Comment désigner les témoins en l’absence de la cartographie des bureaux de vote ?

A quatre jours du démarrage de la campagne électorale conformément au calendrier électoral, la CENI n’a toujours pas affiché les listes électorales comme l’y contraint la loi électorale. Elle n’a pas non plus publié la cartographie précise ainsi que la localisation des 62.000 bureaux de vote devant accueillir les 32 millions d’électeurs enregistrés. Et pourtant, ces indications sont indispensables pour permettre aux candidats et aux partis politiques de mieux sélectionner leurs témoins et de les tenir prêts pour accomplir l’importante mission qui les attend dans le cadre de la lutte contre la fraude.

L’affichage des listes, faut-il le rappeler, permet aux électeurs de vérifier si leurs noms sont inscrits dans les différents bureaux de vote où ils s’étaient fait enrôler et leur permet aussi de relever les cas de fraude, notamment l’enrôlement des mineurs, des doublons, des policiers et militaires, ainsi que des sujets étrangers. De même, la publication des listes électorales bureau par bureau permettra aux électeurs, aux partis politiques, toutes tendances confondues, aux observateurs et aux associations de défense des droits de l’homme de vérifier le nombre des votants à l’issue des opérations de vote.

La cartographie des bureaux de vote

Au cours d’une conférence de presse tenue il y a une dizaine de jours, le président de la Ceni Daniel Ngoy Mulunda a demandé aux candidats et aux partis politiques d’être prêts à aller aux élections qui auront lieu à la date du 28 novembre aussi bien pour la présidentielle que les législatives. Il a insisté pour que les témoins soient désignés absolument en vue d’éviter la situation que l’on a vécue lors de l’enrôlement des électeurs qui se serait déroulé en grande partie en l’absence des témoins des partis politiques.

Cependant, cette préoccupation de Daniel Ngoy Mulunda et de l’ensemble du bureau de la Commission électorale nationale indépendante, ne peut être rencontrée que si et seulement si la CENI donne la localisation précise des soixante-deux bureaux de vote programmés. C’est le seul moyen qui sera offert aux candidats ainsi qu’aux partis politiques de désigner des témoins qui soient proches des bureaux concernés. On ne va tout de même pas déplacer des témoins de la localité de Walungu vers celle de Mwenga et vice versa. L’histoire dira un jour son mot en ce qui concerne les multiples bourrages des urnes qui avaient eu lieu dans les provinces du Nord et Sud Kivu, du Maniema, de la Province Orientale et du Katanga en 2006. Tout cela, parce que la CEI n’avait pas rendu publiques les localisations de différents bureaux de vote.

Ainsi donc, tout retard dans la diffusion de la cartographie des bureaux de vote peut ainsi être considéré comme une manœuvre destinée à empêcher ceux qui vont concourir de déployer les moyens humains de contrôle des opérations à temps. On sait que chaque bureau de vote se transformera en bureau de dépouillement une fois terminées les opérations de vote. La loi électorale stipule que ce sont les procès-verbaux de chacune des opérations et contresignés par les témoins des partis politiques et des candidats indépendants qui serviront des pièces à conviction devant le juge constitutionnel en cas de contentieux électoral.
Outre les localisations de tous les bureaux de vote, la CENI devra donner à tous les témoins des candidats des macarons infalsifiables car lors des procès pour régler les contentieux électoraux, les parties pourraient réclamer la comparution des témoins concernés. Il en est de même pour les agents électoraux qui devront être bien identifiés et surtout munis des macarons infalsifiables. Autant des précautions prévues par la loi ainsi que les us et coutumes internationales pour barrer le chemin aux fraudeurs et tricheurs.

F.M.

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