Choléra à Kinshasa : Maluku, porte d’entrée

La lutte engagée pour éradiquer l’épidémie de choléra à travers la capitale, particulièrement dans la commune rurale de Maluku, a conduit le ministère de la Santé publique et la Croix-Rouge de la Rd Congo à ériger, au niveau des ports de Maluku, un dispositif de sensibilisation et d’assainissement à même d’empêcher la propagation de cette maladie à travers la population. Félicien Kabongo, agent de la Croix-Rouge et coordonnateur des opérations choléra dans la Zone de Santé de Maluku 1 a conduit, le 20 septembre dernier, une équipe des journalistes pour constater le travail que la CRRDC abat dans les différents ports de Maluku, lieu stratégique s’il en est compte tenu du fait qu’il constitue l’une des rtes d’entrée de la nourriture consommée à Kinshasa.

Maluku, on le sait, compte trente ports et le Fleuve Congo reste l’itinéraire connu emprunté par l’épidémie pour atteindre la Capitale. Et à Maluku, l’activité économique intense qui règne aux ports conduit parfois les commerçants à se passer de certaines règles d’hygiène. On sait par ailleurs qu’à bord des bateaux de fortune qui naviguent sur le fleuve Congo (chalutier, grande pirogue motorise ou non), il n’y a ni eau potable, ni toilette et encore moins des chambres dignes de ce nom. Le voyage se passe dans une promiscuité et un manque d’hygiène criant. Tous les besoins primaires : toilettes, défécation et urines se font dans l’eau et la même eau est aussi utilisée pour boire ou préparer. C’est ainsi qu’un cas de choléra à bord d’un bateau reste toujours un danger pour tous les voyageurs. Au plus vite, le batelier doit chercher à s’en débarrasser. Ce qui se fait le plus souvent à Maluku.

Lorsque les cs de ce genre surviennent, avec parfois mort d’hommes

Le cordon sanitaire érigé par la Croix-Rouge fonctionne à plein régime : le cadavre est évacué, les voyageurs désinfectés et le bateau assaini. Pendant les obsèques des personnes mortes de choléra, les instructions sanitaires du ministère de la Santé publique et de la Croix-Rouge recommandent d’éviter tout contact avec le cadavre ; de se laver correctement les mains avec de l’eau propre et du savon après avoir touché le cadavre et ses effets personnels ; de ne pas porter les mains à la bouche après avoir touché le corps d’un malade ou d’un cadavre ; de désinfecter les vêtements et la literie du mort en les faisant bouillir pendant 5 minutes et en les faisant bien sécher au soleil. Enfin, pour l’enterrement d’un tel mort, il est recommandé de recourir aux personnes appropriées – ici aux ports de Maluku, c’est la Croix-Rouge qui s’en occupe, en collaboration avec le CTC – en prenant toutes les précautions en matière d’hygiène.

En outre, dans les bateaux accostés, ceux qui sont soupçonnés d’être atteints sont directement acheminés par ambulance et admis au Centre de Traitement du Choléra (CTC) où ils sont hébergés, soignés et nourris gratuitement. La durée maximale du traitement ne dépasse pas trois jours. Par contre, si un cas de choléra est détecté sur un ilot sur le fleuve, un bateau hors-bord est vite dépêché par le CTC. Des séances de sensibilisation aux règles d’hygiène sont organisées trois fois dans la semaine, aux ports et sur les différents ilots environnants. Toutefois, grâce au recul de l’épidémie, le programme CTC va s’arrêter à la fin du mois de septembre 2011, malgré les souhaits contraires du bourgmestre de Maluku et de sa population.

SAKAZ

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