De Limete au cimetière de Kintambo : U.D.P.S., émouvantes funérailles de Serge Lukusa

Des milliers d’yeux, rougis par la douleur et les pleurs d’une semaine de deuil, ont contemplé, impuissants, les parents de feu Serge Alphonse Dimoka Lukusa : ils se tordaient de désespoir. Leurs  cris stridents, poussés à pleins poumons, ont marqué la mise en terre de leur enfant chéri et la séparation définitive avec sa famille tant biologique que politique. Cette scène pénible et émouvante a été vécue le samedi 09 juillet 2011, au cimetière de Kintambo, dans la commune du même nom, lors de la cérémonie de mise en terre du corps de Serge Alphonse Dimoka Lukusa. En effet, ce jeune homme, membre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (U.D.P.S.), parti politique de l’opposition, n’avait que 33 ans. Il a été fauché à la fleur de l’âge où tout garçon et toute fille rêvent de fonder un foyer et se rendre encore plus utiles à leur pays. Malheureusement, c’est à cet âge qu’il est tombé au front de la lutte pour la démocratisation de notre pays, le 04 juillet 2011, quand les éléments de la Police Nationale Congolaise ont réprimé le sit-in pacifique organisé devant les Bureaux de la Commission électorale nationale indépendante (C.E.N.I.) par son parti pour remettre à ses dirigeants un mémo dénonçant les anomalies constatées dans la révision du fichier électoral en prévision des élections programmées pour fin 2011.

Entourant le caveau où le cercueil de leur ancien collègue reposait calmement pour l’éternité, les ‘combattants’ de l’UDPS ont suivi la prière finale et entonné l’hymne de l’U.D.P.S. avec fureur. Ils sont frappés par le destin et conscients, comme l’a souligné auparavant leur secrétaire général, Jacquemain Shabani Lukoo, dans son oraison funèbre prononcée devant la Permanence de l’Udps,  à Limeté, que la lutte pour la démocratie et l’Etat de droit en Rd Congo est et sera sans concession, jusqu’à la victoire finale, « quitte à y laisser tous nos vies ». Car, pour lui, nous tous en vie aujourd’hui nous mourrons pendant ce 21ème siècle, mais toutes ces morts ne se ressemblent pas ; ce qui compte est de se battre et mourir pour une juste cause, dans la dignité pour laisser un pays prospère aux générations futures.

Depuis la sortie du corps de feu Serge A. D. Lukusa de la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo), le vendredi 08  juillet 2011, dans la matinée, plusieurs péripéties ont émaillé le parcours suivi par le cortège funèbre jusqu’à son enterrement du samedi 09 juillet 2011. Ces différents faits et incidents – notamment ceux ayant émaillé la passage du cortège funèbre devant les Bureaux de la Ceni – ont conduit à une modification de certaines étapes du programme officiel, particulièrement le vendredi. Les éléments de la Police, après avoir empêché le passage du cortège funèbre devant les Bureaux de la Ceni sur le Boulevard du 30 Juin, ont arraché le cercueil entre les mains des jeunes de l’Udps, pour le ramener immédiatement dans la parcelle familiale. C’est de là que la délégation de l’Udps ira de nouveau récupérer le corps pour une exposition devant la Permanence de ce parti, jusqu’au samedi après-midi.

De Limeté au cimetière de Kintambo, des milliers de militants de l’UDPS ont fait une procession de cinq heures à pieds

Après la veillée mortuaire qui a connu la participation des milliers de militants. Pendant la nuit, au niveau de la capitale, toutes les Fédérations et sections de l’Udps confondues se sont jointes à la famille biologique et aux dirigeants nationaux de l’Udps pour exprimer leur douleur et rendre hommage au défunt. La journée de samedi a vu plusieurs personnalités et hôtes, membres des partis ‘frères  et amis’ venir rendre hommage à Serge A. Lukusa. Parmi eux, on a noté une importante délégation des partis politiques et  personnalités faisant partie de la « Dynamique Tshisekedi Président » (DTP). En outre, les Ongs de Droits de l’Homme se sont fait remarquer par la présence du ‘Collectif des Ongs de défense des Droits de l’Homme en Rd Congo’ qui, à l’occasion, a marché jusqu’au cimetière de Kintambo, à la suite du cortège funèbre. On a noté la présence précisément de Me Marie André Muila Kayembe de Toges Noires ; Dolly Ibefo Mbunga de la Voix des Sans Voix (VSV) ; Nsii Luanda S. du Comité des observateurs des Droits de l’Homme (Codho) ;  Christopher Mutamba de la Synergie Congo Culture et Développement (SCCD) et de Dieudonné Kabasonga Nduba des Œuvres Sociales pour le Développement (OSD). 

Avant la levée du corps pour  le cimetière de Kintambo, un pasteur de l’église presbytérienne a prêché l’assistance, basant son sermon sur l’épitre du « Bon samaritain ». La victime agressée sauvagement par les bandits dans la Bible – que le Pasteur a comparé aux «Kuluna» s – et secourue par le Bon Samaritain est comparable à notre pays, la Rd Congo qui est pillée, sa population massacrée, affamée, violée  Ses dirigeants, selon le prédicateur, passent et se soucient seulement de leur  enrichissement égoïste. Ils sont, dit-il, comme ceux qui ont agressé la victime de la Bible. Toutefois, constate-t-il, il y a des nationalistes, les membres de l’Udps, qui depuis longtemps se battent avec acharnement pour remettre le pays sur la voie de la bonne  gouvernance, de la non  violence, de la Démocratie et du Progrès Sociale. Il a conclu que le  Bon Samaritain a risqué sa  vie pour sauver son prochain, comme les membres de l’Udps sont constamment victimes des violation de leurs droits élémentaires, perdent leur vie pour secourir la Rd Congo. Il a appelé toute l’assistance à ne pas abandonner et à lutter jusqu’à la victoire

Après cette exhortation, la levée du corps est intervenue à 13h00’. Toutefois, les dirigeants de l’Udps ont constaté que tout le monde voulait se rendre au cimetière. Ils ont ainsi décidé de marcher, de Limeté jusqu’au cimetière de Kintambo où  ils sont arrivés  vers 17H30’ pour  l’inhumation. Des milliers de ‘combattants’ – estimés sur le parcours au moins à plus de 5.000  participants – se sont ainsi mis en branle, à pieds, sur le Boulevard Lumumba, l’avenue Yolo, l’avenue de l’Université, l’avenue Victoire jusqu’au Rond-Point Victoire. Durant ce trajet,  le cercueil était porté sur les épaules des jeunes de l’Udps. A partir de là, sur tout le parcours de l’avenue Kasa-Vubu jusqu’au cimetière, le cercueil a été placé sur la carrosserie d’un corbillard qui suivait jusque là le cortège. Au niveau du Pont « Lunda Bululu », alors que la tête du cortège entrait déjà dans l’avenue Benseke, à Ma Campagne, sa queue traînait encore à Bandal, au niveau de l’arrêt de bus « Tshibandu et delà, on voyait aisément la foule compacte qui constituait le cortège.

SAKAZ

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