence du Conseil Suprême qu’il retrouva début 2.005. Devenu aphone, la maladie l’a empêché de continuer à y siéger à partir de 2008.

Franck Siki

 

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