Crise rdcongolaise : Sassou prêt pour la médiation

sassou_nguesso_le_8_avrilPressenti médiateur dans la crise rdcongolaise voici plusieurs mois déjà, le président du Congo/Brazzaville, Denis Sassou Nguessou, semble tenir cette fois le bon bout. En effet, le dernier week-end, il a reçu tour à tour son homologue de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, ainsi que l’Archevêque de Kinshasa, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, une « autorité morale » qui pèse lourd au sein de l’Eglise Catholique du Congo démocratique. Bien que les deux chefs d’Etat et leur suite se soient, officiellement, focalisés sur la situation sécuritaire à l’Est de la RDC, l’état d’application de l’Accord d’Addis-Abeba aux plans tant interne que sous-régional et la suite des négociations de Kampala entre Kinshasa et le M23, tous les esprits étaient branchés sur le projet de « Concertations nationales » qui ne cesse de faire couler encre et salive à Kinshasa.

Les observateurs ont particulièrement retenu des propos de Denis Sassou Nguesso que sa disponibilité était totale dans l’hypothèse où les autorités congolaises solliciteraient sa médiation dans les « Concertations Nationales » initiées par Joseph Kabila, mais dont l’Opposition politique et plusieurs organisations de la Société Civile contestent plusieurs articulations (acte de convocation, dénomination, présidium, format, ordre du jour).

«Les problèmes de la RDC nous concernent directement. Sollicités ou pas, nous les suivons en permanence. Si les autorités congolaises souhaitent notre concours, comment pourrions-nous refuser ? a-t-il lâché au moment de prendre congé de son illustre hôte. Comme pour confirmer l’hypothèse d’une médiation que pourrait piloter Sassou, dont le charisme, la sagesse, la neutralité et la connaissance des dossiers rdcongolais semblent réunir l’unanimité au sein de la classe politique du Congo/Kinshasa, Joseph Kabila, en réponse au tollé que soulève son initiative au sein de l’Opposition intérieure, a laissé entendre que «toutes les options étaient sur la table». L’ombre d’une médiation extérieure s’est davantage précisée à travers cette déclaration du président rdcongolais. «Sur le plan diplomatique, on est en concertation avec tous nos partenaires… On a décidé finalement de continuer à travailler ensemble pour un règlement de la situation à l’Est ou de la situation politique de la RDC en général ».

Et revoici Mgr Monsengwo

Le Cardinal Archevêque de la ville de Kinshasa, Laurent Monsengwo, était aussi à Brazzaville le dernier week-end. Un des sujets évoqués entre les deux personnalités avait trait à la crise politique qui secoue la RDC depuis les élections présidentielles et législatives controversées du 28 novembre 2013. S’adressant à la presse, le prélat a reconnu l’existence d’une crise de légitimité en RDC qui exige d’être résolue par le dialogue entre toutes les parties prenantes, à savoir la Majorité au pouvoir, l’Opposition et la Société Civile.

Parlant du président Denis Sassou comme probable médiateur du futur dialogue entre Congo, Cardinal Monsengwo a estimé que l’intéressé répondait au profil idéal. S’agissant de l’Eglise Catholique, il a insisté sur le respect de son identité et de son indépendance au sein de la Société Civile.

Attention au « prêt-à-porter »

 A l’heure où une médiation extérieure se profile à l’horizon en vue de l’organisation des « Concertations Nationales » ou du « Dialogue national », il est à souhaiter que la Majorité au pouvoir, ainsi que toutes les sensibilités tant de l’Opposition politique, de la Société Civile que de la Diaspora se mettent réellement d’accord sur son format et son contenu. Cette précaution vaut tout son pesant d’or car pour parvenir à la résolution de la crise congolaise et à une réconciliation sincère, il faut un diagnostic sans complaisance de tous les volets de la situation politique, militaire, économique et sociale du pays.

Ce qu’il faut éviter, c’est la projection brutale, sur la table des négociations, d’un « prêt-à-porter » qui placerait les hommes au pouvoir en position de force par rapport aux autres forces politiques et sociales. Car, si les Congolais sortent plus divisés qu’avant des « Concertations nationale » ou du « Dialogue national » où les uns auraient tout à dire et les autres rien à dire, des millions de compatriotes risquent de connaître des jours plus sombres qu’avant. D’où, il y a nécessité absolue que tous les partenaires politiques et sociaux harmonisent leurs vues au sujet des correctifs indispensables à une cohabitation non conflictuelle jusqu’aux prochaines échéances électorales.

 Kimp

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