Cobra Matata négocie sa reddition

Contrairement à l’annonce faite par le gouvernement confirmant la reddition de Cobra Matata, l’un des ex-seigneurs de guerre en Ituri, dans la Province Orientale, le porte-parole militaire de la Monusco, le lieutenant-colonel Felix Prosper Basse, a plutôt nuancé, hier mercredi 12 novembre 2014, que ce chef de guerre et ses miliciens du Front de Résistance Patriotique de l’Ituri(FRPI), sont, depuis le 1er novembre dernier, en négociations avec les autorités congolaises, en vue d’une future capitulation volontaire. « La Force de la Monusco suit de manière étroite les progrès liés à ce processus, et se tient prête à apporter tout son soutien en vue de faciliter son déroulement », a annoncé le casque bleu.

            En effet, a-t-il poursuivi, tous les postes opérationnels du bataillon bangladais de la Force onusienne déployés dans le secteur concerné, notamment à Aveba et Bukiringi, surveillent de près le déroulement de ce processus et coordonnent avec les FARDC, toute action nécessitant le soutien de casques bleus dans cette initiative de reddition volontaire d’élements du FRPI.

            Pour sa part, le numéro 2 de la Monusco, le général Abdallah Wafy, a aussi précisé qu’avec près de 800 combattants et 400 dépendants, donc 1200 personnes, ce chef de guerre est toujours à Aveba et a clairement manifesté son intention de se rendre. « Le général Delphin Kayimbi, chargé de DDRRR, est en route pour aller fixer les modalités pratiques de cette reddition. Naturellement comme dans des cas de ce genre, Cobra Matata et son groupe demande à bénéficier de l’amnistie, l’intégration dans les FARDC, la reconnaissance des grades, etc. Mais cela releve de la seule discretion des autorités congolaises… », a martelé le général Wafy.

            Il convient de noter que Cobra Matata n’est pas à sa première reddition annoncée. Il est à la tête de l’une de nombreuses milices qui se sont affrontées de 1998 en 2006, causant plus de 5.00 morts et 50.000 déplacés en Ituri, région riche en minerais et en pétrole. En 2006, le chef de la milice Frpi était intégré dans l’armée congolaise avec le grade du général, avec d’autres chefs rebelles et ses miliciens étaient démobilisés.

            Mais peu de temps après, Matata n’a pas tardé à rentrer au maquis après que l’un des leaders de la milice, Germain Katanga a été transféré à la Cour pénale internationale (Cpi), à la Haye.

            Traqué par de nombreuses opérations militaires de l’armée et de la force des Nations Unies, Matata a, plus d’une fois, été annoncé mort au cours des combats. Tout comme, sa reddition a été annoncée   à plusieurs reprises.

            Cette fois, le gouvernement se veut rassurant. « Ça fait des années que ce seigneur de guerre annonce sa reddition. Il se rebiffait à la dernière minute. Cette fois-ci, ça semble être la bonne puisqu’il est déjà avec les éléments de forces régulières qui ont reçu ses équipements et armements », a déclaré Lambert Mende.

Tshieke Bukasa

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