Débats politiques: l’OMEC tire la sonnette d’alarme

L’Observatoire des Médias Congolais (Omec) est fort inquiet de la manière dont se déroulent, depuis un certain temps, les débats politiques sur les plateaux de plusieurs chaînes de télévision ainsi que les émissions à téléphone ouvert. Un double constat s’impose : d’une part les journalistes chargés de conduire les débats en laissent pratiquement la direction aux « invités « et, d’autre part, ceux-ci font fi des règles de bonne conduite et de tolérance.

 

          Le dernier cas en date est celui de Gabriel Mokia, président du Mouvement des Démocrates Congolais (MDCO) et Baudouin Yolama, présenté comme membre de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP), qui se sont illustrés par des injures réciproques avant d’en venir aux mains sur le plateau de Mirador TV, au cours de l’émission « Sous l’arbre doré « enregistrée préalablement puis diffusée le mardi 05 janvier 2010.

          L’Omec déplore le comportement irresponsable des « invités « de Mirador TV, qui n’ont  pas respecté le public et qui ont distillé, dans l’opinion nationale, une image fort négative de la classe politique congolaise, au sein de laquelle se recrutent pourtant de nombreuses personnalités de valeur. Il saisit cette opportunité pour exhorter les débatteurs au devoir d’écoute les uns des autres et à l’observance de leur code de bonne conduite, tel qu’adopté dans le cadre du processus électoral de 2006.

          S’agissant du débat sus évoqué, l’Omec est singulièrement déçu par l’attitude du Directeur des programmes de Mirador TV, qui a décidé de diffuser, dans sa formule originale, une émission impropre à la consommation du public. Ceci constitue, aux yeux de l’instance d’autorégulation, une violation délibérée de l’article 12 du Code de Déontologie des Journalistes Congolais (Promouvoir la culture nationale, la citoyenneté responsable et les vertus républicaines de tolérance, de pluralisme d’opinion et de démocratie, ainsi que les valeurs universelles d’humanisme : paix, égalité, droits de l’homme, progrès social).

          L’Omec en appelle ainsi au sens de responsabilité des Directeurs des programmes des médias audiovisuels et des journalistes animateurs des débats télévisés en vue d’un choix judicieux de leurs « invités «, de la claire définition des sujets à discuter, de leur encadrement efficient par rapport à la loi et à la déontologie journalistique. Sans le respect des garde-fous éthiques et déontologiques, d’autres cas semblables à celui sous examen pourraient survenir à l’avenir et  ternir  inutilement l’image de la presse congolaise.

 

                   Fait à Kinshasa, le 07 janvier 2010,

 

                   Prof. Munsoko wa Bombe

                        Secrétaire Exécutif

 

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