Crise en Belgique : un Congolais propose Tshisekedi médiateur

Théodore Mukendi Shefu Muya, citoyen congolais et président d’un Conseil en management, a saisi le Roi des Belges, Albert II,  le 8 novembre  à travers une correspondance, afin de lui suggérer un facilitateur pour la résolution de la crise politico-administrative qui sévit en Belgique depuis 3 ans. Déposée à l’Ambassade de la Belgique à Kinshasa, les copies de cette missive ont été aussi envoyées au Secrétaire général de l’Onu et au président de l’Union européenne et aussi aux sièges de différentes institutions nationales dont la Présidence de la République et le Parlement. Animateur d’une ONG de Droits de l’homme dénommé « Forum pour la Culture des textes et la conscientisation des masses(Focutec) », Théodore Mukendi a jugé utile de suggérer la personne d’Etienne Tshisekedi, leader de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social(UDPS), comme médiateur dans cette crise. « En effet, le Royaume de Belgique uni depuis près de deux siècles, aujourd’hui menacé de scission a, de tout temps était aux côtés de la RDC, lorsque celle-ci a connu et lorsqu’elle connait des difficultés dans la marche. 

C’est pour cette raison qu’au nom du principe de la réciprocité et au nom de l’intérêt que le peuple congolais accorde à la crise qui secoue la Belgique, nous vous suggérons M. Etienne Tshisekedi car grâce à sa sagacité les forces politiques, sociales et combattantes regorgeant plus de 450 ethnies congolaises, s’étaient mises ensemble pour aboutir à l’Accord Global et Inclusif » a-t-il argumenté. Puis d’assurer qu’au regard de ses capacités intellectuelles, de sa vision pacifiste et unificatrice, le Lider Maximo ne manquera pas d’aider, dans une certaine mesure, à résoudre cette question qui ronge la Belgique présentement. A en croire Théodore Mukendi, cette offre n’est point une boutade ni une raillerie à l’endroit de la Belgique un acte de civilité que peut manifester toute personne à l’égard de celui à qui on veut du bien. Celui-ci peut aller de haut en bas et vice versa. Aussi, depuis que la RDC est indépendante, elle n’a jamais porté une assistance dans ce sens à la Belgique. En cas d’éclatement, que pourra écrire l’histoire ou que pourra brandir la RDC comme aide apportée à l’éventuelle défunte Belgique ?»

            Pour rappel, depuis des années, la Belgique connait des divergences idéologiques et politiques entre le Nord et le Sud du pays. La crise politique belge est le résultat de plusieurs évènements politiques qui se sont succédé ces dernières années. Les élections du 13 juin 2010 ont encore creusé l’écart entre les deux parties, avec une envie claire des Flamands pour une plus grande autonomie pour leur région. Depuis le samedi 4 septembre 2010, les partis francophones n’hésitent plus à parler d’une fin possible pour le pays, tant les négociations pour la formation d’un gouvernement, en cours depuis le mois de juin, sont bloquées.

            D’autre part, la Wallonie est vue de la Flandre comme une «profiteuse» qui ralentit la croissance de cette dernière.

            Déjà, le 22 avril 2010, la Belgique s’est enfoncée dans une nouvelle crise politique avec la demande de démission du gouvernement suite au conflit entre francophones et néerlandophones sur des questions linguistiques concernant l’arrondissement judiciaire et la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde, ce à deux mois de la présidence du Conseil de l’Union européenne qu’ assume le pays depuis le 1er juillet 2010. Le 26 avril 2010, le roi Albert II, après une tentative de médiation, accepte la démission du gouvernement. Celui-ci s’occupe dès lors d’affaires courantes sur la base de crédits budgétaires votés par le parlement, dits «douzièmes provisoires», représentant le budget nécessaire pour faire fonctionner la Belgique de mois en mois. Il faut savoir que la notion d’affaires courantes est variable et peut aller loin si l’on sait qu’un gouvernement en affaires courantes avait signé le traité de Lisbonne et put le faire approuver par un parlement qui n’avait pas la même majorité que celle de ce gouvernement. C’est là la démonstration d’un pragmatisme belge qui, jusqu’à 2010, a révélé la capacité d’adaptation des hommes politiques et de la population belges. Capacité que d’aucuns qualifient «d’infinie». 

Tshieke Bukasa

 

 

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