Craintes justifiées des membres du comité de politique monétaire

Le processus électoral va bientôt entrer dans une phase critique avec le lancement de la campagne électorale pour le scrutin présidentiel et les élections législatives. Dans ce cadre, les différents candidats vont se déployer dans toutes les provinces du pays pour la sensibilisation des électeurs durant toute cette période. Ce sera, comme on le voit, l’occasion des dépenses importantes pour les états-majors de différents partis politiques et les comités de soutien des candidats indépendants.

A la réunion du Comité de politique monétaire, présidée hier, par le vice-gouverneur de la BCC, Jules Bondombe Assango, cette question des pressions budgétaires tenant à l’organisation du processus électoral, a été examinée avec une attention soutenue. Surtout que ces pressions budgétaires ont une incidence réelle sur la masse monétaire en circulation, les prix des biens et services, ainsi que sur les critères du Programme économique du gouvernement II.
Les membres de cet organe-conseil du gouvernement ont, en dépit du maintien du statu quo en matière d’instruments de politique monétaire, pris deux décisions importantes. Il s’agit d’une part, du renforcement de la surveillance du cadre macro-économique intérieur et international, en vue de répondre de manière idoine à toute perturbation éventuelle. D’autre part, il s’est agi d’accroitre au maximum les ponctions de la masse monétaire en circulation, par le biais des opérations d’adjudications des billets de trésorerie.

En matière de politique budgétaire, les membres du comité de politique monétaire élargi ont recommandé au gouvernement, le renforcement du suivi du plan de trésorerie, ainsi que la limitation des dépenses en devises, en vue de préserver les principaux critères quantitatifs du Programme économique du gouvernement II, conclu avec les partenaires des Institutions de Bretton Woods.
Rappelant la dernière mission de la délégation du département Afrique du FMI dans notre pays, le vice-gouverneur de la BCC a dans son compte-rendu de la réunion du CPM, évoqué les consultations que les experts ont eues avec les autorités congolaises. Leur évaluation a été positive, a-t-il indiqué, avant d’ajouter qu’en dépit de multiples facteurs internes et externes de risque, ces experts ont d’autre part, reconnu les efforts déployés par le gouvernement et la BCC, pour préserver la stabilité du cadre macro-économique et dans la poursuite de la mise en œuvre des réformes structurelles retenues dans le cadre du Programme économique du gouvernement II.

Cependant, a-t-il fait remarquer, compte tenu des changements intervenus sur le plan international et intérieur, le cadre macro-économique a été légèrement modifié. L’objectif annuel d’inflation a été revu à la hausse, soit 17 % contre 13 % auparavant. Et ce, en raison des effets induits de cours mondiaux des produits pétroliers et des produits alimentaires sur le niveau d’inflation au premier trimestre. De même, a fait observer Jules Bondombe Assango, les perspectives en matière d’activité économique ont été réajustées, soit un taux de croissance de 6,9 % contre 6,5 % initialement.
Le vice-gouverneur de la BCC a en outre, fait le tour d’horizon de différents paramètres de la situation économique et financière interne, qui n’ont pas connu de fortes variations.
Pour terminer, il s’est prêté aux questions des journalistes qui ont exprimé des inquiétudes quant aux risques d’inflation importée et aux problèmes récurrents des réserves internationales de la BCC. A toutes ces préoccupations, il a apporté un éclairage qui a édifié plus d’un.

J.R.T.

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