Comme sous Mobutu, la Prima Curia est de retour

La démocratie a ses valeurs et ses pratiques dans l’exercice du pouvoir d’Etat pour l’intérêt général, la cohésion nationale et la paix sociale. Elle exclut tout forcing politique d’un groupe et toute tentative de division sur des bases extrémistes ou intégristes et  toute polarisation d’opinion extrémiste.

L’expression démocratique tient compte de ces deux niveaux de valeurs et de pratiques pour soutenir le pacte républicain et la volonté sociale de vivre-ensemble. Si les élections démocratiques permettent de dégager une majorité de conscience collective bien compétente qui gouverne et une opposition responsable qui surveille la bonne conduite du mandat des gagnants, il n’est pas permis à l’une et à l’autre de gâcher le pacte républicain et de rompre la paix sociale ou la cohésion nationale par goût  excessif du pouvoir de la par d’une fraction extrémiste de la majorité  ou par instinct stérile de nuisance de la part d’activistes extrémistes de l’opposition.

Le débat actuel sur la révision constitutionnelle à deux années de la fin du mandat présidentiel et avant toute manifestation d’intérêt par le Président de la République pour la prolongation de son mandat, est un faux débat engagé par deux fractions extrémistes qui redoutent, à des fins égoïstes, leurs propres positionnements politiques.

Au lieu de placer l’enjeu démocratique au plan de la défense ou de l’attaque des réalisations du programme gouvernemental, on fait surgir un débat inopportun et confusionniste engagé par des «  faux types » afin de s’offrir une fausse popularité démagogique pour certains Membres de la Majorité et une prophétie  conspiratrice pour une certaine opposition arriviste, parfois même extrémiste.

Il s’agit de deux quadriumvirats  suicidaires de part et d’autre, connus par tout le peuple, pour empester l’atmosphère politique et sociale pendant que se déroule le programme de la reconstruction nationale engagé sous la conduite du Président de la République et exécuté   par son Gouvernement.

Les « quatre fois quatre » de la majorité prétentieuse et le « camp exhibitionniste » de l’oppositions mondaine sont des extrémistes de la cinquième colonne qui font de la révision constitutionnelle, un marché de positionnement politique pour s’afficher utiles dans un camp comme dans l’autre, alors qu’ils sont en perte de vitesse de part et d’autre.

Les effets de la réalisation du programme gouvernemental devraient faire l’objet d’un vrai débat démocratique , dont le peuple seul peut apprécier  la satisfaction de ses attentes ou les correctifs à y apporter. Les voies d’option parlementaire ou référendaire ne sont nullement antidémocratiques si le Parlement ou le Peuple  le souhaitent ardemment à la suite des résultats de fin mandat.

Comment ne peut-on pas comprendre que le Président Joseph Kabila n’a pas besoin d’un quelconque forcing politique pour se faire désirer par le peuple congolais, au regard de ses réalisations et comment peut-on chercher à  annihiler ses acquis démocratiques pour seulement sauver ceux qui redoutent les prochaines échéances politiques, particulièrement les législatives au Grand Kasaï, au Bandundu, à l’Equateur, au Bas-Congo et dans la Ville-province de Kinshasa.

A Kingakati, lors de la dernière réunion avec les Membres du Bureau Politique de la Majorité bien que certains d’entr’eux  ne soient que l’ombre d’eux-mêmes et au dernier Congrès du PPRD à Mbandaka, il a été souligné que la préoccupation principale du Chef de l’Etat est la réussite de son programme gouvernemental, y compris le rétablissement de la paix sur toute l’étendue de la République.

Il a été souligné par le Président de la République à ces deux occasions que la révision constitutionnelle n’est pas à l’ordre du jour. Mais les appétits de la Majorité jouisseuse et de l’opposition belliqueuse veulent réveiller un débat qui satisfait leur gloutonnerie politique.

Ces agents de la cinquième colonne de la majorité et de l’opposition dénommés des « faux types » s’entêtent à remuer le couteau dans la plaie en lançant un faux débat de révision constitutionnelle. Ils veulent énerver la population, discréditer le Président au niveau de la Communauté nationale et Internationale, alors que celui-ci veut faire les choses autrement que par le passé.

