Crédit et lutte contre la thésaurisation en RDC : une croissance positive

Le secteur de microfinance congolais connaît depuis bientôt 5 ans, un boom particulier. De l’avis des spécialistes, il a même fait un pas de géant dans la voie de son expansion vers le professionnalisme. Et ce, à la satisfaction de toutes les parties impliquées, en commençant par le gouvernement, la Banque Centrale, ainsi que les prestataires des services techniques etc. Mais en dépit de ce succès, un danger guette le secteur. Il s’agit d’une pratique qualifiée de «  cavalerie ». Par cette pratique aux conséquences incalculables, certains clients multiplient des emprunts auprès des institutions de la micro-finance pour pouvoir régler les dettes précédemment contractées. Au cours des séminaires de formation, cette pratique a été dénoncée et condamnée, car pouvant éroder les bénéfices engrangés depuis des années. Au FPM, on ne cesse de prévenir que les partisans de cette pratique courent irrémédiablement vers leur échec et la chute de leurs affaires.

Un regard rétrospectif sur l’évolution du secteur montre que les différents appuis non financiers et financiers ont eu un grand impact sur les activités des IMF en RD Congo. Sa pleine croissance se traduit aujourd’hui par le nombre d’épargnants. Signalons que fin décembre 2009, il se chiffrait à 534.960 contre 183.876 à fin 2007, soit une évolution globale de 191%. Au niveau provincial, on note une croissance de 157% à Kinshasa et 91% au Bas Congo, 90% au Nord Kivu et 287% au Sud Kivu.

Relevons que l’encours d’épargne a évolué globalement de 112 %, soit 76 millions USD à fin décembre 2009 contre 36 millions USD à fin 2007). Cette évolution remarquable tant en nombre d’épargnants qu’en encours marque le retour progressif de la confiance de la population, jadis ébranlée, en la micro finance et réduit la pratique généralisée de la thésaurisation dans le pays.

Quand aux crédits, le nombre de clients ayant obtenu de crédits à fin décembre 2009 est de 210.653 contre 99.785 à fin 2007, soit une évolution globale de 111 %. Cette croissance au niveau des provinces est de 80 % à Kinshasa, 98% au Bas Congo, 69% au Nord Kivu et 154 % au Sud Kivu.  L’encours de crédit a évolué globalement de 75 % (56 millions USD à décembre 2009 contre 32 millions à fin 2007). Le crédit étant un instrument de développement des affaires, cette évolution fait constater un tant soi peu une amélioration de la culture du crédit, une promotion de micros, petites et moyennes entreprises et de l’auto emploi. Cela va sans dire que les IMF ont un impact important sur la réduction de la pauvreté.

Afin d’aider à l’épanouissement de leurs clients, les organisations accordent différents appuis non financiers du genre programme de formation du Fonds de promotion de microfinance ( FPM) exécuté avec succès. Le nombre cumulatif de participants à ces formations a atteint 2.209 au 31 décembre 2009. Ils proviennent de 236 IMF et prestataires locaux de services techniques (PLST) pour une série de 83 sessions organisées par le FPM dans divers modules liés à la gestion des IMF. Afin de mesurer l’impact social des  actions des IMF, le FPM les a formées aussi  sur la gestion de la performance sociale.  Par ailleurs, un total de 63 participants venus de diverses IMF ont été inscrits par le FPM pour les cours du Programme d’appui à la mobilisation de l’épargne dans la Francophonie ( PAMEF ), un programme de formation à distance basé sur la gestion des coopératives d’épargne et de crédit développé par l’Université africaine de développement coopératif de Cotonou ( ex ISPEC ).

Quant aux appuis financiers, ils sont principalement destinés à renforcer la capacité et augmenter la portée des partenaires.  En termes  cumulatifs, les financements ont évolué de la manière suivante : 50 dossiers ont été analysés par le FPM et 25 recommandés aux bailleurs pour financement.16 dossiers ont été approuvés par les bailleurs pour un montant total de $ 2.126.478,  86% des dossiers approuvés sont des subventions ($1.8 million) et 14% des prêts ($306.000). $1.133.903 ont été globalement décaissés au 30 novembre 2009, soit 85% du total des financements échus et 65% du total des accords de financement conclus. 9 dossiers sont en cours d’approbation pour un montant de $ 2,7 millions.

De cinquante (50) demandes de financement analysées, seulement vingt cinq (25) ont été recommandées soit les 50%.  Ceci est dû notamment au très faible niveau généralisé des IMF congolaises, obligeant le FPM à passer par une période de renforcement de capacités, afin de leur permettre d’atteindre les catégories A et B avant les financements effectifs. Néanmoins, le FPM a dépassé son objectif d’analyser un total de 37 dossiers à la fin de novembre 2009.

Il est à noter que la lente évolution des décaissements est en grande partie due à la non atteinte des objectifs par certaines IMF, vu les changements qualitatifs défavorables observés dans le secteur par rapport à la dégradation généralisée des portefeuilles de prêt. Créé par le Protocole d’entente entre la KfW ( Banque allemande de développement ), le Fonds des Nations Unies pour l’Équipement (FENU) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Fonds de Promotion Microfinance (FPM) est la troisième composante du Programme d’appui au secteur de la microfinance (PASMIF) en RDC.  D’une durée de trois (3) ans, le programme a pour objectif d’accélérer la croissance du secteur de la microfinance en RDC par un appui concerté entre les divers acteurs du secteur, c’est-à-dire les institutions de microfinance (IMF), les organisations d’appui au secteur, le gouvernement, la Banque Centrale du Congo (BCC), les bailleurs de fonds et les investisseurs.        

                  JRT

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