Congolais, Rwandais et Burundais formés en cinéma d’animation

img_7914_webDes  cinéastes en herbe de la RDC, du Rwanda et du Burundi viennent d’être formés en cinéma d’animation et aux métiers connexes. Initié par le Studio Malembe Maa, une asbl fondée par le réalisateur et auteur  Jean- Michel Kibushi et bénéficiant de l’appui de l’Union Européenne, cette  formation entre dans le cadre du projet Afriqu’Anim’Action. Ce  stage  a été animé par des formateurs venus du Sénégal, du Cameroun, de la Belgique, du Canada… Les stagiaires  ont réalisé 9 films d’animation, dont 6  à l’actif des congolais, et trois autres par les cinéastes  rwandais et burundais. Ces courts métrages, jusqu’ici en version béta, c’est à dire avec quelques retouches à apporter, ont été présentés au public le vendredi 13 septembre 2013  à la Halle de la Gombe. D’ici décembre, des éléments additifs comme les effets sonores, les bruitages…vont être ajoutés à ces béta. La remise des attestations de fin de stage  aux « apprenants » a constitué l’autre temps fort de cette soirée. Les  cinéastes rwandais et burundais n’étaient pas à la Halle de la Gombe..  Le chef de la délégation de l’Union Européenne à Kinshasa, Jean-Michel Dumont et d’autres invités de marque, étaient pourtant présents.

 Le public a apprécié l’excellent travail  abattu par   Fabrice Iranzi, Hénoc Bombolo, Maurice Nkundimana… dans   «La belle et l’oiseau», «La vie continue», «C’est urgent», «Impokotoy….»

Bien  inspirés, ils  racontent l’histoire d’une gamine à qui il avait été demandé de veiller sur son jeune frère.

«Au cas où tu ne parviendras pas à calmer ses pleurs, suis- moi aux champs. Empruntes  la piste la moins entretenue et non celle qui apparaît très bonne,  pour m’atteindre», avait dit la maman. Mais,  Ndoko avait désobéi à sa mère. Finalement, la mère très rusée avait fini par récupérer son enfant avalé par un mangeur d’êtres humains.

Le film sur   la manière dont  les policiers de roulage règlent  la circulation et bien d’autres encore ont suscité l’admiration du public.

Dans  «Prince Losseno». de Kibushi projeté vendredi passé,  l’auteur    raconte la mésaventure d’un roi qui n’avait pas de descendant mâle. Finalement, on s’était  décidé à donner au roi polygame une nouvelle épouse beaucoup plus jeune du nom de Bipepe. Quelques années plus tard, après la naissance du prince héritier, le roi est décédé.

            Dans son mot de circonstance, Jean-Michel  Dumont a fait observer  que le projet Afriqu’Anim’Action est très  ambitieux et  émarge du budget du Fonds Européen de Développement «FED». L’enveloppe globale est de plus de 8 millions d’euros. Au terme d’une compétition à priori très difficile, les Congolais par le biais des Studios Kabako basé à Kisangani et  Malembe Maa ont réussi à bénéficier une partie de ces fonds.  Ce projet vise à lutter contre la pauvreté, préserver les richesses culturelles, tisser des liens entre  artistes de plusieurs  pays. Le Studio Malembe Maa a fait de même.

            L’engagement de l’Union Européenne pour la culture est fondamental, a-t-il précisé. Avec ce projet, les artistes des trois pays sont parvenus à mieux se connaître. On espère que la RDC va retrouver une  paix véritable et une réelle stabilité. Et qu’il en sera de même pour la région des Grands Lacs.

            Afriqu’Anim’Action, a indiqué Jean- Michel Kibushi , est une initiative du Studio Malembe Maa et de ses partenaires. Il vise la formation et la professionnalisation des créateurs des œuvres de l’esprit dans le domaine dit dessin animé  en Afrique. Il s’inscrit dans le prolongement de la formation aux métiers du cinéma d’animation organisée en 2010 suite à l’appel à projet de l’Union Européenne et du Secrétariat des Etats du groupe ACP de Bruxelles dans son programme de coopération d’appui au cinéma  et à l’audiovisuel, 9 ème FED.

Cette formation a  favorisé un partage d’expériences entre formateurs et «apprenants» et  par la même occasion débouché sur le développement du cinéma d’animation dans les Grands Lacs, a-t-il ajouté.

D’août 2012 à septembre 2013, cet atelier  qui s’est déroulé  à Bujumbura et  Kinshasa a atteint ses objectifs : la formation des formateurs, réalisateurs,  auxiliaires – techniciens du cinéma d’animation, la réalisation d’une monographie sur le cinéma d’animation d’Afrique Centrale en collaboration avec Guido Convents journaliste et historien belge, la préparation d’un DVD reprenant les  meilleurs films des jeunes cinéastes en dessin animé…..

            Kibushi a affirmé  que des démarches sont en cours pour la diffusion des courts métrages réalisés par ses «ouailles» dans les chaînes nationales des pays des Grands Lacs.

            Ces films vont aussi  être projetés lors des festivals Amina de Bruxelles, Vue d’Afrique (Montréal), Meknes (Maroc)…. l’année prochaine.

            Appelé à livrer ses impressions au terme de cette soirée, Jean-Michel Dumont a fait savoir que le travail réalisé par les jeunes auteurs devrait être largement diffusé au public. Il a une valeur pédagogique car les auteurs parlent de l’environnement et d’autres thèmes.

Jean-Pierre Nkutu

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