Confusion à la Fondation Mama Mobutu

 
Cadres et agents de la Fondation Mama Mobutu, autrement appelée aussi Fondation Marie Antoinette, se trouvent dans une grande agitation. L’objet de leur tourment n’est autre que la lettre n° RDC/1343/GC/CAB.Min./Aff.SAH.SN/ABM/HK/10 du 30 décembre 2010, signée par le ministre des Affaires Sociales, Action Humanitaire et Solidarité Nationale, Ferdinand Kambere, laquelle entérine de nouvelles mises en place (Commissions d’affectation) du personnel du Centre Féminin Marie Antoinette de Mbandaka. La décision ministérielle a ceci de grave qu’elle confirme la note de service n°1190/MAS/SGAS/Bur.SG/819/2010 du 20 août 2010 signée par le Secrétaire Général de son ministère, Kaseya Gibisi, portant démembrement de la Fondation Mama Mobutu.

            Pourtant, dans un passé récent, le même ministre avait demandé à son Secrétaire Général de rapporter sa note de service, en raison du fait qu’elle n’était pas conforme à l’esprit de l’ordonnance présidentielle créant la structure sus évoquée. En redonnant son feu vert à la note de service de son Secrétaire Général, le ministre Kambere est tombé dans le piège de la violation de l’ordonnance présidentielle, un acte juridique qui ne peut pas être cassé ni par un arrêté ministériel, encore moins par une note de service.

            Le parallélisme de forme voudrait que le ministre des Affaires Sociales commence par solliciter la modification des textes conférant son existence juridique à la Fondation Mama Mobutu, s’il estime que celle-ci ne devrait plus jouir de sa personnalité juridique, de son autonomie administrative et financière, comme c’est le cas actuellement. En agissant tel qu’il l’a fait, il vient de cautionner une grave violation des textes. Car, jusqu’à preuve du contraire, les mises en place au sein de cette institution dépendent de son organisation interne.

            Dès lors, cadres et agents de la Fondation Mama Mobutu soupçonnent le Cabinet ministériel et le Secrétariat général des Affaires Sociales de vouloir faire main basse sur une institution humanitaire qui a toujours fonctionné avec ses propres moyens financiers, modestes soient-ils, et sur lesquels le ministère ponctionne 30% des recettes. Le limogeage, jugé arbitraire, car contraire à l’esprit d’une ordonnance présidentielle, du Directeur général du Centre Féminin Marie Antoinette de Mbandaka, Joseph Manzanza, est interprété comme la suite du plan de privatisation de la Fondation Mama Mobutu par le cabinet ministériel, d’autant que pour remplacer l’intéressé, le cabinet a choisi le Chef de Division provinciale des Affaires Sociales à l’Equateur, Mokosongo Mbinga, celui-là qui est présenté comme le grand fossoyeur de l’école de Mbandaka..
           

Par ailleurs, l’opinion, à l’Equateur, est scandalisée par une autre décision ministérielle, laquelle fait désormais obligation  au Centre Féminin Mama Mobutu de Mbandaka ( Ecole maternelle, primaire et secondaire), Centre Féminin de Gbadolite (Ecoles maternelles, primaires et secondaires), Ecoles primaires Marie Antoinette de Lisanga, Bolingo, Lisalisi, Boboto et Molende, de verser mensuellement 15% de leurs recettes (frais de formation) soit 7,5 % au Cabinet du ministre et 7,5% au Secrétaire Général. Les 85% restants devraient être partagés entre le Service Générateur, la Division Provinciale des Affaires Sociales et toutes les entités administratives concernées par l’arrêté ad hoc du Gouverneur de la Province de l’Equateur.
           

Quant à l’administration centrale de la Fondation Mama Mobutu à Kinshasa, elle est contrainte de défalquer mensuellement 30% de ses recettes pour le compte du même cabinet ministériel.
            L’on s’étonne, dans l’opinion, que les maigres recettes destinées à la prise en charge et à la formation des orphelins, aveugles, filles-mères et autres personnes vulnérables servent au fonctionnement d’un cabinet ministériel et d’un Secrétariat général, réputés émarger au budget de l’Etat, sans compter les fonds qui leur sont alloués au titre des interventions sociales et humanitaires.

D’aucuns pensent que le chef du gouvernement devrait se saisir du dossier de la Fondation Marie Antoinette pour mettre un terme à l’excès des pouvoirs que sont en train de s’arroger le cabinet ministériel et le secrétariat général aux Affaires Sociales, Action Humanitaire et Solidarité Nationale.

                                                            Jacques Kimpozo

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