Constitution : Place Sainte Thérèse ce lundi à N’Djili,Kimbuta autorise le meeting anti-révision

Annoncé le mardi 29 juillet 2014 à partir de la paroisse Notre Dame de Fatima, à Gombe, dans une déclaration conjointe signée par Bruno Mavungu (UDPS), Jean-Bertrand Ewanga (UNC) et Martin Fayulu (FAC/Ecidé), le meeting populaire de l’Opposition aura bel et bien ce lundi 04 août 2014 à Place Sainte Thérèse, dans la commune de N’Djili. Alors que l’on redoutait un refus du gouverneur de la ville, André KimbutaYango, ce dernier a répondu favorablement à la demande commune de Bruno Mavungu (Secrétaire général de l’UDPS), Jean-Bertrand Ewanga (Secrétaire général de l’UNC) et Martin Fayulu (Coordonnateur des FAC), lui adressée en date du 28 juillet 2014.

Dans une correspondance portant la date du samedi 02 août 2014, l’autorité provinciale de Kinshasa écrit que « j’autorise la tenue dudit meeting le lundi 04/08/2014 de 10h 00 à 15 h 00 et vous invite, conformément au décret-loi n° 196 du 29 janvier 1999 portant réglementation des manifestations et des réunions publiques, à assurer l’encadrement efficient de vos militants ou sympathisants, de façon à préserver l’ordre public avant, pendant et après le déroulement de l’activité ».

Théoriquement, rien ne s’oppose au rendez-vous que l’Opposition a donné à sa « base » de Kinshasa, avec comme point de ralliement, la Place Sainte Thérèse, dans la commune de N’Djili. Il est à espérer que les éléments de la Police et des services spéciaux, appelés à sécuriser les orateurs et les participants, vont faire preuve d’un maximum de professionnalisme, afin de permettre aux uns et aux autres de communier selon leur vision des problèmes politiques, sécuritaires, économiques et sociaux de l’heure au pays. C’est aussi le lieu d’en appeler au sens de responsabilité des organisateurs du meeting, qui devraient faire montrer de leurs capacités de prévenir les dérapages éventuels de leurs « troupes ». A cet effet, les comités d’encadrement des « militants et combattants » devraient se montrer fort vigilants pour démasquer les trouble-fête potentiels avant qu’ils ne se mettent à nuire.

On rappelle que l’enjeu principal du meeting planifié par l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), les FAC (Forces Acquises au Changement) et leurs alliés de l’Opposition et de la Société Civile s’articule autour de la mobilisation des masses populaires contre l’initiative de la révision constitutionnelle, annoncée en son temps par le Gouvernement, et fortement soutenue par la Majorité Présidentielle, le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) en tête. Bruno Mavungu, Jean-Bertrand Ewanga et d’autres orateurs de leur famille politique et de la Société Civile vont à cette occasion tirer la sonnette d’alarme au sujet du projet d’organisation d’un référendum constitutionnel, en chantier dans le camp de la Majorité Présidentiel, dont la conséquence serait le « déverrouillage » des articles « intangibles » de la Constitution, notamment ceux relatifs au nombre et à la durée des mandats présidentiels ainsi qu’au principe du suffrage universel direct pour l’élection des députés provinciaux.

Dans l’entendement de l’Opposition, modifier la Constitution dans le sens de la non-limitation des mandats présidentiels et de l’élection des députés provinciaux au suffrage indirect serait annihiler toute perspective d’alternance politique en République Démocratique du Congo.

Le meeting de la Place Sainte Thérèse à N’Djili serait aussi l’occasion pour l’Opposition de dresser un bilan, qu’elle estime catastrophique, de la gestion du pays depuis les élections controversées de 2006 et 2011, avec une paix précaire, des conditions de vie infrahumaines pour les masses laborieuses, la concentration des richesses nationales entre les mains d’une poignée de concitoyens, un taux de chômage qui frôle les 90%, des infrastructures routières, sanitaires, scolaires et autres d’une autre époque, la corruption généralisée, l’impunité, les violations graves et permanentes des droits de l’homme, la confiscation des libertés publiques, etc. Bref, c’est un meeting de vérité que l’Opposition se propose de tenir ce matin à N’Djili, sous la haute surveillance des services spéciaux.

On signale que du côté de la Majorité Présidentielle, le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), le PA (Parti d’Action) et le CNC (Congrès National Congolais), à travers les voix d’Evariste Boshab, TryphonKin-Kiey et Pius Mwabilu, sont sortis du bois le mardi 29 juillet pour en appeler, à visages découverts, à la mobilisation de leurs différentes « bases » en faveur de la révision constitutionnelle, par voie de référendum. Ces acteurs proches de la famille politique du Chef de l’Etat ne cachent plus leur « désir » de voir ce dernier rempiler pour un troisième mandat, voire au-delà.

Kimp

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