Compilation des résultats des votes : CENI, le satellite ne rassure pas

La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a fait visiter, en fin de semaine dernière, aux délégués des partis politiques, les kits qui devraient permettre à ses bureaux de vote, de transmettre par satellite, le VSAT plus précisément, les résultats de différents scrutins, à commencer par les élections présidentielle et législatives. Cette transmission électronique des données est présentée à l’opinion comme un des gages supplémentaires de la transparence du processus électoral.

A première vue, il faut saluer la prouesse technologique qui consiste à passer par un satellite pour accélérer le processus de transmission et de compilation des résultats recueillis après la fermeture des bureaux de vote. Hélas, hormis son côté pittoresque, la voie satellitaire ne rassure pas. Les doutes persistent quant à la transparence et à la fiabilité des données électorales,  pour la bonne et simple raison que les témoins des partis politiques, les observateurs de la société civile ainsi que ceux de la communauté internationale sont laissés au bord de la route.

Pour prendre le cas précis des témoins des partis et regroupements politiques, leur présence s’arrête au niveau des bureaux de vote. La CENI ne les a programmés à aucun niveau de la chaîne de transmission des résultats par satellite. Ils sont absents au moment du transfert des données venues des bureaux de vote vers les centres de compilation et d’ici vers le satellite à Kinshasa.

Or, si Daniel Ngoy Mulunda et ses collaborateurs sont animés de l’intention de jouer à fond la carte de la transparence, ils devraient associés les témoins des partis politiques à toutes les étapes de la transmission des données jusqu’à leur transfert vers le satellite. Si les témoins sont tenus à l’écart du voyage électronique des résultats, tout peut arriver, notamment le tripatouillage des données avant leur transport par satellite.

Mais s’il n’est pas possible de faire participer les témoins des partis et regroupements politiques à la transmission électronique des résultats, que la CENI prévoit au moins la possibilité de scannage les procès-verbaux certifiés authentiques à cosigner par les premiers cités avec son personnel, de manière à garantir la conformité des résultats enregistrés au niveau des bureaux de vote avec ceux transmis au satellite. Refuser pareille procédure, c’est pousser les candidats autres que ceux proches du pouvoir à soupçonner la planification de la tricherie, sous couvert d’une technologie de pointe.

L’autre point noir dans le recours au satellite se situe au niveau de la procédure d’acquisition de ce fameux VSAT. Selon des informations dignes de foi, cet équipement technique n’avait pas fait l’objet d’un appel d’offres. Sa commande était passée de gré et gré, ce qui suscite le doute quant à la fiabilité de son fonctionnement. Le serveur central n’héberge-t-il pas déjà, dans son état actuel, des résultats pré-disposés ? La CENI est interpellée, une fois de plus, pour faire en sorte que les témoins des partis et regroupements politiques soient convaincus que rien d’anormal n’affecte le processus de transmission électronique des données électorales.

Kimp

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