Au cœur de ce tohu-bohu : des intellectuels issus d’anciens partis politiques de l’opposition radicale, de la diaspora, des universités locales et des partis politiques ayant servi les intérêts étrangers dans la Région. Ils veulent faire croire à l’opinion nationale qu’ils seraient devenus les plus grands défenseurs de  la cause du Président Joseph Kabila, alors qu’une grande partie des Congolais témoigne favorablement de son œuvre, grâce aux efforts fournis pour les infrastructures routières et sociales et le grand réajustement macro-économique, ainsi que pour les quelques avancées politiques significatives, bien sûr  à la limite de toute œuvre humane.

A ces lugubres personnages se sont ajoutés certains obscurs cadres de la Majorité issus du « Groupe 1 du 3 mai 2014 » et  ceux du « Front de refus » de l’opposition mercantiliste, en quête de positionnement politique dans le prochain Gouvernement de cohésion nationale.

Laissons le temps au temps

 

            Ce débat sur la révision constitutionnelle est une incantation de ces « sorciers de la République », comme ce fut jadis le cas avec la «  Prima Curia » qui distillait dans l’opinion, l’idée d’un régime de Mobutu illimité. Ils n’ont jamais servi à rien : ni le Président de la République, ni le Peuple Congolais, moins encore le Pacte Républicain ou la Paix sociale. Ils sont des agents-trouble ou des agents-double pour leurs propres intérêts égoïstes. Laissons donc le peuple s’assumer devant ses responsabilités historiques.

Sur le plan de l’histoire, il faut retenir que la longue crise congolaise tire son origine de trois faits marquants, à savoir la révocation par le Président Joseph Kasa-Vubu du Premier ministre Patrice Lumumba en septembre 1960, issu d’une large majorité parlementaire en juin 1960, l’éviction par le même Président Joseph Kasa-Vubu du Premier Ministre Moïse Tshombe en juin 1965, suivie de la nomination du Premier Ministre Evariste Kimba issu de la minorité parlementaire en octobre 1965 et le report des élections présidentielles  à mars 1966, alors que la Constitution de 1964 prévoyait celles-ci pour  novembre 1965.

Le Président Kasa-Vubu n’a fait qu’ouvrir la voie au Coup d’Etat de Mobutu en novembre 1965. Et depuis lors, on a connu pendant près de cinquante ans une succession de rébellions et de soulèvements de groupes armés jusqu’à l’effort consenti par le Président de la République et les FARDC en 2013 pour vaincre les derniers mouvements insurrectionnels du Nord-Kivu et d’Ituri..

Les élites politiques extrémistes de la majorité et de l’opposition jouent avec le feu en voulant rallumer les anciens démons de la guerre civile en RDC. Ces élites politiques extrémistes pour leur propre repositionnement  se recrutent, comme par hasard au Centre et à l’Ouest du Congo, mais le feu  brûle  toujours dans la Province Orientale, dans le grand Kivu et au Katanga considérés  comme de grandes zones moins contrôlées par le pouvoir central lointain de Kinshasa. Voilà donc la réalité qui se manifeste malheureusement encore aujourd’hui et qui devrait interpeller les éléments de la cinquième colonne tapis aussi bien dans la Majorité arrogante que dans l’Opposition médisante avec leurs actuels élus fraudeurs dans leurs fiefs électoraux respectifs.

On comprend donc l’agitation des uns et des autres laquelle les pousse à donner l’impression qu’ils défendent la cause du Président de la République ou de la Majorité sereine pour les uns et la cause de l’opposition radicale responsable pour les autres. Il n’en est rien, ils veulent perturber les prochaines échéances électorales à cause de la peur qui les habite face à leurs éventuels et probables échecs.

Le rôle des élites n’est pas d’alimenter les incertitudes mais plutôt d’ouvrir des pistes à la construction sereine d’une société moderne, gage d’un avenir meilleur pour les Congolais de tous les âges. Au reste, c’est aux élites perverses, prêtes à vendre leur âme au plus offrant « pourvu qu’elles accèdent à la mangeoire » que feu Laurent-Désiré Kabila faisait allusion lorsqu’il parlait de « Conglomérat  d’aventuriers et d’opportunistes », c’est-à-dire des hommes et des femmes qui font constamment parler leur ventre et qui sont prêts à ressusciter ou consolider le drame des guerres sans fin dans une partie de la République pour autant que cela leur permette de demeurer aux affaires.

Il faut arrêter cela. Ici et maintenant.

Anaclet

KabongoMakanda,

Analyste politique

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