Controverse sur l’état de la nation : l’AMP répond au MLC

Le débat sur l’état de la nation présenté le mercredi 8 décembre par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, à l’occasion de l’an 4 de sa mandature, continue à susciter de réactions dans le microcosme politique national. Louis-Alphonse Koyagialo, secrétaire exécutif adjoint de l’Alliance de la Majorité Présidentielle(AMP), a élevé la voix le vendredi 10 décembre 2010 au siège de cette plate-forme, pour éclairer la lanterne de l’opinion. 

            D’entrée de jeu, le numéro 2 de l’AMP a tenu à souligner que pour ne pas rendre son discours fastidieux, le Chef de l’Etat n’a consacré qu’une dizaine de minutes sur son bilan. Il n’a pas énuméré tout ce qui est fait et n’a donné qu’un échantillonnage visible de ce qui se fait, a indiqué Louis Koyagialo. En clair, a-t-il poursuivi, l’énumération a été faite à titre exemplatif et le Chef de l’Etat nous a plus ouvert une vue sur l’avenir pour dire qu’on ne s’arrête pas sur ce qui est fait, mais plutôt nous ouvrir une voie orientée vers l’espoir. Cette approche n’est pas du tout un nouveau programme, a-t-il répondu aux cadres du MLC. Concernant, l’absence des actions d’envergure pouvant permettre de considérer 2010 comme  année du social, conformément à la promesse du Chef de l’Etat, Koyagialo a tout simplement invité la classe politique à s’abstenir de faire de la démagogie, car le social n’est pas une opération de distribution gratuite de lait et de miel de porte en porte.

 « Non ! On n’a jamais promis qu’on allait faire les tours des maisons pour distribuer des pains aux compatriotes. Tous ceux qui ont suivi attentivement le discours comprennent les efforts qui sont entrepris de manière intensive sur le plan social, particulièrement dans les secteurs de la santé et des infrastructures scolaires… » a souligné l’animateur de l’AMP, tout en reconnaissant que le domaine dit social est vaste.

            Concernant les accusations imputant le blocage de la désignation des membres du Bureau de la CENI à l’AMP du fait, entre autres du non respect de la parité et du refus de la présence du sénateur MLC Jacques Ndjoli, Louis-Alphonse Koyagialo a préféré se référer aux dispositions de la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI.

            En effet, explique-t-il, celle-ci exige que les membres du Bureau de la CENI soient des personnalités non partisanes. A la lumière de cette disposition, l’AMP s’est évertuée à respecter l’exigence légale, en alignant des personnalités qui ne sont pas activistes dans les partis politiques. Cependant, si au niveau de l’opposition, on a désigné des personnalités engagées ouvertement dans des formations politiques, la loi doit s’imposer à tout le monde. « Sinon, il faut nous prouver le contraire et les parlementaires vont tirer toutes les conséquences… » a-t-il relevé. Cependant, pour ce qui est de la parité, il fait appel à la compréhension de ce terme qui ne veut pas dire « cadeau ». Même les compatriotes femmes savent très bien que c’est sur base du mérite que les différents dossiers ont été examinés objectivement sans discrimination de sexe. « Nous avons mis en priorité l’expertise en matière de la gestion des questions électorales. On a retenu des noms qui présentaient une certitude dans la gestion de cette opération très délicate pour notre pays. On ne voudrait pas y aller avec des personnes qui vont commencer à apprendre comment les gérer. Nous n’avons pas des mépris par rapport aux femmes… »

            Au sujet de l’exigence du MLC de voir la majorité justifier le coût « exorbitant» des travaux publics, le secrétaire exécutif adjoint se dit étonné d’entendre cette déclaration de la part d’une équipe dont le gros de la troupe est à l’Assemblée nationale et au Sénat. Leurs membres disposent des droits, en vertu de la Constitution, d’exercer le contrôle sur le pouvoir exécutif. Au lieu de se répandre dans des déclarations à travers les médias, ils n’ont qu’à utiliser les mécanismes constitutionnels de contrôle pour éclairer la lanterne de l’opinion nationale, a-t-il conseillé. « Ils ont encore le temps de le faire. Le faire dans une déclaration politique n’est vraiment pas l’endroit indiqué… » 

Tshieke Bukasa

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