Cour Pénale Internationale : Bemba, nouveau sursis jusque fin 2014

1267628211686Une nouvelle et longue attente vient d’être imposée à Jean-Pierre Bemba Gombo, président national du MLC, sénateur et ancien Vice-président de la République, par les juges de la Chambre de la Cour Pénale Internationale (CPI). Poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, au motif que sa responsabilité morale serait engagée dans les dérapages imputés aux troupes membres de sa rébellion, présentes à Bangui entre octobre 2002 et mars 2003, il ne pourrait être fixé définitivement sur son sort, au mieux, que vers la fin de l’année 2014.

La décision a été annoncée par les juges de cette Chambre le 23 juillet 2013, après avoir constaté qu’au 19 juillet, la défense n’était pas en mesure de lui présenter la liste de 13 témoins à décharge devant disculper Bemba. Toutefois, cette échéance ne pourrait tenir la route que si ses avocats parviennent à ficeler, au plus tard le 25 octobre 2013, leur dissertation relative aux moyens de défense de leur client. Dans le cas contraire, une prolongation supplémentaire du délai de son jugement est à craindre.

Selon les milieux proches de la CPI, l’agaçante lenteur que connaît la procédure est liée aux difficultés, pour la défense, de faire venir à La Haye des témoins à décharge. Jusque-là, seuls 20 témoins ont pu faire des dépositions devant la barre. Depuis août 2012, l’exercice s’avère fort laborieux en raison des problèmes liés à l’identification des témoins à charge éparpillés dans plusieurs Etats, à leur transport de leurs milieux d’origine vers la Suisse, à l’octroi des passeports et visas, à leur sécurité mais aussi au refus de certains de témoigner.

L’avènement de la Séleka au pouvoir a tout compliqué

La disponibilité des témoins à décharge, surtout ceux de nationalité africaine, a été rendue davantage difficile par la victoire de la rébellion de la Séleka sur le régime de François Bozizé. Pourtant, l’on espérait au départ que la chute de l’homme qui avait initié la plainte de l’Etat centrafricain contre Jean-Pierre Bemba allait accélérer les choses. Il s’avère, aujourd’hui, que l’insécurité ambiante à Bangui et dans plusieurs villes centrafricaines a contraint des milliers de Centrafricains à s’exiler en République Démocratique du Congo, au Congo/Brazzaville, au Cameroun, au Tchad et au Soudan.

            Par conséquent, la tâche de la défense dans la localisation des témoins susceptibles d’innocenter leur client s’est terriblement compliquée. Compte tenu de ces impondérables, sympathisants de Jean-Pierre Bemba et militants de son parti sont appelés à s’armer de patience parce que le calendrier rendu public par la Chambre de la Cour Pénale montre que le verdict de son affaire ne pourrait intervenir avant la fin de l’année 2014.

C’est une épreuve bien pénible tant pour le « Chairman », privé de liberté depuis le 24 mai 2008, date de son arrestation à Bruxelles, et écroué à La Haye depuis le mois d’août de la même année, que pour des membres de sa famille politique et biologique, dont les espoirs d’une fin imminente du suspense sont chaque fois déçus.

Kimp  

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