Concertations nationales : l’UCL réclame la participation des groupes armés de l’Est

Le gouvernement central n’a pas rempli ses obligations vis-à-vis de certains groupes armés actifs de l’Est que la guerre persiste encore. Tel est le point focal de la conférence de presse tenue hier par Me Albert KASHEMWA Bachu, président national de l’Union des Chrétiens Libéraux (UCL), membre de l’Opposition politique, au siège de son parti à Gombe, à l’occasion de son cinquième anniversaire. Il est convaincu que le fait de négliger les différents groupes armés d’autodéfense populaire de l’Est au profit du M23 n’est pas de nature à favoriser une véritable cohésion nationale et une réelle réconciliation entre les diverses communautés tribalo-ethniques.

Au mois de mars 2009, a-t-il rappelé, le gouvernement central avait conclu des accords politiques avec divers groupes armés de l’Est en leur promettant l’intégration non seulement de leurs éléments dans les FARDC avec des grades équivalents mais surtout des cadres politiques dans les institutions nationales et provinciales à tous les niveaux des responsabilités, à l’instar de ceux du CNDP devenu aujourd’hui le M23. Voilà d’où proviennent les frustrations au sein de certaines communautés tribales, dans la mesure où en plus du refus de l’intégration des éléments militaires dans les FARDC, certains hauts responsables politiques de ces groupes armés ont été mis aux arrêts sous divers prétextes. Les plus chanceux ont pris le chemin de l’exil en Tanzanie, au Kenya et au Malawi, rendant ainsi difficile la reddition de leurs éléments qui, faute d’encadrement, se terrent dans les forêts du Sud Kivu, du Nord Kivu et du Maniema. Or, a ajouté Me Albert KASHEMWA, ce sont ces groupes armés d’autodéfense populaire qui bénéficient des assises indéniables au sein des populations rurales parce qu’ils les protègent souvent contre les nombreuses et multiples attaques perpétrées par les FDLR et le M23.

Ces accords avaient été conclus entre le gouvernement central et ces différents groupes armés en présence des personnalités étrangères dont l’ancien président nigérien OBASANJO, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, l’ancien président tanzanien M’KAPA, le représentant  spécial de l’Union Africaine, l’ambassadeur SWING des USA et l’envoyé spécial de l’Union Européenne dans les Grands Lacs. Côté groupes armés, l’on dénombre les MAI MAI de Fizi, de Baraka, de Mwenga, de Walungu, de Kalehe, de Shabunda, d’Uvira. A ce jour, aucun élément de ces groupes armés n’a été intégré dans les FARDC et certains de leurs leaders politiques croupissent dans les prisons de Bukavu et de Kinshasa sans bénéficier d’aucun procès équitable. Le plus récent se nomme Gustave BAGAYAMUKWE qui a été arrêté il y a plus de six mois pour avoir tenté de regrouper au sein d’une direction politique unique tous les groupes armés du Sud Kivu. Cet ancien directeur de l’informatique à la Banque Nationale a d’abord passé trois mois dans les cachots de l’ANR et se trouve détenu aujourd’hui depuis trois mois à la prison militaire de Ndolo. Il n’a jamais été présenté devant le parquet judiciaire ni devant le juge, a signalé Me Albert KASHEMWA Bachu.

Nécessité de libérer les prisonniers politiques

La présence des leaders de ces groupes armés de l’Est à ces concertations politiques en préparation est nécessaire pour favoriser la cohésion nationale et la réconciliation entre les différentes communautés tribalo ethniques de cette partie du territoire nationale. Il serait injuste et maladroit de démarrer les concertations nationales sans avoir au préalable remis en liberté tous les prisonniers politiques. Comment peut-on négocier avec un mouvement rebelle comme le M23 qui trimballe à son palmarès des centaines des milliers des morts, des viols massifs, des destructions méchantes, des déplacements forcés des populations rurales, des pillages des ressources naturelles au profit de ses parrains et négliger les groupes armés d’autodéfense nationale. Ce serait favoriser une politique de deux poids deux mesures, a conclu le président de l’Union des Chrétiens Libéraux.

                                      F.M.

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