Concertations nationales : les attentes des Katangais

 katangaA quelques jours de la fin des Concertations nationales, le Cadre de Concertation de la Société Civile du Katanga a élevé la voix pour exprimer les attentes de ses populations sur les Concertations nationales. Mardi 24 septembre 2013 à Kabinda Center, son Coordonnateur et porte-parole, Jean-Pierre Muteba Luhunga, a souligné que ses congénères réclament la prise en compte de leurs revendications légitimes. Dans le lot, il y a la retenue à la source de 40% et le découpage immédiat du Katanga en 4 provinces constitutionnelles pour « booster son développement ». 

En  effet, a souligné Jean-Pierre Muteba, qui a lu publiquement une déclaration exposant ces perspectives, déjà en 2008 au mois de mai, les populations de 4 futures provinces avaient organisé des marches pour revendiquer l’érection de leurs provinces. « Depuis lors, elles organisent des marches, encadrées par les organisations de la Société civile, pour obtenir des provinces et accéder à un développement éventuel » a-t-il expliqué.

Autres attentes, c’est l’amnistie à tous ceux qui sont en prison. Parmi eux, le Cadre de concertation cite madame Kainda, Tshinja Tshinja et les nombreux Kata Katanga dont le seul tord a été, selon lui, d’avoir accepté d’adhérer à la demande de Mzee Kabila de s’organiser pour défendre la patrie. « Leur patriotisme a été mal, très mal récompensé différemment que dans les autres provinces du pays » ont fait noter ces activistes.

Il convient de rappeler que le chef Maï Maï Tshinja Tshinja est aux arrêts pour s’être illustré dans plusieurs actions négatives, alors que, pour leur part, les Kata Katanga se sont rendus célèbres à cause des incursions spectaculaires, armes en main, en plein cœur de Lubumbashi, bravant ainsi l’autorité de l’Etat.

Toujours dans ce registre des attentes, la Société civile du Katanga réclame la prise en compte dans tous les programmes des problèmes des éléments des Forces d’Autodéfense Populaires(FAP) dont la frustration a abouti à la création de plusieurs groupes armés dont « la seule revendication légitime du reste est la non intégration, la prise en compte dans le DDRRR et la non affectation des plusieurs d’entre eux qui ont été intégrés.

Conflit autour du district de Kolwezi

Le Katanga possédant actuellement 5 districts au lieu de 4, le district urbano-rural de Kolwezi qui comprend les territoires de Lubudi, de Mutshatsha et la ville de Kolwezi n’a pas été transformé en province. Sans chercher à réviser la Constitution, a fait remarquer Jean-Pierre Muteba, nous proposons de repartir les territoires de ce district entre les deux provinces voisines. Ainsi, le territoire de Lubudi serait annexé à la province du Haut-Katanga et le territoire de Mutshatsha qui en son sein la ville de Kolwezi serait lui annexé à la province du Lualaba. « En conséquence, le fleuve Lualaba sera la limite naturelle de ces deux provinces au niveau du pont notamment à la rive gauche, la province du Lualaba et la rive droite la province du Haut Katanga » a-t-il dit.

En définitive, cette répartition résoudrait, selon lui, deux problèmes fondamentaux : d’abord, la production minière actuelle serait repartie de manière équitable entre les deux provinces ; ensuite, les affinités socioculturelles des peuples Sangaphones, proches des Bembas et celles des peuples Ndembu proches des Tshokwe et Lunda, seraient également pris en compte.

     Tshieke Bukasa

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