Cinq mois d’arriérés des salaires : Miba, punition post-électorale ?

Depuis le vendredi 6 janvier 2012, les cadres et agents de la MIBA (Minière de Bakwanga) ont déclenché une grève illimitée. Bien avant cela et sous forme de préavis de grève, un groupe d’agents avaient barricadé toutes les entrées et sorties conduisant au fameux Polygône minier d’où sortent les minerais produits par cette société d’économie mixte. C’était leur façon d’exprimer leur mécontentement face au silence observé de la part des autorités quant à l’égard des revendications salariales et des conditions de travail leur soumises par l’Intersyndicale des agents.
En effet, les agents totalisent cinq mois des salaires impayés en plus d’autres avantages dus telles que les primes des heures supplémentaires et autres reconnues par les prescrits pertinents de la Convention Collective. Tout est donc à l’arrêt à la MIBA, notamment du côté des installations industrielles, des carrières minières et de l’administration centrale. Des réunions se tiennent sans désemparer au Cercle Sportif de cette société d’économie mixte entre les agents et les responsables des différents syndicats.

Une punition qui ne dit pas son nom ?

Toujours selon des sources proches de l’Intersyndicale de la MIBA, outre les arriérés des salaires, le malaise est si profond au sein des cadres et agents de cette société d’économie mixte qu’il faudra une thérapeutique de choc. En effet, au lendemain de la prestation de serment du chef de l’Etat, le gouvernement de la République, par les voies de trois de ses ministres, avait signifié à la MIBA le désengagement de l’Etat congolais dans le programme actuel de redressement lancé depuis près d’une année avec un pré-financement de 10 millions des dollars Us logés dans un compte de la Banque Centrale du Congo et géré conjointement par le cabinet du chef de l’Etat et celui du ministère du Portefeuille. Il y avait eu tout d’abord une correspondance émanant de Mme la Ministre du Portefeuille signifiant l’arrêt des subsides de l’Etat et demandant à la direction générale de la MIBA de se prendre en charge. 

Elle sera suivie deux jours après d’autres provenant des ministres des Mines et des Finances confirmant les mêmes mesures. S’agit-il d’une punition post-électorale qui ne dit pas son nom ? Curieusement, les initiateurs de la dite décision n’ont pas pris en compte la dimension sociopolitique et les risques d’implosion sociale au niveau des familles des bénéficiaires des emplois directs et indirects créés par cette société d’économie mixte. Laquelle en temps normal génère des recettes de l’ordre de 300 millions des dollars Us l’an pour le compte du Trésor Public.

Dans les salons et milieux politiques des villes de Kananga, Mbuji-Mayi et Tshikapa ainsi que les localités avoisinantes, cette mesure est considérée comme une punition à l’endroit des électeurs de ces deux provinces qui avaient voté massivement en faveur du candidat N° 11 à l’élection présidentielle du 28 novembre dernier. Et la question : avec quelle trésorerie et quelle production la MIBA pourra-t-elle continuer à fonctionner ? Est-ce que le gouvernement va-t-il laisser les coudées franches aux responsables de la MIBA pour signer des contrats de prêts bancaires pour relancer la production ? Des voix commencent à s’élever au Grand Kasaï pour rappeler que c’est la MIBA qui avait soutenu l’effort de guerre entre 1998 et 2003 à l’époque où la Gécamines ne produisait même pas un clou. Quelle ingratitude, ne cesse-t-on d’entendre ? De plus, l’Etat congolais est lourdement endetté vis-à-vis de la MIBA pour un montant colossal provenant des divers décaissements pour financer la guerre contre le RCD et le MLC.       

A.MUZITO non tenu informé !!!  

Aussi curieux que cela puisse paraitre, des copies de toutes ces trois correspondances ont été réservées uniquement au Directeur de cabinet du chef de l’Etat et non au Premier ministre et chef du gouvernement. Lequel ne l’a appris que grâce à certaines fuites organisées au niveau des ministères évoqués ci-dessus. Cette mesure le place dans une situation inconfortable de porte-à-faux dans la mesure où, outre ses alliances matrimoniales, il y a une année, lors de son séjour d’inspection au Kasaï Oriental, il avait promis de relancer la MIBA avec un financement dont la première tranche à libérer progressivement se chiffrait à la somme de 10 millions des dollars Us.

F.M.  

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