Crise des policières en RDC

Un consortium d’ongs, à savoir, la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et des Elèves « Lizadeel », Elaeis et  les associations des femmes avocates, magistrates… battent campagne en milieu universitaire sur le leadership féminin et les violences sexuelles. Le go de cette campagne, destinée surtout aux étudiantes en droit, a été donné  le vendredi 11 février 2011 à l’université Bel Campus. Jérémie Agalia, présidente d’Elaeis a confirmé au Phare qu’ils se rendront aussi à l’Unikin, à l’Université Protestante du Congo.  Alice Mirimo, coordonnatrice dudit projet, l’inspecteur adjointe de la police Chantal Apendeki, Annie Wadi substitut du Procureur au Parquet de Kalamu, Emery Nkanka, secrétaire exécutif de la Lizadeel… ont été les principaux orateurs de cette première journée de sensibilisation.

 

 Susciter auprès des jeunes filles le goût du barreau, de la magistrature, servir sous le drapeau, ou encore faire naître en elles le désir d’être demain des  leaders féminins sont les objectifs assignés à ces journées de sensibilisation.
 Alice Mirimo, Annie Wadi, Chantal Apendeki, Sylvie Diulu ont ensuite  parlé de leurs expériences personnelles. Il s’en est suivi un jeu de questions- réponses sur les difficultés rencontrées par ces juristes  tout au long de leur carrière et les raisons de la montée des violences sexuelles dans notre société.

Apendeki Cinene : 5 % des policiers sont des femmes

 Les étudiants de Bel Campus, quelque peu intrigués de la présence d’une femme officier supérieur de la police à la tribune, ont prêté une oreille attentive aux propos de Chantal Apendeki.
  Elle a d’entrée de jeu  dit à ses consoeurs que  la police  compte 5% d’éléments féminins. Ce faible pourcentage des femmes doit les interpeller. «Cela doit vous  inciter à servir sous le drapeau», a-t-elle souligné.
Evoquant son propre cas, elle a indiqué qu’elle  occupe en ce moment un poste de commandement dans la police.
 Ses subalternes murmurent parfois derrière son dos les paroles suivantes : «  Muasi wana tokotala ye soki akokoka (ndlr nous verrons si cette dame sera à la hauteur de la tâche).
 Et en pareilles circonstances, le chef est appelé à être humain, à user de la psychologie ou encore à appliquer le règlement, a-t-elle précisé.
 Revenant sur sa formation, elle a révélé qu’elle est l’une des rares dames retenues  pour poursuivre  des études supérieures de police  en France.
 Aux demoiselles et jeunes gens tentés de servir sous le drapeau, elle leur a demandé de prendre patience.
 «Le recrutement sera public. Vous connaîtrez les lieux de recrutement dans les tout prochains jours. On a besoin de vous  », a-t-elle indiqué. Toutefois, les recruteurs tiennent compte de la moralité et des aptitudes physiques de futurs policiers.
 Apendeki Cinene a déclaré faire partie de la Commission de Suivi de la Réforme de Police. « Ensemble avec d’autres collègues, nous discutons et proposons des solutions pour qu’à l’avenir le policier congolais soit une personne respectable ».
 De son côté, Annie Wadi a laissé entendre qu’elle a terminé ses études universitaires en 2001 à l’UPC.
En raison de son assiduité aux cours, elle a distingué aux niveaux de 2me Graduat et de la 2me Licence.
 Ses études terminées, elle est entrée dans un bureau d’audit. Et là, elle gérait le personnel et s’occupait de l’administration. Elle a intégré plus tard une société minière, une agence douanière et un cabinet politique.
 «Comme vous vous en rendez compte, le droit» est une filière intéressante, a-t-elle déclaré.
Et d’ajouter qu’en sa qualité de substitut, des personnes  traduites en justice et en mauvaise posture, se montrent parfois discourtoises  à son égard.
 Alice Mirimo a signalé qu’elle avait le statut d’étudiante mariée à l’université. Néanmoins, elle avait été  retenue comme consultante  au ministère des Mines peu après avoir rédigé son travail de fin d’études du premier cycle.
 Répondant aux questions de leurs hôtes sur les problèmes liés à la pratique du barreau et aux violences sexuelles, Sylvie Diulu, Annie Wadi…. ont  fait remarquer que jadis, seuls les  patriciens romains, gens fortunés, défendaient bénévolement les justiciables  au prétoire
 De nos jours, les étudiants finalistes en droit  travaillent dans des conditions difficiles. Les avocats auprès de qui ils travaillent, ne leur donnent souvent rien au début..  Avoir son propre cabinet n’est pas une sinécure, a-t-elle souligné.
 Plusieurs causes ( pauvreté, timidité, comportement léger des victimes, perversion des mœurs.. ) sont à la base de la montée des violences sexuelles , a-t-on entendu.

Jean- Pierre Nkutu  

 

Leave a Reply