Cinq braqueurs neutralisés par la Police criminelle

braqueurs Après le braquage en série des agences de transfert des fonds de la ville de Kinshasa, au dernier semestre de 2013 et au premier trimestre de 2014, ces établissements ont renforcé leurs dispositifs de sécurité avec le système d’alarme, des caméras de télésurveillance et des équipes mixtes de garde. En plus, certains de ces intermédiaires financiers peuvent à la première alerte, joindre des unités de la police pour une intervention urgente. C’est ce qui a poussé les malfaiteurs à battre en retraite et qui explique la trêve de courte durée que s’est imposée la pègre, avant de rebondir au début de cette année, sur de nouvelles victimes.

            Les bureaux de change moins sécurisés, de cibles faciles pour les bandits, sont alors visités les uns après les autres. Le 27 janvier 2014, vers 10 H, une bande de cinq braqueurs alignant trois hommes en uniforme se signale au bureau de change Rémy, situé sur avenue Kabambare n° 228, commune de Lingwala. Les caissiers n’ont pas eu le temps de se mettre à l’abri que les malfaiteurs les ont neutralisés avec leurs armes.

            Que personne ne bouge, a lancé un braqueur, l’air menaçant, pendant que ses comparses passent à la caisse pour s’emparer du sac de devises.  Il contenait la bagatelle somme de 44.000 dollars. Le policier commis à la garde de lieu, qui n’a pas eu le temps de faire usage de son arme, est ciblé. Des coups de feu crépitent. Cet élément de la Brigade de garde est mortellement blessé. Au moment où les passants suivaient de loin, cette scène de braquage dans un quartier à la circulation intense des piétons, les braqueurs remontaient à bord d’une voiture qui les attendait moteur en marche. Des minutes plus tard, les témoins déploraient le climat d’insécurité qui règne dans la ville de Kinshasa.

            Les brigands sont allés faire les comptes de ce braquage. Après le partage du butin, ils se sont offerts une semaine de repos. Au mois de février 2014, leurs complices vont les aiguillonner vers une cambiste de la commune de Ngiri-Ngiri. Le jour des faits, il est 9 H 30’. Le bureau de change de Maman Lingole Bolemendjo venait d’ouvrir ses portes pour servir les premiers clients. Le marché Bayaka grouille de monde. Dans ce bureau de change, on vient d’apporter une importante somme d’argent en Francs congolais. Les caissiers très enthousiastes pensent qu’ils réaliseront de bonnes recettes. Ce vœu ne sera pas exaucé. Car, dès que la porte principale de cet établissement s’est ouvert, trois gaillards armés et en tenue ont fait irruption, pointant leurs fusils sur le personnel et les clients. Ils vont s’emparer de deux sacs « market » pleins de billets de banque. Pour les agents du bureau de change, le butin volé par les bandits s’élevait à 9.579.000 Francs congolais. Le coup réussi, les malfaiteurs sont ressortis en courant. Et c’est par des crissements de pneus que leur voiture a signalé son démarrage en trombe vers une destination inconnue.

  Les mois suivants, d’autres cambistes ont enregistré eux aussi des braquages. Au niveau de la Police criminelle, ces braquages en série seraient l’œuvre de plusieurs bandes des malfaiteurs différentes les unes des autres par leurs morphologies, tel que décrites par les victimes, et aussi par leurs méthodes de travail. La recherche des pistes se compliquant avec l’absence d’indices, les enquêteurs attendaient d’autres forfaits. Dame chance, va les sourire. La semaine passée, un membre de la bande mécontent du partage des butins, a décidé de trahir le groupe. Grâce aux informations qu’il va communiquer à la police, les limiers tombent sur un certain Mwaku Futila alias Zimbabwe, résidant sur rue Yonso n°129, commune de Bumbu. Un interrogatoire serré, l’homme craque et passe aux aveux. Il va citer son comparse Yakino Eyenga Junior alias J.R., domicilié sur avenue Feshi n°176, dans la même commune.

            Avec ces deux pièces-maîtresses, il restait de découvrir qui sont les autres membres de la bande. Confrontés, les deux malfrats se dévoilent comme étant des éléments civils. Trois autres membres sont des hommes en uniforme. C’est eux qui utilisent des armes. Traqués, ils seront finalement neutralisés. Il s’agit de brigadier chef Mulumba Bankunda Alain, l’agent de police Iyombe Nkoyi et son collègue Christian Lusanga Kisala alias Kovo d’or.

            Après une confrontation de ces bandits, les enquêteurs se sont forgés une seule version qui donne la responsabilité pénale de chaque malfaiteur dans la série des braquages. C’est hier, que ces brigands ont été transférés au parquet de grande instance de la Gombe.

                                                                                                             J.R.T.  

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