Coalition pour cracher sur des millions de mort en RDC :messieurs, le jugement de l’histoire sera terrible !

Le Premier ministre belge, Yves Leterme, vient de jeter un pavé dans la mare en révélant que six Etats des Grands Lacs, se proposent de ficeler une réaction commune au rapport du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies, au sujet des violations des droits de l’homme et du droit humanitaire en République Démocratique du Congo entre 1996 et 2003. Parmi les six, il a cité nommément la RDC, l’Ouganda et le Rwanda. Selon le même homme d’Etat, le président rwandais Paul Kagame, qu’il a rencontré New York, en marge de l’Assemblée Générale de l’ONU, continue de contester « des éléments de contenu et de conclusion » de ce rapport. 

            Cette information, qui intervient à une semaine de la publication formelle du « Mapping Report » faisant état d’un authentique génocide qui a eu pour cadre le territoire congolais, ne fait que troubler davantage les esprits des millions de Congolais. 

Yves Leterme vient de confirmer, par là, ce que redoutaient nombre de nos compatriotes, à savoir l’attitude équivoque du gouvernement congolais face à des massacres, tortures, viols, destructions méchantes d’infrastructures… ayant eu pour victimes des millions de citoyens de la RDC.

            D’aucuns pensent que si les officiels congolais acceptent effectivement de participer à cette réponse commune pour tenter de déculpabiliser des Etats va-t-en guerre, qui n’avaient aucun égard pour la vie et la dignité des Congolais pendant leur « safari » militaire sur le sol de nos ancêtres, le jugement de l’histoire, incontournable, risque d’être impitoyable pour eux. Ils vont être condamnés, sans appel, non seulement par la génération actuelle des Congolais, mais aussi par les générations futures. Aujourd’hui comme demain, des citoyens de ce pays vont continuer à chercher des réponses introuvables à la « défense commune » RDC-Ouganda-Rwanda et consorts face à leurs frères, sœurs et parents massacrés, torturés, violés, « pillés » à la suite de la haine de certains hommes envers leurs semblables. 

Des faits troublants 

            Lorsque les Congolais entendent parler d’une réaction commune, ils se demandent s’ils se rapportent aux violences sexuelles et contaminations volontaires des civils congolais au Vih/Sida par des militaires rwandais, ougandais et burundais, pourtant dénoncées en son temps par des organisations nationales et internationales de protection des droits humains mais aussi par le gouvernement congolais, aujourd’hui prêt à se solidariser avec des gouvernants génocidaires d’Etats voisins.

            La même interrogation est soulevée face aux actes de sabotage tels celui de l’arrêt volontaire des turbines du barrage hydroélectrique d’Inga, au Bas-Congo, avec des retombées catastrophiques sur des milliers de malades sous respiration artificielle ou sur des tables d’opération, des femmes en phase terminale d’accouchement, et des prématurés sous couveuses ou encore l’abattage d’un avion civil sur l’aéroport de Kindu.

Les Congolais s’interrogent aussi pour savoir si le gouvernement congolais est d’accord pour que soient versés, au compte des pertes et profits, des morts et mutilés des affrontements à l’armement lourd, en pleine ville de Kisangani, entre armées rwandaise et ougandaise.

Le sang des Congolais a tellement coulé, gratuitement, entre 1996 et 2003, qu’il est difficile de croire à l’émergence d’un front commun entre Kinshasa, Kigali, Kampala et autres capitales des Etats des Grands Lacs, dans le dessein inavoué de « vouloir effacer le tableau ».

            S’il est démontré, à travers la réaction commune, que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité n’ont jamais été commis au Congo entre 1996 et 2003, l’on serait en droit de se demander pour quelle raison l’Etat congolais avait accepté de livrer à la CPI (Cour Pénale Internationale) trois de ses citoyens, à savoir Thomas Lubanga, Germain Katanga et Matthieu Ngudjolo. On croise les doigts et on invoque les mânes des ancêtres pour que le Congo démocratique se désengage de la coalition formée pour cracher sur des millions de morts congolais.

                                                                                  Kimp

 

 

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