Comment en est-on arrivé là ?

Des millions de Congolaises et de Congolais ne cessent de se demander comment leur pays en est arrivé au point de perdre, totalement ou presque, le contrôle de sa partie Est. En revisitant l’histoire récente, l’on ne peut s’empêcher de déplorer les ravages d’alliances contre nature qui ont fait déverser dans les institutions de la République, l’armée et la police nationales, les services de sécurité, les entreprises du Portefeuille, l’administration publique, la territoriale…des milliers d’étrangers d’expression rwandophone revêtus du statut de Congolais.
Ainsi, sans avoir rempli la moindre formalité administrative, ces « frères » et « amis » de la flopée des « Libérateurs » qui ont pris le peuple congolais en otage entre 1996 et 2006 ont acquis autant de droits que des fils et filles du Congo démocratique. Mais, au lieu de s’intégrer dans la société congolaise, les « alliés » des soit-disant « patriotes » ont sournoisement travaillé pour l’affaiblissement de leur prétendue patrie d’adoption, avec pour finalité son anéantissement. 
Mais, à côté du travail de sape des ennemis de la paix et du progrès du Congo, il y a l’œuvre maléfique de ses propres fils et filles. Placés aux affaires et dans des centres de décision, ces taupes intérieures passent le plus clair de leur temps à privatiser des dossiers de l’Etat, comme s’il s’agissait de leurs « ligablos » privés. C’est ainsi que des accords d’Etat à Etat, qui requièrent des avis des experts et des débats publics au sein des institutions avant leur signature ou leur ratification, sont signés en catimini, sans qu’ils soient soumis à une examen sérieux. 
 
C’est pareil pour des alliances politiques et militaires, dans lesquelles des individus dépourvus de mandats de pouvoirs engagent l’Etat congolais, sans consultation du Gouvernement ou du Parlement. La rançon de la privatisation des affaires publiques se traduit, aujourd’hui, par la persistance des situations bizarres, telle cette insécurité récurrente au Nord-Kivu, tel aussi le pillage éhonté des ressources naturelles du pays par des groupes armés étrangers ou internes ; tel également la langue de bois souvent observée lorsqu’il s’agit de condamner la fourberie du Rwanda dans les relations rwando-congolaises.
Les seigneurs de guerre d’hier, aujourd’hui installés confortablement dans les institutions de la République, les entreprises publiques, la territoriale, l’armée, la police, les services spéciaux, devraient expliquer aux Congolais les dessous des cartes dans les accords et alliances qui semblent avoir jeté le pays dans le cycle vicieux d’interminables dettes morales et financières.
La principale leçon à en tirer est que désormais, tout accord ou alliance qui touche la vie de la Nation fasse l’objet d’une large consultation nationale, avant de lever une quelconque option de signature ou de rejet.
 
Kimp

Leave a Reply