Cri d’alarme de médecins spécialistes

Plaidoyer pour une politique d’évacuation sanitaire aérienne en RDC

Un colloque sur l’évacuation sanitaire aérienne (Evasan) s’est tenu samedi à Sultani Hôtel. Les participants à cette rencontre- première du genre en RD Congo – ont appris l’importance de la prise en charge, aussi bien au sol, en vol et qu’après le vol, des malades sujets à transfert d’un endroit à un autre. Il est ressorti des exposés et discussions, qu’il existe des procédures à observer pour faire évacuer un malade par voie aérienne.
 
            Reconnaissant qu’en RDC, l’Evasan est peu pratique du fait de l’ignorance, le Docteur Kitenge a présenté les avantages superbement ignorés du commun de mortels en RDC. « Plus on se développe, plus on a besoin d’Evasan qui n’est pas seulement pour les nantis mais concerne également l’ensemble des citoyens », a-t-il précisé. En vue de faire face aux accidents et catastrophes naturelles, il a expliqué le bien-fondé de cette approche de la médecine.

            Il a poursuivi son exposé en affirmant que médecins et autres acteurs contribuant aux soins médicaux peuvent être en permanence formés en Evasan. L’histoire de la médecine rappelle que la pratique est très utilisée à l’intérieur du pays, par l’Armée particulièrement. 
            Pour sa part, le Dr Bula, membre de l’Association des médecins Evasan (AME), a plaidé pour que les autorités politiques impliquées dans le secteur prennent soin d’équiper les hôpitaux pour que l’Evasan ne s’arrête pas. Il a en outre insisté sur la nécessité de poursuivre la formation jugée indispensable dans tout pays organisé.
            Dans la foulée, il a été donné d’apprendre que le seul fait d’embarquer dans un avion induit des risques. Risques qui peuvent être liés à la raréfaction de l’oxygène, la diminution de la pression atmosphérique, la baisse de température, les bruits et les vibrations, la sécheresse de l’air, le stress du voyage, les accélérations positives ou négatives ainsi que beaucoup d’autres facteurs.
            Avant d’expliquer que l’Evasan est cette partie de la médecine qui permet de prévenir, réduire ou contrôler ces risques, le président de l’Association des médecins Evasan a insisté sur le fait que ces risques s’appliquent à tous les voyageurs. Mais « quand il s’agit d’organismes malades, ces risques peuvent aggraver la maladie jusqu’à tuer probablement le patient ».
            Des recommandations ont été adresséés à quatre niveaux : aux médecins, aux compagnies aériennes, aux facultés de médecine et aux pouvoirs publics. Entre autres recommandations, la formation des médecins capables d’effectuer l’Evasan et le devoir déontologique de préparer correctement le malade avant une Evasan. Aux compagnies d’aviation, il est recommandé une assistance pour la formation en vol des médecins Evasan. Mais aussi former et informer régulièrement  le personnel naviguant sur l’Evasan. L’obligation de tout médecin à se former en Evasan revient aux facultés de médecine. Aux pouvoirs publics, l’élaboration des normes médico-administratives de l’Evasan, d’une politique nationale sur l’Evasan, initier et promouvoir une aviation sanitaire dans le pays et, enfin, voir le ministère de la Santé et celui de  Transports engager de permanents échanges avec l’Ame sur la promotion de l’Evasan.
            Il sied de noter que créée en 2007 et réunissant des médecins de toutes les spécialités ayant des connaissances et aptitude sur l’Evasan, l’Ame se fixe quatre objectifs : partager les réflexions sur l’éthique, la réglementation et les pratiques en évacuation sanitaire aérienne, développer l’Evasan en RDC promouvoir l’information du public et des autorités en matière d’Evasan, créer une relation de solidarité entre les médecins Evasan.
            Au finish, les différents ministres intervenant de près ou de loin dans les secteurs de transport et santé, concernés par l’Evasan ont encouragé cette initiative et pris l’engagement, chacun en ce qui le concerne, d’en assurer la promotion.
 
Sylvestre Saïdi Nyota

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